La version imprimable n'est plus prise en charge et peut comporter des erreurs de génération. Veuillez mettre à jour les signets de votre navigateur et utiliser à la place la fonction d'impression par défaut de celui-ci.

Le Timor oriental , en forme longue la république démocratique du Timor oriental , en portugais Timor-Leste et República Democrática de Timor-Leste , en tétoum Timor Lorosa'e et Repúblika Demokrátika Timór-Leste , est un pays d' Asie du Sud-Est [ 4 ] . Il est constitué de la moitié orientale de l'île de Timor — d'où son nom —, de l' Oecusse , une enclave située dans la partie occidentale de l'île de Timor, entourée par le Timor occidental   (en) sous souveraineté indonésienne , ainsi que des îles d' Atauro et Jaco . La capitale du Timor oriental est Dili .

Originellement colonie portugaise durant près de quatre siècles, le Timor oriental fut, après l' invasion indonésienne de décembre 1975 , annexé unilatéralement par ce dernier pays en 1976 [ 5 ] . Cette annexion ne fut jamais reconnue par l' ONU , laquelle organisa un référendum d'autodétermination en août 1999 qui conduisit à la pleine indépendance du Timor oriental en 2002 . L'invasion indonésienne et la violence de son contrôle sont responsables de nombreux morts : les estimations les plus crédibles varient entre 100 000 et 200 000 [ 6 ] , [ 7 ] .

Géographie

Carte politique du Timor oriental.

Le Timor oriental est situé pour sa majeure partie sur la moitié est de l'île de Timor , la plus grande des petites îles de la Sonde . L'île mesure 30 777  km 2  ; le Timor oriental en occupe environ 15 000  km 2 .

Les détroits d' Ombai et de Wetar séparent le nord de l'île du reste de l'archipel de la Sonde. Au sud, la mer de Timor sépare le Timor de l' Australie . À l'ouest se trouve la province indonésienne des petites îles de la Sonde orientales . À l'est, les îles Leti ( Moluques du Sud-Ouest ).

Le pays est assez montagneux. Le point culminant du Timor oriental est le mont Tatamailau (2 963  m ).

Le climat du pays est tropical et généralement chaud et humide, caractérisé par une saison sèche et une saison humide .

Dili, la capitale du pays, en est également la plus grande ville et le port principal. La deuxième ville est Baucau , à l'est de l'île. Dili possède le seul aéroport international du Timor oriental.

Le Timor oriental exploite conjointement avec l' Australie un gisement pétrolier offshore situé à cheval sur leur frontière maritime , dont le tracé a longtemps été problématique [ 5 ] .

Environnement, patrimoine naturel

Toponymie

L'usage majoritaire est d'écrire « Timor oriental » comme le font notamment la liste annexée à l' arrêté français du 4 novembre 1993 relatif à la terminologie des noms d'États et de capitales ou la recommandation concernant les noms d'États, d'habitants, de capitales, de sièges diplomatiques ou consulaires (liste établie par le ministère des affaires étrangères et européennes) de 2008 [ 8 ] , le Petit Robert des noms propres 2010 et le Dictionnaire Hachette 2010 .

Le Petit Larousse 2010 écrit « Timor-Oriental » tandis que le groupe d'experts des Nations unies pour les noms géographiques (GENUNG) préconise Timor-Leste, non traduit [ 9 ] .

Timor provient du malais et de l' indonésien timur , signifiant « est » ; donc Timor oriental signifie littéralement « est oriental » [ 10 ] .

Histoire

Blason du Timor oriental portugais (1935-1975).

Colonie portugaise à partir de 1596 , le Timor oriental est annexé par l'Indonésie en 1976 . Plus de 200 000 personnes — le quart de la population — ont été tuées par l'armée indonésienne durant cette occupation. En 1999, dans un référendum organisé par l'Indonésie, la population de Timor oriental vote à 78,5 % pour une séparation d'avec l'Indonésie. Bien que suivi d'une période de massacres à grande échelle et du saccage systématique des grandes villes par l'armée indonésienne, le scrutin conduit à l'indépendance du Timor oriental le . Depuis, les relations entre les deux pays se sont largement améliorées. Dans un entretien avec le The Jakarta Post le , le Premier ministre du Timor oriental, Rui Maria de Araújo , qui a passé 9 ans comme étudiant dans différentes universités d'Indonésie, considère que « la relation entre Timor Leste et l'Indonésie est excellente » [ 11 ] .

Politique et administration

Le président de la République démocratique du Timor oriental est élu au suffrage universel pour un mandat de cinq ans. Son rôle est largement symbolique, même s'il lui est possible de mettre un veto à certaines lois. À la suite des élections législatives, le président nomme comme Premier ministre le chef du parti majoritaire de la coalition principale. En tant que chef de gouvernement , le Premier ministre préside le Conseil des ministres.

Le parlement du Timor oriental ( Parlamento Nacional ) est unicaméral , ses membres sont élus pour cinq ans au suffrage universel. Le nombre de députés peut varier entre 52 et 65, bien qu'exceptionnellement il en ait compté jusqu'à 88, comme lors de sa première législature, en 2005 .

La Constitution du Timor oriental a été construite sur le modèle de celle du Portugal . Du fait de son indépendance récente de l'Indonésie en 2002, le pays est toujours en train de construire son administration et ses institutions gouvernementales.

Subdivisions

Les municipalités du Timor oriental.

Le Timor oriental est subdivisé en 13 municipalités administratives [ 12 ] , [ 13 ]  :

Démographie

Évolution de la population du Timor oriental entre 1861 et 2010.

Les effets de l' invasion indonésienne de 1975 et des événements de 1999 ayant mené à l'indépendance sont bien visibles sur la courbe d'évolution de la population.

La mortalité reste élevée, avec une pauvreté généralisée, et des maladies toujours très présentes, comme la tuberculose , la malaria , la dengue [ 14 ] .

Les rares colons Portugais blancs, dont certains vivaient dans la colonie depuis des générations, furent expulsés par l'Indonésie, entre 1976 et 1980. Certains partirent pour l'Australie et la Nouvelle-Zélande, et le reste, au Portugal. Les métis furent autorisés à rester par l'administration Indonésienne, s'ils n'étaient pas pro-Portugais. En 1975, ils représentaient 3 % de la population.

Religions

Église de Imaculada Conceição Viqueque

Le Timor oriental est l'un des deux seuls pays à dominante catholique en Asie , avec les Philippines . La province indonésienne voisine des petites îles de la Sonde orientales est également à dominante catholique.

La composition religieuse du Timor oriental est la suivante : catholicisme (97 %), islam (1 %), protestantisme (1 %), autres (1 %).

Langues

Carte linguistique de Timor

Le tétoum et le portugais ont le statut de langue officielle . L' anglais et l' indonésien ont le statut constitutionnel de « langues de travail ».

La constitution timoraise reconnaît par ailleurs officiellement d'autres langues, dont :

Les langues locales de Timor appartiennent à deux familles distinctes :

Le recensement de 2010 a révélé que les langues maternelles les plus couramment parlées étaient le tetum prasa (36,6%), le mambai (12,5%), le makasai (9,7%), le tetum terik (6,0%), le baïkenu (5,9%), Kemak (5,9%), Bunak (5,3%), Tokodede (3,7%) et Fataluku (3,6%). Les autres langues autochtones représentaient 10,9%.

Sous la domination indonésienne, l'utilisation du portugais était interdite et punie de peine de mort, seul l'indonésien était autorisé à être utilisé dans les bureaux du gouvernement, les écoles et les entreprises publiques. Pendant l' occupation indonésienne , le tétoum et le portugais constituaient un important élément d'unification et d'opposition pour le peuple est-timorais face à la culture javanaise. Le portugais a été adopté comme l'une des deux langues officielles lors de l'indépendance en 2002 pour cette raison et aussi comme lien avec les nations lusophones dans le monde. Il est maintenant enseigné et promu avec l'aide du Brésil, du Portugal et de la Communauté des pays de langue portugaise.

Selon l'observatoire de la langue portugaise en 2012, le taux d'alphabétisation au Timor oriental était de 77,8 % en Tetum, de 55,6 % en indonésien et de 39,3 % en portugais. En 2006, seuls 5 % de la population savaient parler et écrire en portugais selon le rapport sur le développement des Nations unies. Le portugais se rétablit car il est maintenant devenu la principale langue officielle du Timor et est enseigné dans la plupart des écoles. Le Timor oriental est membre de la Communauté des pays de langue portugaise (également connu sous le nom de Commonwealth lusophone) et de l' Union latine . Cependant, le Timor oriental est très isolé des autres nations lusophones, dont le Brésil, et sa population à une faible minorité de voyageurs. L'Australie est le pays le plus proche pour les migrations économiques, ce qui favorise l'usage de l'anglais.

On estime que l'anglais est compris par 31,4 % de la population.

Éducation

L'université nationale du Timor oriental est la principale université du pays. Il existe également quatre collèges.

Depuis l'indépendance en 2002, l'indonésien et le tétoum ont perdu du terrain en tant que langue d'enseignement, tandis que le portugais a augmenté : en 2001, 8,4 % seulement des écoles primaires et 6,8 % des élèves du secondaire fréquentaient une école de langue portugaise ; en 2005, ce pourcentage est passé à 81,6 % pour le primaire et à 46,3 % pour le secondaire.

Économie

Manifestation contre le contrat d'exploitation du pétrole avec l'Australie (2013) [ 17 ] .

Le Timor oriental est souvent qualifié de « pays le plus pauvre d'Asie », tant en termes de produit national brut global (environ 400 millions de dollars en 2003 ) que de PNB par habitant (500  $/hab. ). Cela dit, ces valeurs correspondent à un PNB non pétrolier. Si l'on inclut les hydrocarbures, le PNB par habitant du Timor oriental est d'environ 1 500  $ en 2008 [ 18 ] . L'économie est encore en phase de reconstruction à la suite des destructions liées à l'occupation et surtout la période d'accession à l'indépendance : environ 70 % des infrastructures du pays furent détruites par les troupes indonésiennes et les milices associées avant leur départ en 1999.

70 % des emplois sont concentrés dans l' agriculture , qui produit 43 % de la richesse nationale. L' industrie est faiblement développée (textile, transformation du café), et n'emploie que 5 % des travailleurs, pour 17 % du PNB. Le reste de l'activité se situe dans l'industrie des services , regroupés essentiellement dans et autour de la capitale. Environ 50 % de la population était au chômage en 2002 (cela inclut le sous-emploi), tandis que 42 % des Timorais vivent au-dessous du seuil de pauvreté . Les licences d'exploitation des réserves pétrolières offshore fournissent déjà près de 50 millions de dollars par an et représentent 55 % du PNB du Timor [ 19 ] . Un conflit oppose le Timor oriental à l'Australie sur les frontières maritimes ( Timor Gap ) et l'exploitation des réserves de la mer de Timor.

Culture

Un Timorais dans ses vêtements traditionnels.

Les jours fériés du Timor oriental reprennent les principales fêtes catholiques et les principaux événements de la lutte pour l'indépendance.

Fêtes et jours fériés
Date Nom français Nom local
en portugais
Remarques
1 er  janvier Jour de l'an Ano Novo
mobile Jeudi saint
mobile Vendredi saint Sexta-Feira Santa
mobile Pâques Páscoa
1 er  mai Fête du Travail
20 mai Fête de l'indépendance Independência Acquise le
mobile Fête-Dieu
15 août Assomption de Marie Assunção
30 août Jour de la Constitution Consulta
20 septembre Fête de la libération Libertação
1 er  novembre Toussaint Todos-os-Santos
12 novembre Fête de Santa Cruz Santa Cruz Commémore le massacre du cimetière Santa Cruz   (en) , le
8 décembre Immaculée conception Imaculada Conceição
25 décembre Noël Natal

Codes

Le Timor oriental a pour codes :

Notes et références

  1. La constitution du Timor oriental définit l' indonésien et l' anglais comme langues de travail.
  2. Commission d'enrichissement de la langue française , «  Recommandation concernant les noms d'États, d'habitants, de capitales, de sièges diplomatiques ou consulaires (liste établie par le ministère des affaires étrangères et européennes)  » , sur culture.fr , (consulté le 9 mars 2018 ) .
  3. «  East Asia/Southeast Asia :: Timor-Leste — The World Factbook - Central Intelligence Agency  » , sur www.cia.gov (consulté le 4 décembre 2019 )
  4. Révision stratigraphique de l'île de Timor (Indonésie orientale) , Michel Villeneuve, Jean-Jacques Cornée, Agus Harsolumakso, Rossana Martini et Louisette Zaninetti.
  5. a et b Frédéric Durand, «  Timor, géohistoire des frontières stratifiées  » , sur Géoconfluences ,
  6. Conflict-related Deaths in Timor Leste, 1954-1999. The Findings of the CAVR Report Chega! .
  7. Asia Watch, Human Rights in Indonesia and East Timor, Human Rights Watch , New York, 1989, p.  253 .
  8. Recommandation concernant les noms d'États, d'habitants, de capitales, de sièges diplomatiques ou consulaires (liste établie par le ministère des affaires étrangères et européennes) ( lire en ligne ) .
  9. La typographie française prévoit normalement pour la graphie des noms d'unités administratives ou politiques dont le nom est en français ou francisé, des traits d'union entre les différents éléments d'un nom composé et une majuscule à tous les éléments (sauf articles). Il serait donc plus convenable d'écrire « Timor-Oriental » [réf. nécessaire] .
  10. (en)   https://global-geography.org/af/Geography/Asia/Timor-Leste/Government
  11. Margareth Aritonang, « Discourse: Indonesia, Timor Leste have developed a mature relationship: PM », The Jakarta Post , 31 août 2015, p.  3 .
  12. (pt) «  Orgânica dos Postos Administrativos  » , Jornal da República: Diploma Ministerial , n o  24,‎ .
  13. Ministério da Administração Estatal: Município de Aileu , consulté le 9 novembre 2015.
  14. Luciano Alvarez ( trad.  du portugais), «  Un pays riche de pétrole qui fait le plein de pauvres  », Courrier international , n o  1131,‎ , p.  28-29 ( ISSN   1154-516X ) .
  15. Voir Austronesian, Nuclear Timor, East .
  16. Voir Trans-New Guinea, Timor-Alor-Pantar .
  17. (en) «  East Timor denies violent protests  » , sur www.abc.net.au , (consulté le 18 juin 2020 )
  18. F. Durand, Timor-Leste en quête de repères , Bangkok, IRASEC, 2008, p.  24 .
  19. Cabasset-Semedo (Chr.), « Timor-Leste », L'Asie du Sud-Est 2010 , Bangkok, IRASEC, [réf. non conforme]

Voir aussi

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie

  • Frédéric Durand , Timor-Leste. Premier État du troisième millénaire , Paris, .
  • (en) Geoffrey C. Gunn, Historical Dictionary of East Timor , Plymouth, .
  • (en) Jude Conway, Women of East Timor, Stories of Resistance and Survival , .
  • Flávio Borda d'Água ( préf.  Armando Marques Guedes), Le Timor Oriental face à la Seconde Guerre mondiale (1941-1945) , Lisbonne, .
  • Christine Cabasset-Semedo, « Timor-Leste 10 ans après le référendum » , dans L'Asie du Sud-Est 2010 , Bangkok .
  • Gabriel Defert, Timor-Est, le génocide oublié. Droit d'un peuple ou raisons d'États , Paris, .
  • Frédéric Durand, 42 000 ans d'histoire de Timor-Est , .
  • Frédéric Durand, Timor-Leste en quête de repères. Perspectives économico-politiques et intégration régionale, 1999-2050 , .
  • Frédéric Durand, Catholicisme et protestantisme à Timor: 1556-2003 , .
  • Frédéric Durand, Timor Lorosa'e, pays au carrefour de l'Asie et du Pacifique, un atlas géo-historique , .
  • (en) Geoffrey C. Gunn, Timor Loro Sae: 500 Years , Macau, .
  • Dominique Lecompte, «  L'ONU, Pygmalion malhabile: l'échec du nation building au Timor  », Focus stratégique , n o  26,‎ ( lire en ligne ) .
  • René Pélissier , Timor en guerre, le crocodile et les Portugais (1847-1913) , Orgeval, .
  • José Ramos-Horta , La saga du Timor-Oriental , Lausanne, .
  • (en) Elizabeth Stanley, Torture, truth and justice: the case of Timor-Leste , .

Liens externes