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Carte de la Mésopotamie avec les frontières des États modernes, l'ancien tracé du littoral du golfe Persique et les sites des grandes cités antiques .

La Mésopotamie (du grec Μεσοποταμία  / Mesopotamía , de μέσος  / mésos , « entre, au milieu de », et ποταμός  / potamós , « fleuves », littéralement le pays « entre les fleuves ») est une région historique du Moyen-Orient située entre le Tigre et l' Euphrate . Elle correspond pour sa plus grande part à l' Irak actuel. Elle comprend deux régions topographiques distinctes : d'une part, au nord (nord-est de la Syrie et le nord de l'Irak actuel), une région de plateaux, celle-ci étant une zone de cultures pluviales et, d'autre part, au sud, une région de plaines où se pratique une agriculture reposant exclusivement sur l' irrigation .

Actuellement, le terme « Mésopotamie » est généralement utilisé en référence à l' histoire antique de cette région, pour la civilisation ayant occupé cet espace jusqu'aux premiers siècles de notre ère. La civilisation mésopotamienne est considérée comme une des matrices des civilisations historiques du Moyen-Orient et de l'Europe, aux côtés de la civilisation de l' Égypte antique . En effet, elle participe à plusieurs évolutions fondamentales dans l'histoire humaine : s'y trouvent les « origines » de l'État, de la ville, des institutions et de l'administration, de l'impérialisme. Les historiens et archéologues contemporains s'accordent à dire que les Mésopotamiens sont à l'origine du premier système d' écriture créé vers 3400-3300 av. J.-C. Celui-ci évolua pour donner naissance à l' écriture « cunéiforme » (du latin cuneus , le « coin »). L'abondante documentation cunéiforme exhumée sur les sites mésopotamiens, combinée à l'étude des autres découvertes archéologiques, permet de connaître de nombreux aspects de la société et de l'économie, la religion et la pensée, les rites, les activités intellectuelles, etc. des différents royaumes mésopotamiens.

Tablette de comptabilité de la fin du IV e  millénaire av. J.‑C. , faisant partie des plus anciens documents écrits connus. Musée du Louvre .

La civilisation mésopotamienne prend ses racines dans les évolutions amorcées au Néolithique à partir du X e  millénaire av. J.‑C. au Levant et dans le Zagros , qui voient les débuts de l'agriculture et de l'élevage, et l'expansion des villages sédentaires. Les premiers villages de Mésopotamie sont peu attestés, la région semblant amorcer son développement agricole plus tard que ses voisines, mais à compter de la fin du Néolithique, à partir de 7000-6000 av. J.-C., elle connaît un développement rapide que ce soit dans la démographie, les institutions, l'agriculture, les techniques ou les échanges. Au IV e  millénaire av. J.‑C. ( période d'Uruk ) le changement est plus marqué, avec l'apparition des premiers États et des premières villes et celui d'un « système-monde » qui voit rayonner l'influence mésopotamienne sur le Moyen-Orient. L'écriture apparaît à la fin de cette période, qui a donc vu la mise en place des traits caractéristiques de la civilisation mésopotamienne.

La « face de la Paix » de l' étendard d'Ur , v. 2500 av. J.-C. British Museum .
Détail de « lois » inscrites sur la stèle du Code de Hammurabi , v. 1750 av. J.-C. Musée du Louvre .
Sceau-cylindre en calcédoine d'un fonctionnaire babylonien, du règne de Kurigalzu II (1330-1308 av. J.-C.). Musée du Louvre .
Le roi assyrien Assurbanipal et son épouse Libbali-sharrat banquettant. bas-relief de Ninive , VII e  siècle  av. J.-C. British Museum .

Au III e  millénaire av. J.‑C. , durant la période des dynasties archaïques , la Mésopotamie est occupée par un ensemble de petits royaumes, peuplés par des populations parlant une langue isolée, le sumérien , dans la partie méridionale (le pays de Sumer ), et d'autres parlant des langues sémitiques, dont l' akkadien . Cet aspect dual devait marquer la suite de l'histoire mésopotamienne, car si le sumérien n'est plus parlé aux alentours de 2000 av. J.-C., il reste une langue prestigieuse dans les milieux religieux et savants. La fin du III e  millénaire av. J.‑C. est marquée par deux brèves phases d'unification de la majorité de la Mésopotamie (empires d' Akkad et d' Ur ), donc le développement de l'impérialisme, puis au millénaire suivant s'affirment plusieurs dynasties aux origines diverses, amorrites dans les premiers siècles ( Isin , Larsa , Mari , Babylone , etc.), hourrite , kassite (à Babylone) et assyrienne dans la seconde moitié. La culture mésopotamienne exerce une grande influence dans le reste du Moyen-Orient, indiquée notamment par la diffusion de l'écriture cunéiforme, couramment utilisée en Iran, en Anatolie et au Levant. La région voit ensuite l'expansion depuis la Syrie d'une nouvelle population sémitique, les Araméens , qui prennent une grande importance démographique et culturelle. Les premiers siècles du I er  millénaire av. J.‑C. sont marqués par la constitution de l' empire assyrien , premier empire à couvrir la majeure partie du Moyen-Orient (à son apogée au VII e  siècle  av. J.-C. , de l'Égypte jusqu'à l'Iran), auquel succède l' empire babylonien , dernier grand royaume mésopotamien antique. En 539 av. J.-C. la Mésopotamie passe sous la coupe des Perses de la dynastie des Achéménides , qui constituent à leur tour un empire multinational, mais dont le centre est désormais situé hors de Mésopotamie. La domination des dynasties grecques ( hellénistiques ) et parthes accompagne la fin de la culture mésopotamienne antique, illustrée par la disparition de l'écriture cunéiforme dans les premiers siècles de notre ère.

Qu'est-ce que la Mésopotamie ?

Étymologie

Le terme Mésopotamie vient du grec Μεσοποταμία  / Mesopotamía , de μέσος  / mésos , « entre, au milieu de », et ποταμός  / potamós , « fleuves », littéralement le pays « entre les fleuves ». Ce mot se retrouve d'abord chez Polybe au II e  siècle  av. J.-C. puis Strabon au siècle suivant, mais il est employé par Arrien (qui écrit au II e  siècle ) pour désigner une province de l'époque d'Alexandre (seconde moitié du IV e  siècle  av. J.-C. ), et pourrait donc remonter à cette époque. Il désigne dans l'Antiquité un espace plus restreint que celui pour lequel il est employé à l'époque moderne, puisque son emploi est limité à désigner l'espace situé entre le Tigre et l'Euphrate au nord de Babylone et jusqu'aux contreforts du Taurus, excluant donc la Babylonie. Cela correspond grosso modo à la Djezireh des géographes arabes médiévaux et dans la terminologie actuelle à la Haute Mésopotamie . Le mot grec semble repris d'expressions similaires attestées en araméen antique, notamment Bêyn nahrîn « maison des fleuves », et peut-être des expressions isolées plus anciennes en akkadien comme Berît nâri « entre le fleuve » et Mât birîti « pays du milieu », qui désignent aussi des régions situées en Haute Mésopotamie [ 1 ] .

Les historiens modernes ont longtemps hésité sur la manière de désigner les civilisations qu'ils redécouvraient. Ce fut d'abord l' Assyrie au milieu du XIX e  siècle , puis la Babylonie (ou Chaldée ) dans les décennies suivantes, ce qui explique que la désignation d'une civilisation « assyro-babylonienne » a été courante. Puis le pays de Sumer fut à son tour redécouvert à la fin du XIX e  siècle . Avec la découverte d'autres sites de Syrie orientale ( Mari avant tout) ayant une culture similaire, mais ne rentrant pas dans les terminologies en usage, l'expression « civilisation mésopotamienne » s'est progressivement imposée afin d'englober ces différentes composantes [ 2 ] .

Contours généraux

Dans le vocabulaire des historiens actuels, le terme Mésopotamie est employé pour désigner la région antique correspondant à la majeure partie de l' Irak actuel, avec en plus la frange nord-est de la Syrie , située à l'ouest de l' Euphrate et sur sa rive droite, et aussi une partie du Sud-est de la Turquie située entre Euphrate et Tigre [ 3 ] .

Sur le plan chronologique, si le début des périodes historiques est placé par convention durant la période d'Uruk finale, quand apparaît l'écriture (v. 3400-3300 av. J.-C.), on peut faire remonter l'étude de la Mésopotamie antique au moins jusqu'au début du Néolithique , après 10000 av. J.-C., et parfois plus haut jusqu'aux premières attestations de présence humaine lors du Paléolithique moyen . Où situer la limite finale à l'histoire mésopotamienne ne fait pas l'objet de consensus : certains s'arrêtent à la conquête de l'empire néo-babylonien par le roi perse Cyrus II en 539 av. J.-C., d'autres par la conquête de l'empire perse par Alexandre le Grand (331-323 av. J.-C.) [ 4 ] , d'autres intègrent la période hellénistique qui suit (jusqu'aux débuts de notre ère en gros, durant la période de l' empire parthe ) [ 5 ] , d'autres encore vont jusqu'au début de l'époque islamique ( VII e  siècle de note ère) [ 6 ] .

Comme souvent, ces contours ne suffisent pas à rendre compte des différents aspects des civilisations étudiées, aussi les archéologues et historiens ont tendance tantôt à prendre un cadre géographique plus restreint, tantôt un cadre plus large.

Plus restreint, parce qu'on reconnaît généralement une césure entre le Nord et le Sud de la Mésopotamie, deux ensembles présentant des caractéristiques géographiques bien distinctes (voir plus bas), qui se retrouvent sur le plan culturel, et que l'ampleur chronologique du sujet implique également de déterminer des grands ensembles chronologiques successifs. On oppose ainsi une Haute Mésopotamie à une Basse Mésopotamie, la séparation géographique se faisant en gros au nord de Bagdad (la ligne de séparation irait de Hit à Samarra ). La Haute Mésopotamie [ 7 ] , la Djézireh des géographes arabes, est constituée en bonne partie par l' Assyrie historique qui occupe sa partie orientale autour du Tigre, mais elle comprend aussi les terres situées à l'ouest jusqu'à l'Euphrate, qui présentent un profil culturel souvent similaire à celui des civilisations de Syrie et sont souvent étudiées avec celles-ci. On peut donc diviser cet espace en deux ensembles, oriental et occidental. La Basse Mésopotamie correspond géographiquement à la plaine alluviale et au delta du Tigre et de l'Euphrate. C'est la Babylonie des II e  millénaire av. J.‑C. et I er  millénaire av. J.‑C. [ 8 ] , aussi dénommée « pays de Sumer et d' Akkad  », aux époques archaïques Sumer correspondant à la région la plus méridionale, reconnue comme la plus importante aux époques formatives des civilisations en Mésopotamie ( IV e  millénaire av. J.‑C. et aussi III e  millénaire av. J.‑C. ), et Akkad à la partie nord [ 9 ] . Les études archéologiques et historiques adoptant des vues d'ensemble font donc régulièrement le choix de prendre pour cadre le Nord ou le Sud mésopotamiens [ 10 ] , ou bien un des sous-ensembles chronologiques et géographiques mésopotamiens (surtout Sumer [ 11 ] , l'Assyrie [ 12 ] et Babylone [ 13 ] ), plutôt que la Mésopotamie dans son ensemble. De ce fait la question de savoir s'il ne fallait pas plutôt parler de civilisations ou cultures mésopotamiennes a parfois pu être posée, même si la dénomination de civilisation mésopotamienne est généralement conservée [ 14 ] .

Plus large, parce que les civilisations de la Mésopotamie ont toujours été liées à celles des régions voisines, de l'espace syrien et levantin , de l' Anatolie , du Caucase , du plateau Iranien , et aussi des rives du golfe Persique et de la péninsule arabique . C'est l'ensemble désigné comme le «  Proche-Orient ancien  » [ 15 ] , espace qui correspond au Moyen-Orient de la terminologie culturelle et géopolitique francophone valant pour les époques modernes (mais sans l' Égypte ), et suivant une dénomination qui se veut plus « neutre », l' Asie du sud-ouest ; mais dans certains cas la dénomination « Proche-Orient ancien » inclut également l' Égypte antique [ 16 ] . Dans cet ensemble, la Mésopotamie, en particulier sa moitié septentrionale, est souvent proche des cultures de la Syrie antique situées à son voisinage ( Ebla , aussi Mari qui est localisée à la charnière des deux espaces), ce qui fait qu'on parle parfois d'un monde ou d'une aire « syro-mésopotamien(ne) » [ 17 ] . Quoi qu'il en soit, la place de la Mésopotamie (et en particulier de la Basse Mésopotamie) a souvent été vue comme majeure dans cet ensemble pour les époques de la Haute Antiquité, car elle y a eu à compter du IV e  millénaire av. J.‑C. une influence que n'égalaient pas les autres, en particulier parce que les régions du Proche-Orient ancien ont souvent adopté à un moment ou à un autre de leur histoire l' écriture cunéiforme originaire de Basse Mésopotamie (c'est le cas de l' Élam , des royaumes de Syrie , des Hittites , de l' Urartu  ; on parle parfois à ce sujet de « culture cunéiforme » [ 18 ] ), et que les premiers empires à avoir étendu leur emprise sur de vastes territoires ont une origine mésopotamienne (et méridionale à l'exception non négligeable de l'Assyrie). Les études récentes ont tendance à proposer une approche plus équilibrée et à relativiser le « mésopotamo-centrisme » des études antérieures [ 19 ] .

Géographie

La Mésopotamie est structurée autour des deux fleuves à qui elle doit son nom, l' Euphrate à l'ouest, et le Tigre à l'est. Ils naissent tous les deux dans les hauts plateaux de l'est anatolien, puis le premier parcourt au sortir des monts du Taurus les espaces arides syro-mésopotamiens en connaissant un important changement de direction et recevant peu d'affluents, tandis que le second a un tracé plus court et direct vers le Golfe et reçoit plusieurs affluents venus du Zagros à l'est ( Grand Zab , Petit Zab , Diyala ), qui font que son débit est plus rapide [ 20 ] . La Haute Mésopotamie , ou Djézireh, est une région de plateaux de 200 à 500 mètres d'altitude, où les deux fleuves coulent donc dans des vallées encaissées, située dans l'espace où leurs cours sont les plus éloignés. Elle se divise entre une Haute Djézireh, au nord nord-est, plus arrosée, et une Basse Djézireh au sud sud-ouest, plus aride. La Basse Mésopotamie, est formée là où les deux cours des fleuves se sont rapprochés. C'est une plaine extrêmement plane, formée par l'accumulation des alluvions charriés par les deux fleuves, où se forment de nombreux bras de fleuve et espaces marécageux formant un vaste delta à son extrême-sud. De nos jours les deux fleuves fusionnent pour former le Chatt-el-Arab qui se jette dans le Golfe, mais durant l'Antiquité le littoral était situé plus au nord et a progressé vers le sud avec l'accumulation des dépôts d'alluvions. C'est une région très aride, aux précipitations annuelles inférieures à 200 mm, rendant l'irrigation impérative pour l'agriculture. Le climat antique de la Mésopotamie était grossièrement similaire à celui observé au XX e  siècle [ 21 ] .

Histoire

Chronologie générale

La période historique commence en Mésopotamie quand l'écriture est mise au point (vers 3400 av. J.-C. - 3200 av. J.-C. ). Elle est divisée en plusieurs périodes successives :

  • Période d'Uruk récent (3400 av. J.-C. - 2900 av. J.-C. ) : l'écriture se développe, mais les textes écrits à cette époque sont encore difficiles à interpréter, et il s'agit de documents administratifs et de listes lexicales, qui ne nous apprennent rien sur l'histoire évènementielle.
  • Période des Dynasties archaïques (2900 av. J.-C. - 2340 av. J.-C. ) : elle est divisée en trois sous-périodes. C'est à partir du milieu du III e  millénaire av. J.‑C. qu'on est informé sur les évènements, avant tout grâce aux archives retrouvées à Lagash . C'est la période des cités-États de Basse Mésopotamie.
  • Période d'Akkad (2340 av. J.-C. - 2180 av. J.-C. ) : Sargon d'Akkad met fin à la période des cités-États en les incluant dans le premier état territorial, qui se mue vite en véritable empire , notamment grâce à l'action de son petit-fils Naram-Sin .
  • Période néo-sumérienne (2180 av. J.-C. - 2004 av. J.-C. ) : l'Empire d'Akkad s'effondre à cause de révoltes et d'attaques de peuples « barbares ». Les cités-États sumériennes reprennent leur indépendance, avant d'être unifiées par les rois fondateurs de la Troisième dynastie d'Ur , Ur-Nammu et son fils Shulgi , qui établissent un nouvel empire dominant la Mésopotamie.
  • Période paléo-babylonienne (ou amorrite) (2004 av. J.-C. - 1595 av. J.-C. ) : le royaume d'Ur s'effondre vers 2000 av. J.-C. sous les coups des Élamites et des Amorrites . Ces derniers prennent la tête de différents royaumes qui se partagent la Mésopotamie : Isin , Larsa , Eshnunna , Mari , puis Babylone , qui finit par dominer toute la région sous le règne de Hammurabi , avant de décliner lentement jusqu'à la prise de la ville par les Hittites vers 1595 av. J.-C.
  • Période « médio-babylonienne » (1595 av. J.-C. - c. 1080 av. J.-C. ) et période « médio-assyrienne » (v. 1400 - 1000 av. J.-C.) : les Kassites fondent une nouvelle dynastie qui domine Babylone pendant plus de quatre siècles. Au nord, le Mittani exerce sa domination avant de se faire supplanter par le royaume médio-assyrien . La rivalité entre les deux entités occupant le nord et le sud de la Mésopotamie apparaît alors. Cette période se termine avec une crise grave, provoquée notamment pas les invasions des Araméens .
  • Période néo-assyrienne (911 av. J.-C. - 609 av. J.-C. ) : les Assyriens rétablissent leur puissance dans le courant du IX e  siècle  av. J.-C. , et établissent un empire dominant tout le Proche-Orient, qui connaît sa période d'apogée sous les Sargonides, avant de s'effondrer à la fin du VII e  siècle  av. J.-C. sous les coups des Babyloniens et des Mèdes . En 609 av. J.-C. , Ninive est abattue par Babylone qui reprend la mainmise sur le pays entier.
  • Période néo-babylonienne (625 av. J.-C. - 539 av. J.-C. ) : les Babyloniens reprennent à leur profit une partie de l'empire néo-assyrien, notamment grâce à l'action de Nabuchodonosor II . Ce royaume connaît cependant un déclin rapide, et il passe en 539 av. J.-C. sous le contrôle du roi perse Cyrus II . L' araméen , alphabétisé, commence à reléguer l'akkadien toujours cunéiformisé, à l'état de langue littéraire et savante.
  • Période achéménide (539 av. J.-C. - 331 av. J.-C. ) : Babylone succombe à son tour (539 av. J.-C. ) sous les coups de Cyrus qui incorpore la Mésopotamie à son Empire. Elle tombe sous la domination des Perses, mais cela ne l'empêche pas de connaître une période de grande prospérité.
  • Période séleucide (331 av. J.-C. - 140 av. J.-C. ) : l'empire Perse achéménide tombe sous les coups d' Alexandre le Grand , et après la mort de ce dernier et les luttes qui s'ensuivent, la Mésopotamie est dominée par les Séleucides. La culture mésopotamienne entre dans l'orbite culturelle hellénistique et connaît à cette période un déclin qui s'accélère au II e  siècle  av. J.-C.
  • Période parthe (140 av. J.-C. - 224 apr. J.-C. ) : les Parthes chassent finalement les Séleucides de Mésopotamie dans le courant du II e  siècle apr. J.-C. C'est sous leur règne que disparaît définitivement l'antique culture mésopotamienne, qui subsistait jusqu'alors dans le milieu des temples de Babylonie.

À noter un intermède romain avec les conquêtes de Trajan (116 apr. J.-C. ) qui prit la capitale parthe Ctésiphon et descendit jusqu'au Golfe Persique , avec l'ambition de reconquérir l'empire d'Alexandre. Son successeur, Hadrien , abandonne ces territoires dès son avènement (117 apr. J.-C. ).

Plus tard, l'empereur Septime Sévère arrachera définitivement la Mésopotamie du Nord aux Parthes lors de ses campagnes de 195 apr. J.-C. à 198 apr. J.-C.

Préhistoire

Céramique fine de la période de Samarra . Pergamon Museum de Berlin .

La présence humaine est attestée en Mésopotamie du Nord à partir du Paléolithique moyen , sur le site de la grotte de Shanidar , dans l'actuel Kurdistan , où ont été exhumées des sépultures de Néandertaliens (époque moustérienne ). La présence de l' Homme moderne est par la suite attestée au Paléolithique supérieur ( Baradostien , variante locale de l' Aurignacien ) dans ces mêmes régions septentrionales, d'altitude moyenne et haute, et se font plus courantes pour la phase finale du Paléolithique, ou Épipaléolithique , qui correspond au début du réchauffement du climat marquant la fin de la dernière période glaciaire . Cette phase est appelée Zarzien en Mésopotamie du Nord-est et dans le Zagros occidental (v. 18000-10000 av. J.-C.). Les sites fouillés sont des campements saisonniers de chasseurs-cueilleurs taillant des silex fins ( microlithes ) dans des formes triangulaires et trapézoïdales [ 22 ] .

C'est dans ces mêmes régions que sont attestés les débuts du Néolithique , le Néolithique précéramique , pour l'espace mésopotamien, dans l'horizon culturel des sites néolithiques du Zagros , tandis que des sites relevant du foyer néolithique levantin et anatolien se trouvent sur les marges occidentales de l'espace mésopotamien, dans la boucle de l'Euphrate ( Mureybet , Abu Hureyra , Jerf el Ahmar ). Ces communautés sédentarisées expérimentent l'agriculture et l'élevage durant la période qui va en gros de 10000 à 7000 av. J.-C. C'est la période des premiers villages du Nord mésopotamien ( Qermez Dere , Nemrik , M'lefaat ) [ 23 ] . La céramique apparaît durant la phase suivante, représentée en particulier par le site de Jarmo dans les contreforts du Zagros, et Umm Dabaghiyah dans les régions basses [ 24 ] . En l'état actuel des choses ces premières phases néolithiques ne sont pas reconnues en Basse Mésopotamie. Les sols préhistoriques de cette région sont en général enfouis sous le limon charrié par les fleuves, où ont été noyés lors de la remontée des eaux consécutive à la fin de la glaciation, ce qui rend difficile l'identification des premiers villages méridionaux [ 25 ] .

Les habitats deviennent plus importants durant les phases suivantes, d'abord la période de Hassuna (v. 6500-6000 av. J.-C.) puis celle de la Samarra (v. 6200-5700 av. J.-C.), qui voient l'apparition d'habitats communautaires, la céramique peinte, et également les premières traces d'une agriculture irriguée en Mésopotamie centrale ( Choga Mami ) [ 26 ] . La période de Halaf (v. 6100-5200 av. J.-C.), commune au Nord mésopotamien et à la Syrie du Nord, marque une extension des ensembles culturels préhistoriques [ 27 ] . Le plus ancien village mis au jour dans le Sud mésopotamien, Tell el-Oueili , est contemporain [ 28 ] . Il marque le début de la longue culture d'Obeid (v. 6500-3900), première période archéologique déterminée pour la moitié méridionale de la Mésopotamie, qui voit l'émergence d'une architecture monumentale, dont l'exemple le plus marquant est la séquence d'édifices, sans doute des temples, mis au jour à Eridu [ 29 ] . Cette culture s'étend en direction du Nord durant les derniers siècles du VI e  millénaire av. J.‑C. , période durant laquelle on relève par ailleurs l'apparition des premiers objets en cuivre, indiquant les débuts de la métallurgie [ 30 ] .

L'émergence de l'État et des villes

L'« expansion urukéenne ».
Tablette provenant d' Uruk et datée de la période d'Uruk III (c. 3200-3000 av. J.-C.) enregistrant des distributions de bière depuis les magasins d'une institution. British Museum .

La phase finale d'Obeid et les premiers siècles de la période d'Uruk (v. 3900-3400) témoignent d'une augmentation des inégalités sociales et d'une division du travail accrue dans l'artisanat, indices de l'émergence d'agglomérations plus importantes, dites « proto-urbaines », et d'entités politiques intégrant de plus grandes communautés, que l'on désigne comme des « chefferies ». Cela est en particulier visible dans l'architecture monumentale du site de Tepe Gawra , dans le Nord, et un ensemble de sites proto-urbains de la Djézireh ( Tell Brak , Hamoukar ), caractéristiques moins identifiées pour les sites méridionaux en dehors d' Eridu [ 31 ] . Pourtant les évolutions décisive qui devaient aboutir à l'apparition de l'État et des villes, la « révolution urbaine » de Gordon Childe , ressortent de la manière la plus éloquente dans les groupes monumentaux du site méridional d' Uruk , couramment considérée comme la « première ville », en tout cas de loin le site le plus vaste identifié pour la période d'Uruk final (v. 3400-3100). C'est durant cette époque qu'est mise au point l'écriture, également attestée en premier sur ce site, ce qui témoigne de l'essor des institutions étatiques. La culture de la Basse Mésopotamie rayonne alors sur tout le Moyen-Orient, ce qui a été désigné comme l'« expansion urukéenne », caractérisée notamment par l'implantation de sites sur le Moyen-Euphrate identifiés comme des colonies du Sud ( Habuba Kabira , Djebel Aruda ) ; mais il n'y a pas de preuves solides permettant d'envisager dès cette époque une expansion politique. C'est durant cette période qu'achèvent de se constituer les traits caractéristiques de la civilisation de la Mésopotamie antique, et aussi les éléments qui devaient être ses apports majeurs aux autres civilisations (institutions étatiques et instruments de gestion, urbanisation, écriture et culture littéraire) [ 32 ] .

L'époque des États archaïques

La période d'Uruk s'achève au tournant du III e  millénaire av. J.‑C. par une phase de régionalisation culturelle, marquée par le recul de l'influence méridionale ( période de Djemdet-Nasr dans le Sud, Ninive V dans le Nord, culture de la « céramique écarlate », Scarlet Ware , dans la Diyala ) [ 33 ] .

Les sites principaux de Basse Mésopotamie à la période des dynasties archaïques .

La période des dynasties archaïques du Sud mésopotamien et de la Diyala (v. 2900-2350 av. J.-C.), divisée classiquement en trois phases, est relativement mal connue pour sa première partie, en gros jusqu'au milieu du III e  millénaire av. J.‑C. Les quelques ensembles de textes de la période laissent deviner la coexistence de deux groupes ethniques dominants en Basse Mésopotamie, un occupant majoritairement les régions les plus méridionales, le pays appelé durant les époques suivantes Sumer et parlant une langue sans parenté connue, le sumérien , et un autre occupant surtout la partie septentrionale, le pays désigné aux époques suivantes Akkad et parlant une langue sémitique, l' akkadien . Les textes permettent également de reconnaître l'existence de plusieurs micro-États, désignés comme des « cités-États », indépendants, parfois rivaux, qui semble aussi s'intégrer dans des alliances, peut-être sous l'influence de puissances hégémoniques ; la tradition mésopotamienne postérieure a surtout reconnu l'importance de Kish , en pays sémitique, et d' Uruk , en pays sumérien, ville du souverain légendaire Gilgamesh . Les fouilles archéologiques ont permis de reconnaître quelques palais de cette période, manifestement occupés par les figures monarchiques qui commencent à apparaître dans les textes, et de nombreux temples. La période finale des dynasties archaïques est mieux documentée, en premier lieu grâce aux textes et objets d'art exhumés sur le site de Tello, l'antique Girsu, ville appartenant au royaume de Lagash . Ils permettent de mieux connaître la situation économique et sociale du pays sumérien où elle se trouve, dominée par de grands domaines gérés par des temples sous le contrôle de la famille royale, et sa situation politique, celui d'un royaume couramment engagé dans des conflits frontaliers avec son voisin, l'État d' Umma-Gisha , et parfois d'autres royaumes de Basse Mésopotamie voire au-delà (notamment en direction du Sud-ouest iranien, le pays appelé Élam ). Cette période est caractérisée par l'affirmation de souverains parvenant à occuper temporairement une position hégémonique sur le Sud [ 34 ] .

En revanche la situation politique du Nord est moins bien connue, même si elle est éclairée par les archives de la cité syrienne d' Ebla , datées elles aussi de la fin de la période : les deux grandes puissances de la Haute Mésopotamie occidentale sont alors Nagar ( Tell Brak ) dans le triangle du Khabur et Mari sur le Moyen Euphrate, cité fondée au début de la période. À l'est, la cité d'Assur semble également prospère mais rien n'est connu sur les événements politiques [ 35 ] .

Ces différents royaumes sont impliqués dans des réseaux d'échanges matériels et immatériels à longue distance couvrant tout le Moyen-Orient et même au-delà (ils incluent la civilisation de l'Indus et l' Ancien empire égyptien ), comme l'indique l'import de métaux et pierres précieuses ( lapis-lazuli , cornaline , etc.) qui se retrouvent notamment dans l'impressionnant matériel funéraire des tombes royales d'Ur (v. 2500 av. J.-C.) [ 36 ] , et l'adoption de l'écriture originaire du Sud mésopotamien dans l'espace syrien, à Ebla et Tell Beydar.

Les premiers empires mésopotamiens

Extensions approximatives des empires d' Akkad et d' Ur III .

Vers 2340 av. J.-C., Sargon d'Akkad prend le pouvoir à Kish et entame une série de victoires qui lui permettent de placer sous sa coupe la Basse Mésopotamie, puis plusieurs régions extérieures. Cette dynamique est préservée par ses successeurs directs. À leur apogée, les rois d'Akkad dominent toute la Mésopotamie, ont vaincu plusieurs cités syriennes dont Ebla , et étendu leur emprise sur une partie de l'espace élamite, dont la ville de Suse . Le deuxième successeur de Sargon, Naram-Sîn , se proclame souverain des « quatre rives » du Monde, ce qui signifie une prétention de domination universelle, et se fait représenter en personnage d'essence divine. C'est la première expérience « impériale » connue de l'histoire mésopotamienne. Néanmoins cette experience de conquêtes ne dure pas, l'emprise d'Akkad se relâchant rapidement, d'abord au Nord, puis dans les provinces méridionales où elle a toujours fait face à des résistances, notamment des révoltes indiquant que les particularismes locaux n'avaient pas été éteints.

La dynastie d'Akkad disparaît au plus tard vers le milieu du XXII e  siècle  av. J.-C. , peut-être sous les coups d'un peuple venu du Zagros , les Gutis dont la tradition mésopotamienne a laissé une image sinistre, et de nouvelles dynasties émergence dans les cités sumériennes, notamment à Lagash où le souverain Gudea patronne un art de grande qualité, et à Uruk , où Utu-hegal constitue un royaume qui prend de l'importance.

Il est néanmoins supplanté par Ur-Nammu , peut-être son propre frère, mais qui se revendiquait avant tout roi d' Ur , et la tradition historiographique mésopotamienne l'a retenu comme le fondateur du royaume de la troisième dynastie d'Ur (ou « Ur III » ; v. 2112-2004 av. J.-C.). Ce souverain parvient à dominer la Basse Mésopotamie, peut-être des régions voisines. Son fils et successeur Shulgi dispose en tout cas d'un véritable empire, certes moins étendu que celui des rois d'Akkad car il n'a pas atteint la Syrie, mais a rencontré plus de succès sur le plateau Iranien. Il se fait à son tour diviniser, et constitue une administration très industrieuse (à défaut d'être forcément très efficace) qui a laissé des dizaines de milliers de tablettes administratives. Là encore l'expérience impériale finit par connaître la dislocation provoquée par le réveil des autonomies locales, apparemment dans un contexte de crise lié à des intrusions de populations venues du Nord, les Amorrites , et des disettes, même si le coup de grâce semble lui avoir été porté par des troupes venues d' Élam .

Les dynasties amorrites

Après l'effondrement de l'empire de la troisième dynastie d'Ur , la fragmentation politique est à nouveau de mise dans toute la Mésopotamie.

Cette période est souvent appelée « paléo-babylonienne » (babylonienne ancienne), par convention mais ce terme n'a pas vraiment de sens pour cette période durant laquelle la puissance babylonienne en est à ses débuts. La plupart des royaumes de la période sont dominés par des dynasties dont les fondateurs sont des Amorrites , peuple ouest-sémitique venu des marges syriennes de la Mésopotamie, surtout présent au Nord, mais leur expansion au Sud en fait l'élément majeur de la sphère culturelle syro-mésopotamienne de l'époque. Il n'y a sans doute plus à cette période de locuteurs du sumérien , en revanche les dialectes akkadiens restent bien présents au Sud comme au Nord. Au Nord, on trouve d'importants groupes de populations parlant hourrite , langue isolée originaire sans doute du Sud du Caucase.

Lettre d'un marchand assyrien à un responsable de convoi. XIX e  siècle  av. J.-C. , Kültepe , Metropolitan Museum .

Dans le Sud, c'est la période dite d'«  Isin-Larsa  » (v. 2004-1792), du nom des deux royaumes les plus puissants, mais ceux-ci ne sont pas en mesure de s'imposer aux autres entités politiques qui se forment [ 37 ] . Dans la vallée de la Diyala, la puissance hégémonique est Eshnunna [ 38 ] . Dans le Nord, l'éclatement politique est encore plus fort, mais le royaume de Mari joue souvent les premiers rôles [ 39 ] . La cité d' Assur n'est pas une puissance politique, mais ses marchands entretiennent un lucratif commerce avec l' Anatolie , où ils se fournissent en métaux qu'ils importent en Mésopotamie ( période paléo-assyrienne ) [ 40 ] .

Au début du XVIII e  siècle  av. J.-C. , le roi Samsi-Addu d' Ekallatum parvient un temps à imposer sa domination à la plupart des royaumes du Nord mésopotamien : c'est l'entité politique dénommée par les historiens «  Royaume de Haute-Mésopotamie  » [ 41 ] . Mais elle ne survit pas à sa mort vers 1775. Une dizaine d'années plus tard, c'est au tour du roi Hammurabi de Babylone (1792-1750) de mener une série de conquêtes qui le voient défaire les autres royaumes majeurs de la Mésopotamie (Larsa, Eshnunna, Mari) et se tailler un royaume à la mesure de ceux d'Akkad et d'Ur III [ 42 ] . Mais ses successeurs ne parviennent pas à préserver l'intégrité du royaume, qui se réduit rapidement aux seules cités entourant Babylone, notamment parce que les anciennes cités sumériennes (Uruk, Ur, Nippur, Eridu, Lagash, etc.) sont toutes désertées à cette époque, à la suite de crises politiques et peut-être aussi écologiques. Les rois de Babylone font face aux rois du Pays de la Mer qui se sont taillés un royaume dans l'extrême-Sud, et à des souverains Kassites , un peuple venu du Zagros , mais c'est une offensive des Hittites , venus d'Anatolie centrale, qui provoque en 1595 la chute de Babylone [ 43 ] .

L'époque des puissances régionales

La situation politique au Moyen-Orient durant la première moitié du XIV e  siècle  av. J.-C. (début de la période couverte par les Lettres d'Amarna ).
Stèle ( kudurru ) rapportant la donation de terres par le roi kassite Meli-Shipak à sa fille Hunnubat-Nanaya, XII e  siècle, Musée du Louvre .

À la chute de Babylone succède une période très peu documentée, donc considérée comme un « âge obscur », dont la durée même fait l'objet de débats. Quoi qu'il en soit, au sortir de cette période, au XV e  siècle  av. J.-C. , l'opposition géographique et culturelle entre Basse et Haute Mésopotamie s'est complétée d'une division politique, entre deux États dominants ces ensembles, sans être pour autant rivaux. Au Nord, c'est le Mittani , dont le cœur se trouve dans le triangle du Khabur (sa capitale principale, Wassukanni, n'a pas été localisée). Il a étendu dans des circonstances peu documentées une aire de domination allant du littoral méditerranéen de la Syrie jusqu'aux régions située à l'est du Tigre (le site de Nuzi , qui a livré de nombreux textes de cette époque) [ 44 ] . Il est surtout impliqué dans des guerres pour la domination de la Syrie, qui l'opposent un temps à l' Égypte , et régulièrement aux Hittites . Dans le Sud, une dynastie kassite s'est installée sur le trône de Babylone, là encore dans des circonstances qui nous échappent, puis a soumis le Pays de la Mer , parvenant à s'imposer sur toute la Basse Mésopotamie, qui peut désormais être dénommée Babylonie (les rois kassites employaient le terme Karduniaš ). Ils s'attellent à repeupler et redynamiser les campagnes et villes méridionales qui avaient été désertées précédemment, et ne sont pas impliqués dans des conflits majeurs à cette période [ 45 ] . On constate donc une stabilisation de puissances dominant chacune des deux Mésopotamies, qui ont une durée plus importante que les dynasties précédentes. Ce constat se confirme par la suite.

La situation au XIII e  siècle  av. J.-C. après l'expansion des Assyriens .

Un basculement se produit dans la seconde moitié du XIV e  siècle  av. J.-C. , quand le Mittani subit de sévères défaites face aux Hittites, qui le plongent dans une crise dont profitent les rois de la cité d' Assur , pour se tailler un royaume qui parvient à rapidement dominer la majeure partie de la Haute Mésopotamie ( période médio-assyrienne ), mais se heurte à l'ouest aux Hittites qui sont désormais solidement implantés en Syrie [ 46 ] . Le changement est de taille pour les rois kassites de Babylone, puisque l'Assyrie témoigne aussi d'ambitions sur sa frontière méridionale, et la division Nord/Sud de la Mésopotamie s'accompagne désormais d'une rivalité militaire. Bien que les succès les plus éclatants soient à mettre au crédit des Assyriens (notamment la prise de Babylone par Tukulti-Ninurta I er , 1244-1208), aucun des deux ne prend durablement le dessus sur l'autre [ 47 ] .

Après ces années de conflit, la première moitié du XII e  siècle  av. J.-C. voit le royaume de Babylone plonger dans une série de crises, conclues par la prise de la capitale par les troupes élamites en 1155, qui mettent un terme à la dynastie kassite [ 48 ] . La revanche babylonienne est menée par Nabuchodonosor I er (1125-1004) qui envahit l'Élam [ 49 ] . De son côté, l'Assyrie connaît un dernier essor sous Teglath-Phalasar I er (1116-1077), puis plonge à son tour dans des temps difficiles en raison des incursions de plus en plus efficaces de groupes araméens , populations ouest-sémitiques venues des régions syriennes, comme les Amorrites avant eux [ 50 ] . Ces Araméens parviennent ensuite en Basse Mésopotamie où ils causent également des troubles. C'est l'époque de l'« effondrement » de l'âge du bronze récent, qui voit de grands bouleversements se produire dans tout le Moyen-Orient, en particulier en Anatolie où le royaume hittite est détruit, et au Levant où de nombreuses cités subissent également des destructions.

L'empire néo-assyrien

Carte des différentes phases d'expansion de l' empire néo-assyrien .
Les soldats assyriens prenant d'assaut une ville égyptienne ( Memphis  ?) lors de la campagne de 667 av. J.-C. Bas-relief de Ninive , British Museum .

En Babylonie, plusieurs dynasties se succèdent sur le trône, sans parvenir à se stabiliser, et à pacifier le pays où sont implantés des groupes araméens, et aussi des tribus chaldéennes , dont l'origine est obscure, qui se taillent des entités politiques autonomes, et dont des chefs arrivent au bout d'un temps à monter sur le trône de Babylone [ 51 ] .

En Haute Mésopotamie, l'Assyrie a considérablement reculé face aux Araméens , qui ont établi au X e  siècle  av. J.-C. des royaumes dans plusieurs cités de Syrie et de Djézireh occidentale. Mais elle a tenu bon, et parvient à reprendre l'offensive à partir de la fin du même siècle : c'est le début de la phase néo-assyrienne, qui marque une nouvelle étape dans l'histoire des entités politiques mésopotamiennes, avec la constitution du premier empire en mesure de dominer durablement une bonne portion du Moyen-Orient. Les rois assyriens conduisent au IX e  siècle  av. J.-C. des expéditions militaires dans toutes les directions, parvenant jusqu'à la Méditerranée à l'ouest et en Babylonie au sud, réprimant de façon brutale ceux qui refusaient de verser le tribut qu'ils exigeaient. Après une crise de croissance d'un demi-siècle environ l'État assyrien entame à partir de Teglath-Phalasar III (745-727) une évolution avec la constitution de provinces qui marquent la volonté d'une domination plus stable et durable sur les régions soumises. Les nombreuses déportations de populations consécutives aux victoires assyriennes entraînent d'importants mouvements humains à l'échelle de l'empire, donc un brassage de populations qui favorise la diffusion des populations de langue araméenne , qui devient la langue de communication la plus courante du Moyen-Orient.

La lignée des « Sargonides », constituée de Sargon II (722-705), Sennachérib (705-681), Assarhaddon (689-661) et Assurbanipal (661-630) (qui ne constituent pas une dynastie à proprement parler puisqu'ils descendent des rois antérieurs), marque l'apogée territorial de l'empire assyrien, puisque leurs armées s'imposent contre Babylone, l' Urartu (Anatolie orientale et sud du Caucase), les Mèdes (nord-ouest du plateau Iranien), l' Élam , et aussi l' Égypte . Le centre de l'empire, l'Assyrie historique, concentre alors richesses et populations transportées depuis les régions soumises, ce qu'incarne la vaste Ninive , la dernière capitale érigée au tout début du VII e  siècle  av. J.-C. lors d'une campagne de travaux mobilisant des moyens colossaux, et qui concerne aussi les campagnes environnantes.

Mais les crises successorales sont monnaie courante, affaiblissant considérablement l'empire après la mort d'Assurbanipal, tandis que les populations d'Assyrie ont sans doute aussi payé un lourd tribut aux guerres incessantes menées dans tout le Moyen-Orient. Une révolte partie de Babylone et conduite par Nabopolassar parvient à engranger une série de succès sans précédents contre les troupes assyriennes, puis à investir l'Assyrie même, où les Mèdes se joignent finalement aux forces babyloniennes pour faire tomber les capitales assyriennes entre 615 et 612. Le reliquat de troupes assyriennes est éliminé dans les années suivantes.

L'empire néo-babylonien

L'extension approximative de l' empire néo-babylonien .
La Porte d'Ishtar de Babylone , VI e  siècle  av. J.-C. , reconstituée au Pergamon Museum de Berlin .

Le Babylonien Nabopolassar est le principal bénéficiaire de la chute de l'Assyrie, et laisse à son fils Nabuchodonosor II (605-562) le soin d'assurer la prise de contrôle des régions occidentales de l'empire assyrien, convoitées par les Égyptiens, où il mate plusieurs révoltes (dont celles de Juda qui se soldent par la déportation de l'élite judéenne en Babylonie). Ces souverains concentrent leurs efforts sur la remise en ordre de la Babylonie et l'embellissement de ses grandes villes, en premier lieu la capitale Babylone . Après la mort de Nabuchodonosor, les coups d'État se succèdent à la cour babylonienne, jusqu'à l'intronisation de Nabonide (556-539), qui semble avoir suscité une opposition croissante à sa politique, en particulier pour des raisons religieuses. L'empire babylonien est rapidement soumis par le roi perse Cyrus II , après la prise de sa capitale en 539 av. J.-C.

Dominations perse, grecque et parthe

La prise de pouvoir des Perses de la dynastie des Achéménides se fait pacifiquement, mais des révoltes secouent la Babylonie sous les règnes de Darius I er (en 521) et son fils Xerxès I er (en 484) [ 52 ] . Cette région est néanmoins prospère, les élites perses s'y taillent des domaines, et la cour royale fait de Babylone une de ses résidences. En revanche il y a très peu de sources sur la Haute Mésopotamie à cette période, qui semble d'une importance secondaire pour le pouvoir perse.

Entre 334 et 330 av. J.-C., le roi macédonien Alexandre le Grand conquiert l'empire perse [ 53 ] . Il meurt à Babylone en 323, laissant ses généraux, les Diadoques , s'affronter pour récupérer son héritage, ce qui se traduit par un éclatement de l'empire conquis aux Perses. La Mésopotamie finit par échoir à Séleucos I er , fondateur de la dynastie des Séleucides qui domine la région durant la période hellénistique . Des colonies grecques sont établies en Mésopotamie, même si la région reste largement peuplée de populations parlant araméen. Le centre de gravité de l'empire se déplace vers la Syrie où sont établies les principales résidences royales, même s'il y en a également une à Séleucie du Tigre dans le Nord de la Babylonie, qui reste une région prospère [ 54 ] .

Au milieu du II e  siècle  av. J.-C. , les Séleucides sont attaqués par les Parthes , peuple de langue iranienne venu de l'Est de leur empire, qui parviennent après une série de conflits âpres à prendre le contrôle de la Mésopotamie [ 55 ] . À partir du début du I er  siècle  av. J.-C. les Parthes font face à un nouveau rival occidental, la République romaine , qu'il parviennent à vaincre à Harran (Carrhes) en 53 av. J.-C. pour consolider leur emprise sur la Haute Mésopotamie. Dans le Nord, les anciennes cités de Ninive et d' Assur connaissent une nouvelle période de prospérité, de même qu'un autre royaume dirigé par une dynastie arabe, Hatra . Dans le Sud, les villes de Babylone et d' Uruk sont encore animées un temps par une communauté de prêtres lettrés écrivant des tablettes cunéiformes , mais il s'agit des derniers à pratiquer encore cette antique écriture, à une époque où l' alphabet araméen règne en maître. Les derniers écrits cunéiformes connus datent du I er  siècle de notre ère, et cette écriture disaparaît sans doute peu après, alors que Babylone et Uruk sont désertées. Cela marque pour beaucoup la fin de la civilisation mésopotamienne antique, ou plutôt de ce qu'il restait de ses traditions intellectuelles.

Les Parthes sont vaincus entre 226 et 240 par les Perses de la dynastie des Sassanides , qui deviennent à leur tour les maîtres de la Mésopotamie.

Ère moderne

Le terme de « Mésopotamie » est à nouveau utilisé de manière officielle au XX e  siècle , lorsque le traité de Sèvres confie au Royaume-Uni un Mandat de la Société des Nations lui confiant l'administration de l'ancienne province de l' Empire ottoman . Le Mandat britannique de Mésopotamie laisse ensuite la place au Royaume d'Irak .

Langues et groupes linguistiques

Les textes de la Mésopotamie antique ne comportant pas la notion d'une « Mésopotamie » telle qu'elle est comprise dans les travaux modernes, ces derniers distinguent des entités géographiques plus réduites correspondant souvent à des réalités politiques voire culturelles, qu'il est plus aisé de distinguer en fonction de la langue de leurs habitants, telle qu'elle peut être devinée par les textes, en l'absence d'une notion claire d'ethnicité dans l'Antiquité (la culture matérielle ne permettant pas vraiment de tracer des limites dans ce domaine).

Pour la Mésopotamie méridionale de la fin du III e  millénaire av. J.‑C. , la grande séparation est celle entre le pays de Sumer et le pays d'Akkad. Le premier, situé à l'extrême sud du delta mésopotamien, est occupé majoritairement par une population parlant le sumérien , un isolat linguistique [ 56 ] , et qui a eu une importance primordiale dans l'émergence de la civilisation mésopotamienne [ 57 ] . Le second est un pays où la population est surtout constituée de locuteurs de l' akkadien , langue sémitique [ 58 ]  ; il doit son nom à la ville et à l' empire d'Akkad qui a existé au XXIV e  siècle  av. J.-C. , mais cela correspond à une réalité démographique et culturelle plus ancienne, puisque même avant cette époque les pays situés au nord de Nippur , jusqu'en Haute Mésopotamie et en Syrie , sont dominés par des populations parlant des langues sémitiques très proches [ 59 ] .

La fin du III e  millénaire av. J.‑C. voit la disparition du sumérien en tant que langue parlée, même s'il reste important dans le cercle des lettrés. Le début du II e  millénaire av. J.‑C. est marqué par l'importance de populations parlant une langue sémitique d'origine occidentale, l' amorrite , qui se retrouvent dans toute la Mésopotamie [ 60 ] . Mais la moitié Nord de cette région est également marquée par l'importance des populations parlant le hourrite , isolat linguistique.

Dans la seconde moitié du II e  millénaire av. J.‑C. se met en place plus clairement la séparation Nord/Sud de la Mésopotamie entre le royaume d'Assur et celui de Babylone , qui prévaut pour les siècles suivants et délimite deux espaces politiques et culturels distincts (mais toujours en forte interaction, et dont les langues sont des variantes de l'akkadien), l'Assyrie et la Babylonie. Cette dernière est longtemps politiquement sous la coupe d'une dynastie d'origine kassite , population isolée, qui n'a pas eu une grande influence culturelle [ 61 ] . La fin de ce millénaire est marquée par l'apparition et l'expansion à partir du nord-ouest d'une nouvelle population ouest-sémitique, les Araméens , qui tendent à devenir dans la première moitié du I er  millénaire av. J.‑C. la population dominante du Nord mésopotamien, au point que les Assyriens deviennent des locuteurs de la langue araméenne . Durant les dernières périodes de l'Antiquité, les locuteurs de l'araméen et les régions qu'ils habitent sont d'ailleurs désignés comme Assyriens/Assyrie ou bien des termes dérivés, Syriens/Syrie (surtout pour la partie occidentale) [ 62 ] . Les populations de Babylonie deviennent également fortement araméisées, mais on y trouve également un autre peuple, les Chaldéens , dont le nom sert aux Grecs de désignation alternative du Sud mésopotamien, la Chaldée [ 63 ] . Les dernières périodes de l'histoire mésopotamienne sont marquées par l'implantation de royaumes d'origine étrangère, iraniens (perses) puis grecs ( période hellénistique ), dont les éléments ne sont jamais devenus dominants. Les populations arabes connaissent également une expansion en direction de certaines régions du nord mésopotamien à partir de la seconde moitié du I er  millénaire av. J.‑C.

Institutions et pouvoirs

Apparition de l'État et de l'impérialisme

Détail de l' étendard d'Ur (v. 2500 av. J.-C.) : le souverain assis sur son trône dirige un banquet. British Museum .

La Mésopotamie a vu la constitution, dans la seconde moitié du IV e  millénaire av. J.‑C. ( période d'Uruk récente), d'un ou des des plus anciens États, si ce n'est le(s) plus ancien(s), dans l'histoire humaine. Les premiers États sont caractérisés par une stratification sociale notable, permettant de distinguer une élite dirigeante, un réseau d'habitat hiérarchisé, dominé par une ville principale, l'existence d'une spécialisation des activités, de pratiques rituelles et d'un culte organisé par les élites, visible dans l'archéologie par la présence d'une architecture monumentale, d'objets de prestige, d'un art reflétant l'idéologie de l'élite dirigeante [ 64 ] .

Au III e  millénaire av. J.‑C. se développent des structures politiques désignées par convention comme des « cités-États » car elles occupent en général un territoire réduit organisé autour d'une cité principale et d'une poignée d'autres villes. Elles sont intégrées durant les derniers siècles du même millénaire dans les deux premiers États que l'on qualifie d'« empires » au regard de leur taille et de la prétention à la domination universelle de leurs souverains, l' empire d'Akkad (v. 2340-2150 av. J.-C.) [ 65 ] et celui de la troisième dynastie d'Ur (v. 2112-2004 av. J.-C.). Leur succèdent des États territoriaux plus restreints en taille au début du II e  millénaire av. J.‑C. avant l'émergence de la première dynastie de Babylone qui a selon certains auteurs un caractère impérial, au moins sous le règne de Hammurabi (v. 1792-1750 av. J.-C.) [ 66 ] .

Le roi assyrien Teglath-Phalasar III (745-727 av. J.-C.) recevant l'hommage de ses sujets. Bas-relief de Nimroud . Detroit Institute of Arts .

Néanmoins l'affirmation de l'impérialisme est surtout marquée un millénaire plus tard avec l' empire néo-assyrien (v. 934-609. av. J.-C.) caractérisé par la taille du territoire qu'il domine (une portion conséquente du Moyen-Orient , de la Méditerranée jusqu'au plateau Iranien ), et un contrôle plus durable et aussi plus fort sur ces territoires et leurs populations. Cela est illustré les nombreuses déportations de vaincus entreprises à l'échelle de l'empire, la mise en place d'un réseau de provinces et de communications plus efficace, l'érection de capitales de plus en plus vastes manifestant la puissance de l'empire, et en fin de compte la mise en place de rapports politiques et culturels plus intenses entre ce centre et les périphéries qu'il domine [ 67 ] . À ce prototype succèdent l' empire néo-babylonien (626-539 av. J.-C.) et l' empire perse achéménide (v. 550-330 av. J.-C.) qui prolonge et raffinent l'édifice impérial, posant à leur tour les bases pour les empires qui leur succèdent [ 68 ] .

La royauté mésopotamienne

Les États mésopotamiens sont des monarchies : ils ont à leur tête un roi ( sumérien lugal, akkadien šarru(m) ), qui suivant l'idéologie politique est le représentant terrestre des grands dieux, notamment la divinité tutélaire de son royaume, qui lui a octroyé la charge de diriger les populations de son territoire. La royauté est vue comme un don du monde divin à celui des humains, « descendue du Ciel » aux origines de l'histoire, selon l'expression de la Liste royale sumérienne . Cette chronique historique développe la vision cyclique courante de l'historiographie mésopotamienne, qui veut que se succèdent plusieurs dynasties ( sumérien bala, akkadien palu(m) ) bénéficiant chacune à leur tour des faveurs divines, et chutant lorsqu'elles les perdent. En pratique, cette légitimité divine coexiste en effet avec une légitimité dynastique, les rois se succédant de père en fils. Les fonctions du monarque, découlant de sa position d'intermédiaire entre les mondes humain et divin, sont de diriger l'administration et l'armée du royaume, d'assurer la justice, d'aménager le territoire en construisant canaux, fortifications et villes, et d'assurer le bon déroulement du culte rendu aux dieux, tout cela étant commémoré par de nombreuses inscriptions royales valorisant les actes des monarques [ 69 ] .

Le roi est entouré de « ministres » l'aidant dans ses tâches, et dirigeant une administration gérant ses terres, le prélèvement des taxes, la justice locale, etc. [ 70 ] . Ce système se complexifie avec l'élaboration d'entités politiques plus vastes. En pratique cependant l'emprise des capitales sur leurs territoires et leurs populations est plutôt limitée car leurs moyens humains sont plutôt faibles pour la majeure partie de l'histoire mésopotamienne, et au regard des standards contemporains ils seraient plutôt vus comme des pouvoirs faibles ou comme une sorte d'« État présomptif » (S. Richardson) [ 71 ] .

Les institutions et l'organisation économique

Dès la mise en place de l'État, apparaissent des institutions qui sont à l'origine de la première production écrite et jouent le rôle principal dans les activités économiques. Ce sont surtout des palais et des temples, ce que A. L. Oppenheim a proposé de nommer des « grands organismes » [ 72 ] . Ils gèrent d'importants domaines, administrés par des scribes souvent organisés en « bureaux » spécialisés, qui supervisent des champs, des jardins, des espaces boisés et marécageux, des ateliers, des bateaux, etc. Ces ressources sont exploitées par une main d'œuvre dépendante organisée en équipes, qui est en général rétribuée sous la forme de rations d'entretien (en grains, huile, bière, dattes, etc.), ayant valeur de salaire dans une économie pré-monétisée, et une bonne partie de leurs productions revient au culte officiel. Ils sont à l'origine de l'abondante production de documents de gestion qui constitue une portion substantielle des sources permettant d'étudier l'histoire mésopotamienne : reçus, billets d'enregistrement des sorties et dépenses, concernant des mouvements de biens ; documents internes de gestion tels que des inventaires, bilans, documents de gestion du personnel [ 73 ] .

En raison de la nature des institutions dirigeant ce système, on a pu parler d'« économie palatiale », ou d'« économie de temple ». Mais plus largement le cadre structurant la société et l'économie de la Mésopotamie antique est la maisonnée (é/ bitu(m) , termes qui signifient « maison » avec en gros les mêmes acceptions qu'en français), comme l' oikos de la Grèce antique, qui administre son propre domaine, les palais étant les centres des domaines royaux, les temples des domaines des dieux, certes disposant des domaines les plus vastes, mais coexistant avec les domaines privés avant tout aux mains des élites, dont l'importance croît à partir du début du II e  millénaire av. J.‑C. [ 74 ] . Certains ont donc proposé de parler d'« économie domaniale » [ 75 ] .

Justice et droit

L'exercice de la justice est une des principales prérogatives du souverain, autorité judiciaire de dernier ressort, qui devait être selon les conceptions mésopotamiennes à la fois le garant de l'ordre établi, mais aussi celui qui répare les situations injustes. Les rois promulguaient des textes législatifs, tel le fameux Code de Hammurabi , dont la portée juridique exacte reste débattue, ainsi que des édits plus brefs portant sur un sujet ponctuel, comme des rémissions générales de dettes en période de crise. En pratique, la justice est rendue par des organes non permanents, comprenant des juges professionnels ou non (les membres de l'administration pouvant intervenir à ce titre), devant lesquels des particuliers peuvent porter des litiges qu'ils n'arrivent pas à régler à l'amiable, et qui statent en analysant les preuves (actes écrits, témoignages de tiers, ou à défaut des prestations de serment devant les dieux) [ 76 ] . Le droit repose en bonne partie sur l'écrit (même si l'aspect oral compte comme le montre la place du serment dans la justice), de nombreux actes juridiques documentant la vie quotidienne des anciens Mésopotamiens (contrats de vente, de prêts, comptes-rendus de procès, etc.) [ 77 ] .

Armées et diplomatie

Les États s'affrontent régulièrement dans des conflits, guerres de conquête ou de résistance, guerres frontalières, guerres civiles, dont l'ampleur peut grandement variér. Les armées des cités-États du III e  millénaire av. J.‑C. s'appuient sur une base de fantassins protégés par des boucliers et armés de lances, de dagues ou de haches, disposés en une sorte de phalange, les chars lourds venant en appui. Les archers semblent surtout prendre en importance sous l' empire d'Akkad , qui paraît privilégier une infanterie légère. Les épées plus longues et légères font leur apparition à la fin du II e  millénaire av. J.‑C. et au début du I er  millénaire av. J.‑C. , notamment dans l'armée néo-assyrienne, qui développe également la cavalerie montée et perfectionne les engins de siège [ 78 ] . Les troupes mobilisées associe dès les époques les plus anciennes une armée permanente organisée autour de l'état major et du chef de guerre (en principe le roi), dont le statut tend à être protégé par le pouvoir, qui leur concède des tenures en échange de leur service, et des troupes conscrits, le service militaire étant attendu des sujets hommes, afin de renforcer l'armée lors des campagnes les plus importantes [ 79 ] . Selon les données jugées les plus fiables, les royaumes principaux des premiers siècles du II e  millénaire av. J.‑C. ( Mari , Eshnunna , Larsa ) peuvent mobiliser entre 10 000 et 60 000 hommes, et au VIII e  siècle  av. J.-C. l'armée assyrienne de Salmanazar III comprend à peu près 86 000 hommes [ 80 ] .

La contrepartie à cette activité guerrière est l'existence d'une diplomatie très active, attestée dès les époques archaïques, mais surtout documentée pour le II e  millénaire av. J.‑C. qui est une période de fragmentation politique durable, cette activité diplomatique étant bien documentée grâce aux archives de Mari (début du XVIII e  siècle  av. J.-C. ) et aux lettres d'Amarna mises au jour en Égypte (milieu du XIV e  siècle  av. J.-C. ). Dans ce système diplomatique élaboré et codifié, les messagers officiels assurent les contacts entre les différentes cours, parfois des ambassades temporaires, les rois s'échangent des présents suivant un principe de réciprocité, concluent après des négociations parfois longues des alliances matrimoniales, ainsi que des traités de paix suivant des procédures orales ou écrites, afin de stabiliser et consolider leurs relations [ 81 ] .

Campagnes et agriculture

Le milieu rural et son aménagement

Croquis hypothétique d'un finage de la Basse-Mésopotamie antique.

La Mésopotamie n'est pas une région prédisposée à avoir une agriculture efficace : le milieu est aride avec des mois estivaux très chauds, et une pluviométrie annuelle insuffisante pour permettre une agriculture sèche en Basse Mésopotamie et en Basse Djézireh (alors qu'elle est possible en Assyrie et sur toute la frange nord), les sols sont en général fins, peu fertiles, se dégradent facilement et ont tendance se saliniser rapidement au sud [ 82 ] . Le développement de l'irrigation à partir du VI e  millénaire av. J.‑C. au moins [ 83 ] a permis le développement de l'agriculture dans les régions les plus arides, profitant de la proximité des cours d'eau, surtout dans la vaste plaine deltaïque de Basse Mésopotamie, qui devint progressivement une région agricole très productive, profitant d'un grand espace potentiellement cultivable, les paysans mésopotamiens développant parallèlement différentes pratiques culturales permettant de ralentir la dégradation des sols (jachère, usage de cultures plus résistantes au sel et à la sécheresse comme l'orge et le palmier-dattier, ombrages protecteurs [ 84 ] ). On divise de ce fait couramment l'agriculture mésopotamienne entre les zones d'agriculture irriguée de Basse Mésopotamie et de Basse Djézireh, et les zones d'agriculture sèche des autres régions de Haute Mésopotamie (pratiquant certes aussi l'irrigation en complément) [ 85 ] .

Le peuplement de l'espace rural est très mal connu car peu de sites ruraux ont été fouillés, et que les textes les documentent du point de vue des institutions urbaines, ce qui introduit un biais faisant qu'on les étudie surtout sous l'angle des relations villes-campagnes. Des villages d'agriculteurs existaient, mais le critère de la taille ne permet pas forcément de les distinguer car de petits sites peuvent avoir des attributs « urbains » (murailles, temples). On trouvait également des hameaux, des fermes isolées et des sortes de centres d'exploitation et d'administration, les « tours » ( dimtu(m) ) ou « forts » ( dunnu ), certains étant fortifiés [ 86 ] .

Cultures et élevage

Les plantes cultivées et les animaux domestiques en Mésopotamie reposaient sur le socle développé au début du Néolithique au Moyen-Orient, dans les foyers levantin et anatolien : céréales (orge, blé), ongulés (ovins, caprins, bovins, suidés). Les communautés mésopotamiennes ont adopté ces éléments assez rapidement. Par la suite de nouvelles domestications et pratiques agricoles ont été mises en place, avec le développement de l'arboriculture et de l'horticulture (notamment le palmier-dattier pour ce qui concerne la Mésopotamie méridionale) et dans l'élevage avec ce qui a pu être dénommé comme des « produits secondaires », c'est-à-dire renouvelables, reposant sur l'utilisation de la force animale (traction des araires, transport, en particulier grâce à la domestication de l'âne) et des produits tels que le lait, la laine, les poils, phénomène qui s'est sans doute étalé sur plusieurs millénaires jusqu'au IV e  millénaire av. J.‑C. [ 87 ] Des animaux et plantes ont continué à être intégrés à l'agriculture mésopotamienne par la suite, essentiellement des apports extérieurs tels que le sésame au III e  millénaire av. J.‑C. [ 88 ] et le riz au I er  millénaire av. J.‑C. , venus depuis l'est [ 89 ] .

La céréaliculture était l'activité agricole dominante, avant tout l' orge plus adaptée aux sols pauvres et au climat aride, le blé étant secondaire car plus exigeant [ 90 ] . Les champs pouvaient également être consacrés à la culture du lin , du sésame , ou de diverses légumineuses et cucurbitacées ( pois chiches , lentilles , oignons etc. ) ou d'arbres fruitiers ( grenadiers , figuiers , pommiers etc. ). Les paysans du Sud plantaient des palmiers-dattiers sur de nombreuses parcelles, car ils en tiraient de forts rendements et ils pouvaient profiter de leurs ombrages bienfaisants pour faire pousser une grande variété de légumes et de fruits à leurs pieds [ 91 ] , [ 92 ] . Au Nord la vigne devint une culture spéculative [ 93 ] . L'élevage était dominé par celui des moutons , également des chèvres , et secondairement des bovins et des cochons , aussi des ânes ainsi que de la volaille [ 94 ] , [ 95 ] . Enfin, l'exploitation par les hommes des potentialités des écosystèmes mésopotamiens comprenait également la chasse et la pêche qui restent importantes même après la domestication des animaux [ 96 ] , avec dans le sud la place importante des espaces marécageux où l'on se procurait notamment des poissons et des roseaux.

Les structures agraires

Les paysans n'apparaissent dans les sources écrites que quand ils interagissent avec les institutions et élites urbaines, détentrices des domaines agricoles les plus grands et les plus riches, il est donc difficile d'appréhender une paysannerie indépendante, même si des communautés rurales organisées semblent avoir existé. Dans le cadre institutionnel des temples et palais, les agriculteurs peuvent être organisés en équipes de laboureurs rémunérées par des rations lorsqu'ils travaillent sur des champs en régie directe, mais quand ils sont des fermiers exploitant un champ contre redevance le modèle est plus celui de l'exploitation familiale pratiquant une agriculture de subsistance ; la gestion indirecte semble avoir été prépondérante à partir du début du II e  millénaire av. J.‑C. et au I er  millénaire av. J.‑C. [ 97 ] . De la même manière l'élevage institutionnel était plutôt géré de façon indirecte, mais aussi parfois de façon directe [ 95 ] . Beaucoup sont des dépendants économiques ayant peu de marges de manœuvre face aux institutions qui leur concèdent les terres et leur fournissent le matériel d'exploitation, ayant un statut qui a pu être apparenté à celui de serf [ 98 ] . Une partie de la main d'œuvre semble du reste avoir loué sa force de travail, et ne disposait donc pas d'exploitations ou du moins pas en quantité suffisante pour subsister. Cependant il ne semble pas y avoir eu de concurrence pour la terre dans les campagnes mésopotamiennes, qui semblent plutôt marquées par le manque d'hommes [ 99 ] . Dans une économie peu monétisée, les terres et leurs exploitants étaient une ressource primordiale. Souvent les détenteurs des fonctions les plus importantes dans les institutions ou des militaires étaient rétribués par la concession de terres ou du moins de leurs revenus, ce qu'on désigne comme des « terres de service » ( ilku(m) en Babylonie), ou de « prébende » quand elles viennent en contrepartie de charges cultuelles dans un temple [ 100 ] .

Les villes mésopotamiennes

Origines et traits généraux

La fin de la période préhistorique de la Mésopotamie voit le développement d'agglomérations qui ont une taille de plus en plus importante, et des fonctions sociales spécifiques, qui les différencient progressivement des villages, surtout parce qu'elles sont des centres de pouvoir dominé par des groupes monumentaux de plus en plus imposants [ 101 ] . Le phénomène était généralement décelé dans le sud, où Uruk est couramment présentée comme la « première ville », vers le milieu du IV e  millénaire av. J.‑C. , mais les études récentes indiquent la présence d'agglomérations de grande taille dans le nord à la même période et même avant, comme Tell Brak et Hamoukar . Ce changement est manifestement à relier aux bouleversements socio-politiques de l'époque (apparition de l'« État » et des « grands organismes », essor agricole, différenciations sociale et professionnelle plus prononcées, etc.) [ 102 ] . Ce phénomène trouve ses origines plus loin dans le temps, puisque la plupart des grandes agglomérations mésopotamiennes sont occupées un à deux millénaires avant l'apparition de la ville, et qu'elles sont en fin de compte l'aboutissement d'un processus long et cumulatif remontant aux débuts de la sédentarisation durant les premières phases du Néolithique. Mais le phénomène a aussi un aspect soudain : les premières villes semblent connaître une croissance rapide dès leurs débuts, laissant en général un arrière-pays direct peu densément peuplé, ce qui reflète leur important pouvoir d'attraction, que ce soit intentionnel ou pas [ 103 ] .

La ville est dès lors une caractéristique essentielle de la civilisation mésopotamienne, les principales agglomérations sont rapidement dotées d'un prestige qui traverse les époques. Cependant la ville n'est jamais vraiment conceptualisée à cette période, la terminologie ne connaissant que des termes généraux pour définir les agglomérations, uru en sumérien et ālu(m) en akkadien, qu'il s'agisse de ce que nous caractériserions comme des villes ou des villages. Les grandes villes atteignent en général une taille d'au moins une centaine d'hectares, mais certaines sont beaucoup plus vastes, notamment les grandes capitales des périodes récentes ( 750  hectares pour Ninive , quasiment 1 000 pour Babylone ), même si tout leur espace n'est pas bâti, loin de là. Les villes sont généralement situées le long de cours d'eau, en particulier dans le sud où il s'agit d'axes de communication essentiels, et les déplacements de ces derniers peuvent les mettre en péril. Les villes mésopotamiennes connaissent en tout cas pour la plupart des alternances de croissance et de déclin rapides, qui sont parfois partagés à une échelle régionale sur une même période, liés à des aléas écologiques ou politiques. Leur développement peut se faire de façon spontanée, ou bien selon une planification, que ce soit à l'échelle d'un quartier ou d'une ville, ce qui est attesté dès les débuts de l'urbanisation, et particulièrement spectaculaire avec les grandes capitales de l'époque néo-assyrienne ( Kalkhu , Dur-Sharrukin , Ninive ) [ 104 ] .

Organisation de l'espace urbain

Il existe une distinction entre l'urbanisme des villes du nord mésopotamien et celles du sud, au-delà de traditions communes. Les premières sont généralement organisées autour d'une acropole ou citadelle, sur un promontoire naturel (mais surélevé avec le temps et l'accumulation des occupations humaines), en général sur une bordure de la ville. Aux époques historiques il s'agit du centre du pouvoir, où sont construits les palais et temples principaux, ainsi que les résidences des hauts dignitaires, disposant souvent de sa propre muraille qui en limite l'accès. Les capitales néo-assyriennes ont généralement deux citadelles, une servant de centre politique et religieux, l'autre d'arsenal. Le reste de la ville s'étend en contrebas, disposant souvent de sa propre enceinte. Les villes méridionales sont érigées dans une région plane, où il n'y a pas ou très peu de surélévation naturelle, aussi les tells sont généralement le seul produit des occupations humaines, et ils sont bien moins élevés qu'au nord. On y trouve certes souvent des quartiers sacrés (avec des murailles pour les délimiter aux époques récentes), autour de leur temple principal, mais les palais et temples majeurs ne sont pas forcément érigés à proximité les uns des autres. Au nord comme au sud l'espace urbain semble dans plusieurs cas comprendre des quartiers résidentiels, et d'autres dédiés à des activités artisanales, mais il ne semble pas que cela soit systématique. De même des lieux de culte, qu'il s'agisse de temples à proprement parler ou de sortes de chapelles, se trouvent dans tout l'espace urbain. De grandes artères permettent de délimiter des îlots d'habitation et des sortes de quartiers dans les grands villes. Le réseau de voies est généralement constitué de ruelles étroites, dont le tracé est souvent irrégulier et peu évoluer avec le temps. Dans le sud, les canaux jouent un rôle majeur dans le transport et les communications, les villes disposant de quartiers portuaires, les « quais », kāru(m) , terme qui en vint à désigner tout type de quartier marchand car ils sont des lieux majeurs d'échanges. Des marchés à ciel ouvert se trouvent ailleurs dans les villes, notamment au niveau des portes. Enfin les villes intra muros ne sont pas intégralement bâties, car elles comprennent des jardins et sans doute des espaces en culture ou en friche [ 105 ] .

Groupes et rapports sociaux

Hiérarchies sociales

Les dernières phases préhistoriques virent le creusement des inégalités sociales [ 106 ] , phénomène qui accompagne l'émergence de l'État, qui se construisit avec la formation d'une élite exerçant le pouvoir, dominant le reste de la société, notamment par le contrôle des ressources économiques via les domaines institutionnels. Ainsi si la période d'Uruk (fin du IV e  millénaire av. J.‑C. ), considérée comme un tournant majeur dans ces évolutions, est couramment comprise « par le haut » comme une période de constitution des institutions étatiques et urbaines avec l'émergence d'une élite plus imposante et mieux structurée que par le passé, une lecture « par le bas » insiste sur la mise en place d'une aliénation et d'un asservissement des catégories dominées et dépendantes des institutions [ 107 ] , et d'autres grilles de lecture évoquent l'accaparement des surplus par l'élite, appuyée par une domination idéologique [ 108 ] , ou encore des « humains domestiqués » par les systèmes gestionnaires des institutions et leurs administrateurs [ 109 ] .

Quelle que soit la manière d'interpréter les origines du phénomène, il ressort des sources écrites et archéologiques que dès le III e  millénaire av. J.‑C. les sociétés mésopotamiennes sont très marquées par les inégalités de conditions. Elles ont une élite définie par sa proximité avec le pouvoir royal et le contrôle qu'elle exerce sur les institutions (palais et temples) et leurs domaines, dont elles retirent richesses et honneurs. Une grande partie (la majorité ?) de la population est employée par ces mêmes institutions, qui leur fournissent une part plus ou moins importante de leurs sources de revenus, selon qu'ils disposent à côté de leurs propres moyens de subsistance [ 110 ] .

Les esclaves occupent le bas de l'échelle sociale. Privés de liberté juridique et économique, ils sont considérés comme des objets, au service de leur maître. Il y a différentes façons de devenir esclave : s'il ne s'agit pas d'esclaves de naissance, la majorité sont des prisonniers de guerre, et on trouve également des personnes libres tombées en servitude à cause de dettes impayées (ce qui peut n'être que temporaire). En tout état de cause l'esclavage ne semble pas avoir été un phénomène de masse dans la Mésopotamie antique [ 111 ] . Les couches modestes de la société sont plus largement constituées d'une nébuleuse de « dépendants » ou « semi-dépendants », qui peuvent certes êtres des personnes libres juridiquement, mais qui sont placées dans une situation de subordination économique vis-à-vis des institutions ou d'un puissant personnage, et ne disposent donc pas de moyens de subvenir à leurs besoins par elles-mêmes, ce qui les rapproche dans bien des cas d'une situation servile [ 112 ] .

Au sommet de l'élite sociale se trouve le roi et sa famille, puis son entourage. Il n'y a pas eu de groupe équivalent à une noblesse dans les sociétés de la Mésopotamie antique, même si on a pu s'en approcher durant les phases impériales assyriennes avec la constitution d'une puissante aristocratie de fonction disposant de grands domaines. Mais la tendance à l'affirmation du pouvoir royal tend aussi à faire dépendre cette élite du bon vouloir du souverain, qui peut faire et défaire les destins de ses sujets en octroyant des gratifications et en les retirant en cas de revers de faveur [ 113 ] .

Les phénomènes de mobilité sociale sont avérés dans les deux sens, certains marchands et propriétaires fonciers parvenant à s'enrichir au point d'accéder à des fonctions politiques importantes, tandis que d'un autre côté d'autres connaissent des revers de fortune et s'appauvrissent, notamment lors de guerres, en particulier ceux qui sont déportés et réduits en esclavage, ou ceux qui sont contraints de s'exiler de leur communauté d'origine pour adopter un mode de vie plus marginal, entre vagabondage et brigandage [ 114 ] .

En pratique plusieurs décisions royales s'élèvent contre les inégalités et leurs conséquences : des textes législatifs comme le Code de Hammurabi proclament l'impératif de protection du faible contre le fort, et des édits de rémission permettent de mettre fin à des situations d'endettement chronique d'une grande partie de la population. Les temples semblent parfois avoir recueilli des personnes isolées, notamment des orphelins et des veuves, en contrepartie de leur labeur [ 115 ] .

Condition féminine

Les femmes mésopotamiennes sont subordonnée aux hommes sur le plan juridique, d'abord à leur père puis à leur mari, et cette situation tend à s'accentuer avec le temps, en particulier dans les recueils juridiques du II e  millénaire av. J.‑C. [ 116 ] , [ 117 ] , même s'il est possible qu'une autre accentuation des inégalités se produise au IV e  millénaire av. J.‑C. durant la période d'Uruk [ 118 ] .

L'image de la femme idéale posée dès l'époque sumérienne par les rédacteurs masculins des textes littéraires est celle d'une personne humble, modeste, travailleuse et bien organisée, une épouse et mère qui s'occupe de son mari et de leur progéniture, a des qualités de cuisinière et de tisserande, et plus généralement de gestionnaire des affaires domestiques. Celles qui ne répondent pas à ces caractéristiques ne sont pas des dignes représentantes de la gent féminine et de la féminité, et s'exposent à des critiques et punitions [ 119 ] .

Le travail féminin s'exerce donc avant tout au sein de la maisonnée, comme l'illustre le cas bien connu des femmes des marchands d' Assur du XIX e  siècle  av. J.-C. qui produisent des vêtements et étoffes que peuvent ensuite vendre leurs maris. En dehors de leur foyer, il était courant que les femmes travaillent au service des institutions dans des activités textiles, et aussi dans la transformation des produits alimentaires (meunerie), travail particulièrement harassant, ou le débit de boissons (tavernières). Ainsi les activités féminines, qu'elles soient exercées de façon domestique ou professionnelle, sont généralement liées à la production textile et alimentaire. Cependant il y a des cas où les dépendantes d'institutions sont mobilisées pour des travaux de force (halage de barques, transport de briques), qui comme dans les autres sociétés antiques n'étaient pas réservés aux hommes. Dans d'autres cas des femmes de l'élite sont des actrices économiques plus autonomes, pas forcément dépourvues de moyens d'action et silencieuses dans la documentation cunéiforme. Elles pouvaient être amenées à diriger des domaines des palais et des temples (surtout les reines et princesses), et ceux-ci étaient généralement gérés par un personnel féminin. Il existait des femmes scribes ou du moins lettrées pour exercer ce type d'activité. Les femmes qui sont consacrées à une divinité dans la Babylonie du XVIII e  siècle  av. J.-C. gèrent aussi leur propre patrimoine. D'autres se spécialisent dans des productions de qualité (parfumeuses), ou les prestations de divertissement (musique, danse et chant), tandis qu'existent des métiers exclusivement féminins (sage-femmes, nourrices, aussi prostituées) [ 120 ] , [ 121 ] .

Nomades et sédentaires

Une partie de la société mésopotamienne, en particulier dans la moitié nord et la partie centrale, se caractérise par son mode de vie nomade. Les groupes d'origine nomade occupent une place importante durant toute l'histoire mésopotamienne ( Amorrites , Kassites , Sutéens , Gutis , Araméens , Arabes etc.), même s'ils se sédentarisent souvent à une certain point. Ils vivent dans un cadre tribal, organisé autour de grands groupement de tribus et sont dirigés par un «  cheikh  ». Cette population pratique un nomadisme de type pastoral, se déplaçant avec ses troupeaux, mais il est courant qu'une partie de la communauté cultive des champs et occupe des villages au moins une partie de l'année : on parle donc plutôt de « semi-nomadisme ». Les nomades constituent parfois un danger pour les sociétés sédentaires : leur mode de vie assez précaire les rend plus fragiles aux coups durs (notamment climatiques), ce qui les pousse souvent à se faire pillards en période de crise. De ce fait, ils sont souvent décrits en terme péjoratifs par les lettrés urbains. Ils vivent pourtant généralement en symbiose avec le monde sédentaire : ils se font pasteurs pour les grands organismes, parfois servent comme travailleurs saisonniers, et ils sont souvent appréciés en tant que soldats [ 122 ] .

Écriture et écrits

Écriture

Inscription cunéiforme du palais de Dur-Sharrukin , époque néo-assyrienne , fin du VIII e  siècle  av. J.-C. ( Musée du Louvre ).

La Mésopotamie a vu l'élaboration de ce qui est actuellement considéré comme le plus ancien système d' écriture au monde. On date son apparition vers 3300 av. J.-C. Les plus anciens documents écrits connus proviennent d' Uruk , en Basse Mésopotamie, et sont des tablettes d'argile enregistrant des opérations de gestion. Le système d'écriture est alors très simple, enregistrant des informations basiques, et les signes ont souvent un aspect pictographique et renvoient à des choses ou des idées ( logogrammes ou idéogrammes ). Par la suite au début du III e  millénaire av. J.‑C. le système se complexifie, notamment par le développement de signes phonétiques (qui renvoient à un son), transcrivant des syllabes, qui permettent de les rapprocher de la langue parlée alors, le sumérien (probablement la langue des inventeurs de l'écriture), puis de l'adapter à d'autres langues, en premier lieu l' akkadien également parlé en Basse Mésopotamie à cette période. Sa graphie évolue aussi, et il prend un aspect cunéiforme (en forme de « coin ») dans le courant de la seconde moitié du III e  millénaire av. J.‑C. millénaire. L'écriture cunéiforme, à la fois logographique et phonétique, se diffuse ensuite dans le reste du Moyen-Orient [ 123 ] .

Les scribes mésopotamiens écrivent essentiellement sur des tablettes faites en argile, matériau abondant en Mésopotamie. Ce support survit très bien à l'épreuve du temps (et encore plus quand il est cuit à la suite d'un incendie), et c'est ce qui nous permet d'avoir une quantité de documentation écrite considérable sur la Mésopotamie ancienne [ 124 ] . Pour inscrire les signes, on utilise un calame , généralement taillé dans du roseau, autre matériau courant en Mésopotamie. Au cours de sa longue histoire, le cunéiforme connaît différentes évolutions graphiques, et le répertoire de signes varie aussi d'un lieu à l'autre, en fonction des usages et des besoins des scribes [ 125 ] .

À partir du début du I er millénaire av. J.-C. , l'écriture cunéiforme est concurrencée par l' alphabet araméen , développé en Syrie , généralement rédigé sur parchemin ou papyrus , supports périssables dont aucun exemplaire ne nous est parvenu. Celui-ci finit par supplanter le cunéiforme vers le milieu du I er millénaire av. J.-C. , avant la disparition définitive de ce dernier au début de notre ère.

Les scribes

Seule une minorité de la population est alphabétisée. Les spécialistes de l'écriture sont les scribes [ 126 ] . Ils suivent une formation destinée à leur apprendre à maîtriser le cunéiforme, et s'initient au sumérien et à l' akkadien (à partir de la fin du III e millénaire av. J.-C. ). Plusieurs niveaux de spécialisation coexistent, allant du simple scribe d'administration au « savant » ayant suivi de nombreuses années de formation, travaillant souvent dans les temples et exerçant la fonction d'exorciste, devin ou chantre. On estime également qu'une frange de la population, dans les couches supérieures, est en mesure de comprendre ou d'écrire des textes cunéiformes, au moins à un niveau basique : personnel administratif, politique, marchands [ 127 ] .

Archives et bibliothèques

Les tablettes cunéiformes étaient entreposées dans des endroits prévus à cet effet dans les bâtiments où ils étaient rédigés. Les institutions disposaient de tels fonds de tablettes, et il s'en trouvait aussi dans des résidences privées de personnages exerçant des activités économiques importantes ou savantes. Parfois des salles étaient réservées aux archives. Les tablettes pouvaient être placées dans des paniers, des coffres, ou bien sur des étagères. On pouvait faire des classements d'archives administratives, mais aussi de production littéraire savante, comme dans le cas de la prétendue «  Bibliothèque d'Assurbanipal  », trouvée à Ninive , en fait plusieurs fonds de tablettes de palais et de temple. Les véritables « bibliothèques » ne semblent apparaître que tardivement. En fait, pour la majeure partie de l'histoire mésopotamienne, les sources sur la littérature mésopotamienne proviennent surtout du milieu scolaire dans lequel ces textes étaient copiés dans le cadre de l'apprentissage des jeunes scribes [ 128 ] .

Production écrite

L'écriture est sans doute créée à l'origine pour des besoins de gestion et de comptabilité, puis progressivement ses usages se diversifient, aboutissant à l'apparition de divers genres de textes [ 129 ] .

La production écrite mésopotamienne qui nous est parvenue est constituée en grande majorité de textes de nature administrative et comptable. Il s'agit souvent d'enregistrement d'opérations simples, concernant l'agriculture, l'élevage, des distributions de rations à des travailleurs, les entrées et sorties de produits de magasins, parfois des documents plus complexes comme des bilans et des estimations prévisionnelles. Leur niveau d'écriture est simple, reposant avant tout sur des logogrammes et des signes numériques.

À côté de cela, on trouve des textes de la pratique plus élaborés : des contrats (de prêt, de vente, de location) [ 130 ] ou des lettres [ 131 ] . Ils sont un apport inestimable pour aider à mieux approcher la vie quotidienne des anciens mésopotamiens.

Les textes savants sont minoritaires en quantité. D'abord circulant sous des formes diverses, ils connaissent dans le courant du II e  millénaire av. J.‑C. une processus de standardisation, aboutissant à la constitution de textes constituant la base du savoir mésopotamien, généralement composés de plusieurs tablettes, et connus par un titre qui est leur incipit , les premiers mots de leur première tablette ; par exemple le texte médical Sakikkû , « Symptômes ». Ils se composent en premier lieu de listes lexicales , genre de texte qui se développe dès les débuts de l'écriture. C'est une forme de lexicographie : ce sont des énumérations de signes, classés selon un principe pré-défini, et souvent divisées en un nombre variable de colonnes, expliquant un signe ou un terme déterminé. Il en existe un nombre extrêmement varié : syllabaires, vocabulaires, listes thématiques, listes bi- ou trilingues (donnant la traduction d'un mot dans plusieurs langues), etc. Elles servent beaucoup pour l'apprentissage de l'écriture et des métiers lettrés. Aux époques récentes, elles peuvent comprendre plusieurs dizaines de tablettes et des milliers d'entrées [ 132 ] Les corpus de textes savants sont aussi constitués de textes techniques destinés à l'apprentissage et l'exercice de certaines fonctions, avant tout rituelles (chants liturgiques, divination, exorcisme, magique), mais aussi mathématiques, juridiques, etc. [ 133 ] Les lettrés mésopotamiens ont développé au fil du temps des textes techniques de plus en plus complexes, que les historiens désignent comme des « séries ». Les textes astronomiques qui se développent plus tardivement circulent sous des formes propres (rapports d'observation, « éphémérides », « almanachs », etc.).


Exemples de textes rituels et savants.

Les « belles lettres » mésopotamiennes sont moins nombreuses en quantité. Elles comprennent d'abord un ensemble de textes rangés dans la catégorie des sagesses (ou littérature sapientiale ), qui peuvent être des recueils de proverbes ( Instructions de Shuruppak ), de débats savants (des «  tensons  », caractéristiques de la littérature en sumérien) ou des récits argumentés plus élaborés rappelant le Livre de Job ( Ludlul bēl nēmeqi , « Je loue le Seigneur de sagesse »). Certains ont une aspect comique. Les mythes et épopées mésopotamiens comprennent un nombre varié de récits, comprenant des récit de création, des combats divins et héroïques. Parmi les mythes sumériens les plus élaborés, on peut citer Lugal-e (« Ô Roi ! ») qui relate les affrontements du dieu Ninurta contre une armée de monstres de pierre, et la Descente d'Inanna aux Enfers dans lequel la déesse Inanna cherche à devenir la reine des Enfers, sans succès ; ce mythe connaît plus tard une traduction raccourcie en akkadien. Les textes épiques sumériens mettent souvent en scène des rois d'Uruk ayant acquis un statut légendaire ; le plus important d'entre eux est Gilgamesh , dont la tradition épique est refondue dans la première moitié du II e  millénaire av. J.‑C. dans un récit unique, l' Épopée de Gilgamesh , qui connaît sa version définitive à la fin du même millénaire (sous le titre ša nagba īmuru , « Celui qui a tout vu », là encore son incipit). Les savants babyloniens de la même époque élaborent également des récits mythologiques complexes, en premier lieu Enūma eliš (« Lorsqu'en haut »), qui raconte comment le dieu babylonien Marduk est devenu le roi des dieux.

Un autre genre que l'on peut distinguer est celui des inscriptions et textes royaux. Ce sont des textes produits par les rois, destinés à célébrer leurs grandes œuvres. Les perdants ayant rarement l'occasion de se faire entendre, ce sont le plus souvent les vainqueurs qui ont la parole. Ce genre de textes va de l'inscription de fondation, jusqu'à des récits plus élaborés comme les Annales royales assyriennes [ 134 ] . Les événements historiques sont également rapportés dans des chroniques historiques, développant une historiographie mésopotamienne, entremêlant souvent événements réels et éléments légendaires, d'un point de vue généralement biaisé. Plusieurs présentent une vision du monde dans laquelle l'exercice de la royauté est déterminée par les volontés divines, et se transmet généralement suivant un principe cyclique depuis des temps anciens (vision qui ressort notamment de la Liste royale sumérienne ). Ce genre connaît un important développement aux périodes récentes, devenant parfois une sorte de littérature de propagande [ 135 ] .

Religion

Les dieux

Les dieux mésopotamiens ( dingir / ilu(m) ) sont les véritables maîtres du monde, des êtres supérieurs gouvernant les destinées humaines [ 136 ] . C'est avant tout le cas des principaux dieux des panthéons mésopotamiens, qui fonctionnent un peu à l'image des communautés humaines dirigées par des rois et leur entourage. Ils ont en général un attribut principal, parfois plusieurs :

À partir de la fin du II e millénaire av. J.-C. , les dieux « nationaux » Marduk à Babylone et Assur en Assyrie prennent la position de dieu souverain, à la place d' Enlil .

Le culte divin

Il y a plusieurs récits de création des humains par les dieux ( anthropogonies ) en Mésopotamie, qui ont pour point commun d'expliquer que les dieux ont créé les humains de manière à en faire leurs esclaves/serviteurs chargés de leur entretien. De manière concrète, cet entretien passe par le culte qui est rendu aux dieux dans ce qui est considéré comme leur résidence, le temple. Les personnes pieuses sont en principe assurées de la bienveillance divine à leur égard. En revanche, quiconque offenserait les dieux se place sous la menace d'une punition divine : maladie, disgrâce, difficultés économiques, etc. [ 137 ]

Les temples sont considérés comme étant les résidences terrestres de leur divinité principale, et souvent de leur entourage (parèdre, enfants, personnel divin). Ils portent d'ailleurs le même nom que les résidences humaines (É en sumérien, bītu(m) en akkadien). Les plus importants sont également souvent flanqués d'une tour à étages ( ziggurat ), monument emblématique de la civilisation mésopotamienne, passé à la postérité grâce au récit biblique de la Tour de Babel . Les temples sont constitués d'une cella , salle abritant une statue divine, représentation terrestre qui garantit la présence de celle-ci en ce lieu [ 138 ] . Elle est accompagnée d'un riche mobilier (meubles, bijoux, chars, bateaux), le « trésor » du temple, et dispose de nombreux serviteurs, membres du clergé dont plusieurs ont le privilège de pouvoir accéder à l'espace le plus sacré de la résidence divine, l'accès aux temples étant interdits au peuple. Les plus grands temples bénéficiaient des faveurs royales, puisque les souverains humains avaient pour fonction d'assurer la pérennité du culte divin, aussi leurs inscriptions commémoratives concernent souvent leurs actes pieux, aussi bien des offrandes que des travaux dans des temples. A contrario la perte d'un temple, notamment après une défaite militaire et sa mise à sac, avec dans le pire des cas la capture de la statue divine, est considérée comme le déshonneur suprême et le symbole de la perte des faveurs divines. Parce qu'ils doivent assurer le très coûteux entretien des dieux (et leur personnel), les temples sont aussi des agents économiques de premier plan : ils bénéficient de dotations en terres, abritent aussi parfois des ateliers, et montent des opérations commerciales.

Concrètement le culte divin repose avant tout sur leur entretien alimentaire du dieu dans sa maison-temple, par le biais d'offrandes quotidiennes, divisées en plusieurs repas [ 139 ] . Il convient aussi de purifier les statues et le mobilier divins, de les réaliser ou les réparer. Les domaines des temples (champs, ateliers, cuisines, etc.) et les présents des dévôts pourvoient à ces besoins. Les calendriers rituels sont également marqués par des fêtes qui reviennent à des intervalles réguliers, et sont plus somptueuses que les rituels quotidiens [ 140 ] . Parfois les statues divines sont sorties des temples, pour des processions et des rituels réalisés dans d'autres endroits.

Le personnel officiant dans les temples est logé à proximité de celui-ci, dans des dépendances. Le personnel est divisé entre membres chargés de son administration, et d'autres qui s'occupent de la partie rituelle, l'entretien quotidien des divinités, avant tout par les offrandes. En fonction de la tâche à accomplir lors des rituels, diverses spécialisations existent. Les prêtres sont souvent des lettrés, qui suivent parfois de longues études. Certains son de véritables savants, principaux dépositaires des savoirs mésopotamiens, ils assurent la survie de cette culture jusqu'aux débuts de l'ère chrétienne. Certaines catégories de prêtres (devins, exorcistes et astrologues) exercent en dehors des temples et notamment dans le cadre du palais royal. Le souverain a besoin de leur aide puisque la fonction royale est aussi une fonction religieuse (le roi étant parfois lui-même considéré comme un prêtre). Il existe aussi un clergé féminin, moins nombreux. Certaines de leurs membres vivent dans une résidence spécifique, et ne peuvent pas toujours en sortir, même si elles disposent parfois de la possibilité de mener leurs propres affaires (par des achats de terrain notamment) [ 141 ] .

Divination, prières, magie

Certains prêtres mésopotamiens pratiquaient la divination , qui permettait de mieux connaître les volontés divines, ce qui devait notamment faciliter l'action politique en prévoyant l'issue future d'une décision gouvernementale ou militaire, l'opportunité d'un rituel, et au quotidien permettre de déterminer l'origine d'un mal auquel on attribuait une origine surnaturelle. Cela explique pourquoi les devins occupaient une place importante dans la société mésopotamienne, en particulier dans les cercles du pouvoir. Pour cela on avait recours à plusieurs méthodes reposant sur les divers moyens de communication avec le divin : le foie ou les entrailles d'un agneau sacrifié ( hépatoscopie et extispicine), les positions et mouvements des astres ( astrologie ), les rêves ( oniromancie ), le jet d'huile dans l'eau ( lécanomancie ), la fumée d'encens ( libanomancie ), etc. et plus largement un peu tout ce qui sortait de l'ordinaire [ 142 ] .

Une fois les volontés divines, ou même quand on n'était pas parvenu à les déceler et quelles restaient impénétrables, il était possible de les influencer par le biais de prières adressées aux dieux. Il en existait une grande variété, comme les « chants pour calmer le cœur (d'un dieu) » ou les prières « à main levée », geste habituel de prière en Mésopotamie. Dans les cas les plus élaborés, notamment dans les rituels officiels, ces chants pouvaient être déclamées par des prêtres spécialisés, les lamentateurs et les chantres, qui les accompagnaient de musique et de danses pour avoir un impact plus fort sur le cœur des dieux qu'on souhaitait apaiser ou amadouer [ 143 ] .

Plus largement l'interaction avec le divin et sa « manipulation » impliquait un ensemble de rituels et d'objets à caractère magique, qui, combinés avec les chants et les prières, permettaient de combattre un mal dû à une punition divine, à un mauvais génie, des spectres vengeurs ou un acte de sorcellerie commis par un autre humain. Les exorcistes qui prenaient en charge ces rituels étaient parmi les savants les mieux considérés de la Mésopotamie antique, devant, souvent de concert avec un devin, déterminer l'origine du mal puis prendre les mesures appropriées, qui pouvaient être très diverses, allant de la confection d'amulettes ou de statuettes protectrices (comme celles représentant et invoquant le démon protecteur Pazuzu ), la déclamations d'incantations au sens parfois obscur (des sortes d'abracadabra) jusqu'à l'élaboration de préparations médicales avec l'aide d'un spécialiste de pharmacologie et de médecine (voir plus bas), tous les moyens étant bons pour vaincre le malheur [ 144 ] .

Croyances et pratiques funéraires

Sciences et techniques

Mathématiques

Le système numérique employé par les Mésopotamiens repose sur une base sexagésimale (base 60), avec quelques aspects d'un système décimal [ 145 ] . Les systèmes de mesure (de longueurs, de surfaces, de capacités) employaient chacun leur propre système de numération [ 146 ] . Pour apprendre les mathématiques, les scribes disposaient de listes métrologiques, tables de multiplications et d'inverses (employées pour la division), d'extractions de racines carrées, et de problèmes. Dans le domaine de l' algèbre , on connaît de nombreuses tablettes de résolution d' équations du second degré , employant un raisonnement géométrique s'apparentant à la méthode de la complétion du carré , ou de troisième degré. La géométrie est très marquée par le raisonnement arithmétique [ 147 ] .

Astronomie

Tablette circulaire représentant un planisphère céleste indiquant la position des constellations observées la nuit du 3 au 4 janvier 650 av. J.C. autour de Ninive  : le planisphère est divisé en 8 parties, dans lesquelles sont réparties des constellations. British Museum .

La séparation que l'on effectue entre astronomie et astrologie est inconnue des Anciens mésopotamiens, comme pour beaucoup d'autres peuples avant l'époque moderne. Les connaissances astronomiques des Mésopotamiens atteignent un très haut niveau durant le I er millénaire av. J.-C. , époque durant laquelle les astronomes « Chaldéens » sont réputés jusqu'en Grèce . Les Mésopotamiens mettent au point le principe de la division de la voûte céleste entre douze signes du Zodiaque , qui sont sensiblement les mêmes que les nôtres. De la même manière, ils ont déjà nommé de nombreuses constellations et connaissent cinq planètes ( Mercure , Vénus , Mars , Jupiter et Saturne ). Au I er millénaire av. J.-C. , les prêtres astronomes babyloniens ont compilé de longues séries de relevés de phénomènes astraux, courant sur plusieurs siècles. En les interprétant, ils établissent des éphémérides pour tous les astres observables, et réussissent presque à prédire des éclipses , dont ils ont repéré l'aspect cyclique. Ils ont également mis au point les premiers modèles mathématiques astronomiques prédictifs [ 148 ] .

Médecine

La médecine mésopotamienne est difficilement dissociable des pratiques curatives relevant de la magie et de l'exorcisme, qui étaient toutes imbriquées. Pour les Mésopotamiens, la maladie est une malédiction envoyée par les dieux. Maîtres de tous les humains, ceux-ci, lorsqu'ils sont insatisfaits par le comportement de certains d'entre eux, les punissent en envoyant des « démons » qui les rendent malades, à moins qu'ils ne se chargent eux-mêmes de la tâche. Guérir un malade peut donc requérir des pratiques comme la magie et la médecine empirique, qui à nos yeux sont différentes, mais qui sont vues comme complémentaires. De longs textes techniques listent des diagnotics et des remèdes. Ils s'appliquent à de multiples domaines : gynécologie , ophtalmologie , odontologie , massages, problèmes respiratoires, jusqu'à des cas psychiatriques . On dispose aussi d'une longue liste de recettes pharmacologiques [ 149 ] .

Arts visuels

L'art des sceaux

La glyptique est pour ce qui concerne la Mésopotamie l'art figurant sur les sceaux (cachets), puis les sceaux-cylindres (à partir de la période d'Uruk ), généralement taillés dans de la pierre, qui comprend de nombreuses indications sur l'univers mental des anciens Mésopotamiens. Les sceaux existent dès le Néolithique tardif, servant pour l'authentification de transactions ou de scellements de magasins ou de jarres, puis ils deviennent de plus en plus importants avec le développement des institutions, des opérations économiques, et des actes juridiques écrits : son application sur un support d'argile est donc une sorte de signature . Ces sceaux servent donc à identifier une personne, et ont sans doute également une fonction magique, puisqu'ils peuvent être portés comme des amulettes. Aux images sont souvent associées des inscriptions permettant d'identifier leur possesseur, qui prennent parfois la forme de prières assez longues. La thématique des représentations est généralement religieuse : au III e  millénaire av. J.‑C. ils représentent souvent des banquets et autres rituels religieux, aussi des scènes mythologiques, puis dans les derniers siècles de ce millénaire apparaissent les scènes dites de présentation, représentant un personnage humain (le détenteur du sceau ou un roi) emmené par une divinité protectrice devant un dieu de rang supérieur (parfois un roi divinisé) ; par la suite les scènes mythologiques (notamment des combats de héros et d'animaux mythiques) et rituelles (notamment des offrandes devant des autels) restent courantes. Dans la seconde moitié dè I er  millénaire av. J.‑C. les sceaux-cachets redeviennent la forme dominante [ 150 ] .

Figurines et plaques en terre cuite

Sculpture sur pierre

La sculpture sur pierre est développée dès le Néolithique. La culture de Samarra (v. 6200-5700 av. J.-C.) a ainsi vu la réalisation de statuettes en albâtre rappelant celles modelées dans de l'argile à la même période. La période d'Uruk finale (v. 3200-3000 av. J.-C.) voit le développement d'une statuaire, servant pour représenter le pouvoir politique (le « roi-prêtre »), et une première forme de narration sur bas-reliefs apparaît sur le vase d'Uruk , représentant sur plusieurs registres une procession d'offrandes tournées vers une divinité (sans doute la déesse Inanna ) [ 151 ] .

Durant la période des dynasties archaïques au III e  millénaire av. J.‑C. la statuaire en albâtre représentant des personnages en position de prière se répand, et elle est très bien documentée grâce aux trouvailles effectuées sur les sites de la vallée de la Diyala [ 152 ]  : ces objets, déposés dans des temples auprès des divinités, permettent de faire en sorte que les suppliques leur soient adressé en permanence, puisqu'on considérait qu'une statue recelait une parcelle de la personne qu'elle représentait. Des stèles perforées sculptées, représentant aussi des scènes pieuses, sont une autre forme d'art votif caractéristique de la période [ 153 ] . Durant la même période l'art narratif se développe, et on commence à y associer des inscriptions, profitant du développement de l'écriture (ce qui permettait de transmettre le sens de l'image à la postérité, et aussi de s'adresser aux dieux), comme dans la stèle des vautours d' E-anatum de Lagash (v. 2400 av. J.-C.) célébrant une victoire militaire sur plusieurs registres [ 154 ] .

De la période d'Akkad (v. 2340-2190 av. J.-C.) date l'une des plus remarquables stèles sculptées de la Mésopotamie, la stèle de victoire de Naram-Sîn , commémorant une victoire de ce souverain, dans une région montagneuse, composition marquée par la verticalité, dominée par un souverain qui a acquis un statut divin [ 155 ] . La statuaire de la période néo-sumérienne (v. 2150-2000 av. J.-C.) est surtout connue par les nombreuses statues en diorite représentant le roi Gudea de Lagash, commémorant ses actes pieux, notamment la restauration du temple du dieu Ningirsu [ 156 ] .

La première moitié du II e  millénaire av. J.‑C. voit la poursuite de ces formes d'art. Une statuaire royale remarquable se développe à Mari sous a dynastie des šakkanakku , et il devait en exister une similaire en Basse Mésopotamie, connue par des fragments de statues [ 157 ] . Les stèles sculptées représentent des scènes de victoire ou des représentations pieuses, comme celle de la stèle du Code de Hammurabi qui s'inspire des scènes de présentation de la glyptique [ 158 ] . Durant la seconde moitié du II e  millénaire av. J.‑C. se développent les stèles appelées kudurru qui commémorent des donations de terres et de privilèges et plus largement des actes juridiques qui y sont reproduits, et associent le texte à des images pieuses, notamment des symboles divins, et des représentations des personnes parties à l'acte [ 159 ] .

La période néo-assyrienne (934-609 av. J.-C.) est caractérisée par le développement de l'art des bas-reliefs sur orthostates, repris de l'art syro-anatolien, qui sert avant tout à orner les palais des capitales ( Nimroud , Khorsabad , Ninive ), et constitue un très riche champ d'étude. Y sont représentés les triomphes militaires assyriens, illustrant ainsi les inscriptions royales (qui y sont souvent reproduites) et n'évitant pas plus que ces dernières les détail macabres, censés inspirer le respect des vaincus devant la puissance assyrienne, également des chasses qui mettent en exergue la puissance du roi triomphant sur le monde sauvage, des génies ailés, et aussi des scènes de construction. Ces bas-reliefs sont associés aux fameux taureaux et lions androcéphales ailés, et parfois à des lions, génies assurant une protection magique aux édifices. La sculpture assyrienne comprend également des bas-reliefs sur roche et sur des stèles (par exemple l' obélisque noir de Salmanazar III ) et des statues royales [ 160 ] .

Un art apparenté, ayant reçu ses influences et l'ayant influencé, mais plus marqué par le style artistique syro-anatolien, se développe aussi dans les royaumes araméens de la même période, comme l'attestent les nombreux bas-reliefs sur stèles et orthostates et statues mis au jour sur l'acropole de Tell Halaf (seconde moitié du IX e  siècle  av. J.-C. ) [ 161 ] .

En Babylonie la réalisation de kudurru et autres stèles sculptées (notamment la « tablette du dieu-soleil ») se poursuit jusqu'à l' empire néo-babylonien , après quoi la sculpture sur pierre se fait rare. Le dernier type de sculpture qui se développe, durant la phase tardive, sont un nouvel avatar de la longue tradition des statuettes féminines en albâtre, sans doute souvent des représentations de déesses, avec des incrustations en pierre précieuse, et un style reflétant des inspirations grecques [ 162 ] . L'art de Hatra au II e  siècle ap. J.-C. est quant à lui très marqué par les influences gréco-romaines et parthe, bien que de nombreux éléments de continuité avec les traditions mésopotamiennes existent.

Sculpture et objets en métal

Bien que venant d'un pays où l'on ne trouvait pas de minerai, les artisans métallurgistes mésopotamiens ont développé au moins dès le III e  millénaire av. J.‑C. une grande maîtrise technique. Ils pratiquaient le martelage à froid de feuilles de métal permettant de réaliser de la vaisselle en or, argent ou cuivre, et la fonte dans des moules, notamment suivant la technique de la cire perdue (illustrée par une remarquable statue de monarque de la période d'Akkad provenant de Ninive ), employée pour réaliser des sculptures (généralement en cuivre ou en bronze, parfois en or) mais aussi des armes d'apparat, bijoux, amulettes et autres objets précieux ou magiques (voir plus bas) [ 163 ] . Cependant les objets en métal connus sont peu nombreux, car ils ont en général été refondus dans l'Antiquité [ 164 ] .

Orfèvrerie

L' orfèvrerie est assez peu représentée pour les mêmes raisons que la métallurgie, mais des bijoux de grande qualité ont été mis au jour, en particulier dans les tombes royales d'Ur (v. 2500 av. J.-C.) et les tombes des reines de Nimroud ( IX e  –  VIII e  siècle av. J.-C. ). Les représentations de bijoux sur des bas-reliefs complètent la connaissance de ce domaine de l'art mésopotamien. Les orfèvres mésopotamiens étaient passés experts dans la réalisation de feuilles en or, employaient les techniques du filigrane et de la granulation pour décorer des bijoux tels que des bagues, réalisaient des parures alliant pierres et métaux précieux (or, argent, lapis-lazuli, cornaline, etc.) [ 163 ] .

Architecture

La brique d'argile

Pour des raisons géologiques (plaine alluviale), la matière de base utilisée pour réaliser des bâtiments en Mésopotamie n'est pas la pierre mais l' argile . On s'en sert pour réaliser des briques crues, en la mélangeant avec des matières végétales. À cette fin, des moules à briques sont mis au point et utilisés à partir du VI e  millénaire av. J.‑C. , permettant d'obtenir des formes standardisées, souvent adaptées à des usages précis. Exceptionnellement, les briques sont cuites dans des fours, ce qui les rend extrêmement solides, alors que celles en argile crue ont tendance à s'effriter. On se sert de ces briques cuites pour les revêtements extérieurs des monuments les plus importants (temples, palais, portes), ce qui explique leur meilleure préservation, même si le revers de cette solidité est qu'ils ont pu servir de carrière après leur abandon [ 165 ] .

Plusieurs régions mésopotamiennes disposent également de pierre, notamment au nord comme l'attestent les décors sculptés des palais assyriens. Au sud le roseau est souvent employé, que ce soit pour réaliser des chaînages, cordages, nattes renforçant les constructions en brique d'argile, ou en tant que matériau principal pour la construction de huttes. Le bois est disponible mais peu employé, les essences originaires de Mésopotamie n'étant pas très utiles pour la construction [ 166 ] .

Résidences

Cour intérieure du palais de Zimri-Lim à Mari , Haute-Mésopotamie, XVIII e  siècle  av. J.-C.

Trois types de résidences peuvent être distinguées: celles des gens du peuple, celles des dirigeants (les palais), et celles des dieux (les temples). Elles portent le même nom : É en sumérien , bītu(m) en akkadien . Elles fonctionnent d'ailleurs selon un même principe, puisqu'elles s'organisent généralement autour d'un espace central, et sont renfermées sur elles-mêmes (et non ouvertes vers l'extérieur).

Les résidences classiques peuvent avoir un étage. Elles varient en fonction des moyens financiers de leur propriétaire, et de la taille de la maisonnée. La plupart ont un espace central (couvert ou pas), d'autres sont constituées d'une suite de salles. On constate l'habitude fréquente d'enterrer les morts de la famille sous les résidences où ils ont vécu.

Les palais sont à l'origine construits comme des maisons, en plus vastes, avec parfois là aussi un étage. Ils finissent par prendre plus d'espace, et à avoir un espace plus complexe. Leur plan est néanmoins très variable d'un endroit à l'autre. Les zones sont généralement différenciées : espace résidentiel (avec un harem ), salle de réception, magasins, salles administratives, etc.

Les temples sont traditionnellement considérés comme ayant trois parties principales : un vestibule, une antichambre, puis le « saint des saints » abritant la statue de la divinité principale. Ces édifices sont organisés selon le même principe qu'une résidence normale, à savoir autour d'un espace central, ils ouvrent parfois sur des magasins et des bâtiments administratifs, ou bien des bibliothèques. Les temples les plus importants disposent de grandes dépendances, en fonction de leur richesse économique et de l'importance numérique de leur personnel.

Cuisine et gastronomie

Notes et références

  1. P. Villard, « Mésopotamie », dans Joannès (dir.) 2001 , p.  525-526. (en) J. J. Finkelstein, «  Mesopotamia  » , Journal of Near Eastern Studies , vol.  21,‎ , p.  73–92
  2. D. Charpin , Comment peut-on être assyriologue ? , Paris, , p.  24-25  ; il renvoie à A. Parrot, «  La civilisation mésopotamienne  », Revue d'Assyriologie et d'archéologie orientale , vol.  31, n o  4,‎ , p.  180-189 comme article déterminant dans cette évolution terminologique.
  3. Par exemple Hrouda 1997 , p.  7 et P. Villard, « Mésopotamie », dans Joannès (dir.) 2001 , p.  525.
  4. Par exemple Van de Mieroop 2007 (justifié p. 2).
  5. C'est le cas de Lafont et al. 2017 .
  6. Par exemple Foster et Polinger-Foster 2009 .
  7. X. Faivre, « Haute Mésopotamie », dans Joannès (dir.) 2001 , p.  375-376
  8. F. Joannès, « Babylonie », dans Joannès (dir.) 2001 , p.  115-117
  9. B. Lion, « Akkad », dans Joannès (dir.) 2001 , p.  22
  10. C'est le cas de Potts (dir.) 2012 pour les périodes antérieures au Bronze récent.
  11. Par exemple Kramer 2009 , Sumer 1999-2002 , Crawford (dir.) 2013 .
  12. Frahm (dir.) 2017
  13. Par exemple Leick (dir.) 2007 , Beaulieu 2017 .
  14. Glassner 2002 , p.  7 : « Du reste, cachées derrière ce terme unique ( Mésopotamie ), ce ne sont pas moins de trois cultures, fort dissemblables et toutefois très proches, qui se laissent découvrir par l'observateur : celle de Sumer, en Irak méridional, qui fleurit entre le IV e et le début du II e millénaire ; celle de Babylone, au cœur de la plaine alluviale, qui s'épanouit aux II e et I er millénaires ; celle, enfin, de l'Assyrie, plus au nord, à l'est du cours moyen du Tigre et sur les premiers contreforts du Zagros, qui brille également aux II e et I er millénaires. Des sensibilités différentes les séparent ainsi que des façons spécifiques de se voir dans le monde, même si des références textuelles communes, souvent, les unissent. » . A. Thomas dans Thomas (dir.) 2016 , p.  17 : « Selon les époques, les régions de ce pays ont ainsi reçu différentes appellation telles que Haute Mésopotamie ou Assyrie au nord, « Akkad », « Sumer », « Babylone » ou « Chaldée » au sud. Ces multiples strates composent ce qu'on appelle aujourd'hui la civilisation davantage que les civilisations de l'ancienne Mésopotamie. En effet, au-delà de son métissage, la Mésopotamie n'en fut pas moins unie par sa culture et ses croyances, bien qu'elles-mêmes soient en constante évolution au fil de sa très longue histoire. »
  15. Van de Mieroop 2007 , p.  1-3 ; Liverani 2014 , p.  3-5
  16. Notamment Sasson (dir.) 1995 .
  17. Par exemple D. Parayre ( dir. ), Les animaux et les hommes dans le monde syro-mésopotamien aux époques historiques , Lyon, Maison de l'Orient Méditerranéen-Jean Pouilloux, coll.  « Topoi. Orient-Occident. Supplément » ( n o  2), ( lire en ligne ) .
  18. (en) K. Radner et E. Robson (dir.) , The Oxford Handbook of Cuneiform Culture , Oxford, Oxford University Press ,
  19. Van de Mieroop 2007 , p.  3
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  21. Paul Sanlaville , Le Moyen-Orient arabe, Le milieu et l'homme , Paris, Armand Collin , , p.  98-112
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Bibliographie

Introductions

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Proche-Orient ancien

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Civilisations et royaumes de la Mésopotamie

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  • Jean-Louis Huot , Une archéologie des peuples du Proche-Orient : tome I, des peuples villageois aux cités-États ( X e - III e millénaire av. J.-C.) , Paris, Errance,
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Religion et savoirs

Recueils de textes

  • Jean Bottéro et Samuel Noah Kramer , Lorsque les Dieux faisaient l'Homme , Paris, Gallimard , coll.  « NRF »,
  • (en) William W. Hallo (dir.) , The Context of Scripture , Leyde et Boston, Brill,
  • Samuel Noah Kramer , L'histoire commence à Sumer , Paris, Flammarion , coll.  « Champs »,

Voir aussi

Articles connexes

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