Peuls
Peuls Wodaabes du Niger
Peuls Wodaabes du Niger
Populations significatives par régions
Mauritanie   Mauritanie
Sénégal   Sénégal
drapeau de la Guinée   Guinée
Mali   Mali
Burkina Faso   Burkina Faso
Niger   Niger
Nigeria   Nigeria
Cameroun   Cameroun
Bénin   Bénin
Population totale
10 millions [ 1 ]
Langue(s)
Pulaar
Religion(s)
Islam
Groupe(s) ethnique(s) relié(s)
Toucouleurs

Les Peuls constituent une ethnie présente dans une quinzaine de pays, en Afrique de l'Ouest , mais également au Tchad , en République centrafricaine et au Soudan – une implantation géographique liée aux besoins des troupeaux de zébus et de chevaux, que la plupart élevaient à l'origine. D'abord nomades , beaucoup se sont sédentarisés. Ils se sont également convertis à l' islam en grand nombre. Dispersion et mobilité ont favorisé les échanges et les métissages avec d'autres populations. La question de l'origine des Peuls et celle de leur identité , pas uniquement liée à la langue peule ( pulaar ), continuent de faire débat.

Sommaire

Dénomination

Les Peuls s'appellent eux-mêmes fulbé ou pulla (pluriel). Les termes fula , fulbé , foulbé , fulani , foute sont des termes attribués par d'autres ethnies d'après les Peuls eux-mêmes. Fulla « érrants » (' Pullo au singulier).

En langue peule , la racine pul (« se réaliser » et non pas « être ») suppose que l'identité requiert un « travail » sur soi. La racine d'origine viendrait de l'Inde : pul « mélangé », « qui voyage », « qui vient de loin » ; et qui donnera à l'époque védique Pulastya « Sage aux cheveux lisses », Pulaha « Poil-Hérissé (figures mythologiques de l'Inde ancienne), ne concernerait pas seulement des personnes mais des « catégories » de personnes [ 2 ] .

« Peul » est le terme le plus utilisé dans les textes contemporains en français. Dans le passé, on l'orthographiait plutôt « Peulh » mais cette forme subsiste parfois et l'on rencontre également « Peuhl ». En allemand, Ful ou Fulen ; en anglais, Fulani ; en arabe, Fulani ; en wolof , pë'l qui désigne ce peuple [ 3 ] .

Population

Éleveurs peuls du Gourma, sud de Gao , Mali

Les Peuls, ainsi que les Wodaabes (Bororos), sont une ethnie de nomades et semi-nomades vivant en Afrique régions sud sahel : Mauritanie , Sénégal , Guinée , Mali , Burkina Faso , Niger , Nigeria , Cameroun , Tchad , Soudan .

Au Mali, les Peuls, principalement implantés dans la région de Mopti , constituent la deuxième ethnie après les Bambaras . La Mauritanie, le Mali, le Sénégal et la Guinée sont des pays a forte population peule.

Les Peuls sont traditionnellement des nomades, essentiellement des éleveurs transhumants de vaches zébus et de chevaux (boucle du Niger / Basse-Égypte )

Les anciennes ethnies assimilées qui parlent le peul sont appelées Haal Pulaaren . Ceci concerne, entre autres, les Haoussa , les Sérères , les Soninkés , Mandingues , Wolofs

Origines et histoire

Selon Henri Lhote [ 4 ] , les Peuls seraient originaires de la haute vallée du Nil  : Haute-Égypte , Nubie et Éthiopie . Les peintures rupestres de bovins permettent de suivre l'avancée de ce peuple, puisque c'est lui qui apporte la technique de représentation dans le Sahara . Arrivé en Mauritanie et au Sénégal , les traces deviennent plus difficiles à suivre : les grottes et rochers permettant la reproduction sont plus rares. Les Peuls auraient introduit l'élevage bovin et équin en Afrique.

Si les peintures rupestres permettent de suivre « l'avancée » de ces prétendus Peuls en Afrique de l'Ouest, elles n'ont jamais permis d'expliquer leur arrivée sur le continent. Les remarques d'Henri Lhote, d'abord contestées par de nombreux spécialistes, ne peuvent concerner que les images des chars dits à « spirales » du II e millénaire avant notre ère qui étaient des motifs prisés par les Égéens et sans doute repris par des Libyens pour servir au prestige d'aristocraties locales. Ces mêmes chars ont été retrouvés sur des tombes à fosse du cercle A de Mycène et au Péloponnèse [ 5 ] .

D'après leurs légendes orales, les Peuls sont un peuple venu d' Orient en Égypte ancienne sous l'ère des Ptolémées . D'abord fixés à l'Est de l'Afrique en particulier en Égypte et au Soudan, ils vont entreprendre une migration est-ouest, en traversant la région du Sahara , jusqu'à atteindre la vallée du fleuve Sénégal, cohabitant avec diverses ethnies comme les Soninkés , Wolofs , Sérères . À l'époque de l'empire du Ghana , certains vont donner naissance à l'ethnie toucouleurs, résultat du brassage ethnique entre Peuls et les ethnies citées, surtout Sérères dans le Tekrour . À partir du XIII e siècle, les Peuls commencent avec le nomadisme leur migration ouest-est, en atteignant les régions du Macina au Mali , du Foutah Djallon en Guinée , jusqu'à atteindre les régions du lac Tchad et le nord du Cameroun. C'est ainsi qu'ils se sont étendus sur une bonne partie de la bande sahélienne, du Sénégal au Soudan . Les Peuls vont résister durant trois siècles à l'avancée islamique. Certains seront convertis par Sékou Amadou aux alentours du XIX e  siècle et cette islamisation leur permettra d'avoir une certaine unité politique. Seuls les Peuls Bororos, « les bannis », en réchapperont. Les « convertis » fonderont alors un empire, l'Empire Peul du Macina au Mali, l'État du Fouta-Toro et le royaume Peul et Mandingue du Fouladou en Guinée , le Fouta-Djalon et au Nigéria , l' Empire de Sokoto , tous les États à part les deux Foutah, nés aux XIX e , ont été très éphémères, malgré cela c'est ce qui leur a permis, durant ce siècle, d'établir une certaine unité des fulbe , ce qui n'avait jamais été le cas avant. Les Peulhs aujourd'hui sont presque tous musulmans, on trouve des Peuls chrétiens inclus à l'intérieur de familles mulsumannes, les traditions animistes sont toujours présentes au quotidien. Les Peuls d'Afrique de l'ouest, ont été parmi les propagateurs de l' Islam sunnite, notamment avec des personnages de l'ethnie Tekrour (TorooBé ), comme Ousmane Dan Fodio, fondateur de l'empire du Sokoto, Sékou Amadou, fondateur de l'empire Peulh du Macina, et Amadou Lobbo Bari " Emir du Macina ", Muhammad Bello "sultan du Haoussa ", Modibo Adama, fondateur du royaume Peulh de l'Adamaoua. Les Peuls conquérants pratiquant le Djihad islamique sont souvent des familles peules sédentaires et métissées avec les populations avec lesquelles ils cohabitent (en particulier en Afrique de l'Ouest). Les Peuls se sont souvent mélangés a d'autres populations donnant ainsi naissance a de nombreuses ethnies : Les Toucouleurs (Tekrour), les Kourteï (Peuls- Sonrhais ), Les khassonkés (Peuls- Malinkés ), les ouassoulounkés(Peuls- bambaras ).

Culture

Village peul aux environs de Ndioum (nord du Sénégal )

Anthropologie

Du point de vue génétique, les Peuls appartiennent au phylum libyen . A l'origine ils avaient tous le teint clair " ranee ", presque basané, à cuivré ou, comme les Peuls le disent, bodeejo , qui désigne la couleur rouge. Après des métissages, des teints de peaux variés ont commencé à apparaître; d'ailleurs, les Peuls ont un vocabulaire élaboré, pour désigner les différentes teintes. À l'heure actuelle, on rencontre des Peuls avec différentes nuances de couleurs, allant du teint dit rouge au teint noir pur, appelé baleejo . Avec les nombreux brassages ethniques, on rencontre aujourd'hui, chez les Peuls, des individus de teints et traits de visage variés. Mais la « couleur de peau » n'est pas la seule de leurs caractéristiques, l'aspect longiligne à maigre, la finesse des traits et des attaches (chevilles, poignets), la grande taille, les yeux fluides en amande, les cheveux lisses, l'aspect «  europoïde  » en général, ont toujours intrigué les différents observateurs (voir résultats phylogénétique de Cavalli-Sforza confirmant l'origine "eurasiatique" et méditerranéenne de cette population [ 6 ] )

Héritage culturel

La transmission orale des traditions et des légendes est très importante chez les Peuls. Enseignée auprès des adolescents par les personnes les plus âgées et en particulier les femmes au travers de chants, de comptines. La langue est encore essentiellement orale et transmise par les femmes. Elles véhiculent l'histoire du peuple, ses exploits, ses rites et ses vertus.

Goût prononcé pour les langues, la poésie, les louanges, les épopées (joutes verbales : Kirlé au plur. ; Hiirdé au sing.), développement d'une littérature. La plupart des Peuls sont polyglottes. La beauté est recherchée, la probité, la sagesse, l'intelligence et la discrétion figurent parmi les règles à suivre du pulaaku , ces règles souples régissant la « pulanité ».

Artisanat

L'artisanat peul est également important : couvertures munja , bijoux en or et en fer, colliers en cuir et perles. La manufacture est l'affaire des « actants ». Les nomades Peuls ne sont pas artisans, ils passent des commandes chez les autochtones des pays qu'ils traversent. Les nomades fabriquent eux-mêmes les calebasses , les chapeaux coniques. Les Peuls sédentaires pratiquent l'artisanat, un artisanat typiquement peul, mais on peut trouver dans certaines zones des fusions de styles ethniques. Chez les Peuls sédentaires, il existe des castes d'artisans, les maboulé , qui sont des tisserands ; les wailoubé s'occupent des productions en métal, alors que leurs femmes pratiquent la poterie ; les garankobé s'occupent du cuir, les laobés travailleur du bois.

Parure d'une vieille femme peule (in Colonel Frey, Côte occidentale d'Afrique , 1890 )

Les hommes Peuls nomades portent le boubou , souvent de couleur bleu indigo , ils ont la tête enturbannée, comparable au litham des Touaregs , et portent un pantalon bouffant. Le chapeau conique est porté et souvent ils y accrochent une plume d'autruche. Les talismans ou gris-gris, sont portés pour se protéger des djinns . Les femmes portent le pagne , bleu indigo, et le boubou de couleur très foncée, parfois noire. Les Peuls sédentaires adoptent parfois le style des ethnies avec lesquelles ils cohabitent, chez les hommes le chapeau conique est porté, ils portent aussi des bonnets souvent de couleur blanche, le couffouné , parfois rond ou carré. Ils portent une courte tunique, par dessus laquelle ils mettent un grand boubou, souvent de couleur blanche, bleu foncé, le doloké . Les femmes portent le pagne, et le boubou, et attachent sur leurs têtes un mouchoir, moussor .

Les femmes Peules pratiquent le tatouage des lèvres et des gencives en indigo, des paumes de la main et des pieds. Elles percent leurs oreilles et y insèrent des anneaux d'or, ou des boucles d'oreilles d'or imposantes et torsadées. Elles mettent un petit anneau soit en or ou en argent aux narines. Les jeunes filles ont à leurs poignets et à leurs chevilles plusieurs anneaux d'argent ou de cuivre symbolisant leur richesse.

Traditionnellement, les hommes Peuls se tressent les cheveux, avec deux tresses qui descendent le long des tempes. Chez les sédentaires, certains laissent leurs cheveux longs, qu'ils enduisent de beurre de karité , beaucoup se rasent le crâne vers l'âge de 50 ans. Chez les femmes, l'art de la coiffure est très développé, pour la coiffure elles se servent de pièces de monnaie, de cauris , de beurre de karité, de perles. Les femmes sédentaires réalisent des coiffures en cimier . Les femmes bororos ramènent en chignon leurs cheveux à l'avant, le reste des cheveux sont sectionnés en plusieurs parties qu'elles tressent, et qui retombent sur les côtés de la figure et à l'arrière de la tête. Les coiffures sont nombreuses, en forme de losange, triangle, et plusieurs noms leur sont donnés. Malgré la diversité des coiffures chez les femmes Peules, le plus souvent les hommes et les femmes sont coiffés de la même façon. Les Peuls aux cheveux très lisses portent les cheveux courts, les femmes portent deux ou trois nattes simples avec un voile fin à l'arrière de la tête, simple ou richement décoré. Le "cheveu" est très investi chez les Peuls, et si leur nature le permet, la femme préfèrera les porter aussi longs que possible.Cependant,la coiffure féminine sera toujours "nattée" et couverte en public.

Le Pulaaku

Pulaaku  : « être" Peul » [ 7 ]

Le pulaaku [ 8 ] est « un ensemble de règles très subtiles » [ 9 ] , morales et sociales, un « code de comportements jugés spécifiquement Peul » [ 10 ] , voire « l'idéal projeté dans la manière d'être peul » [ 11 ] .

« Le pulaaku se retrouve chez tous les groupes Peuls, dans toutes les régions. C'est une preuve de stabilité de la catégorie et une première indication sur sa signification et sa fonction qui, manifestement ne relève pas seulement du besoin d'identification lié à des contextes historiques particuliers. Dans cette acception très générale, on peut parler de la « pulanité » en tant que conscience d'une identité durable, conscience unissant les Peuls, indépendamment de toute explicitation au niveau du contenu — Elizabeth Boesen [ 12 ] . »

L'Indianiste Stein ajoutera une note enrichie à la notion de segmentary State élaborée par Aidan Southall, à propos du pulaaku comme critère de sélection à chaque niveau de pouvoir. Il note par exemple, l'absence de « séniorité » (contrairement aux successions et élections des groupes africains et au groupe de culture moyen-orientale proches) mais à « l'empilement d'élection » par le conseil de même niveau et de confirmation ou d'intronisation par le niveau supérieur.

« Dès lors, la langue elle-même, serait le pivot de plusieurs champs de signification, au tuilage des sons correspondants aux glissements de sens et le chevauchement des institutions et des groupes. En témoigne le fait que dans les sociétés peules où la "mise en caste" est la plus poussée, les groupes sociaux sont moins cloisonnés que ne le laissaient penser les taxinomies étiques élaborées dans les années 60. [ 13 ] . »

Parmi ces valeurs peules figure la « suavité » beldum qui n'existerait que chez les Fulbe ( bele sey to Pullo ) et qui se concrétise non seulement dans leur hospitalité et leur générosité, mais dans tout leur comportement.

On observe également une réticence à dire « non » ( e woodi ). C'est ainsi qu'un Peul n'opposera jamais un « non » ferme, il dira «  e woodi  » (c'est bien). Or, quand un Peul donne gentiment son accord, cela ne veut souvent pas dire grand-chose. Ils décrivent leur comportement comme étant forcé : le sentiment de honte, leur pudeur ( semteende ) ne leur laisse pas le choix. Le comportement peul n'aurait en quelque sorte aucun rapport avec autrui, mais avant tout avec lui-même.

La vie nomade a développé un caractère indépendant et une hypersensibilité ne favorise pas le contact avec autrui.

La société peule est fortement hiérarchisée : l'aîné est respecté et même craint.

Les formules de politesse et les règles du savoir-vivre sont nombreuses et très importantes : le vouvoiement est de rigueur.

Enfin, les yeux ( yitèrè ) ont une grande importance et les Peuls n'aiment pas être confrontés à leur image, ni même que l'on en discute. C'est un trait caractéristique que l'on observe également à des degrés divers dans la civilisations africaine, de l' Égypte pharaonique à l' Afghanistan . Le fait de se montrer (photos, films) n'a pas de valeur dans cette culture.

Organisation politique et intégration spatiale

On décrit parfois les Peuls comme « foncièrement individualistes ». « Être Peul », ce serait être libre. Se réaliser en effet, ne peut se faire ni sous le joug de, ni sous la séduction de, ni même sous les conseils de.... La « pulanité » est autonome. Il n'y a pas de communautarisme chez les Peuls, mais il y a des revendications culturelles et identitaires, des clans, des individualités, des groupes épars. Le chef ou une autorité quelconque, est élu à la participation active. On observe ainsi une alternance politique (Fouta-Djallon) au XVII e  siècle - XIX e  siècle et des audits sont réalisés dès le XVI e  siècle pour certains groupes. Le Moyen-âge verra l'avènement des chefferies aux petits chefs autoproclamés : impérialismes, servitudes, multiplicité des contacts de populations ont favorisé des contextes d'acculturation, exclusion et/ou marginalisation chez certains groupes. Les actes délictueux sont sanctionnés par une radiation pure et simple de la sphère identitaire. Infiltrations et tactiques de replis : les Peuls se soumettent généralement aux lois des pays qu'ils traversent.

Une nourriture pastorale

Souvent, ils pratiquent presque un lacto- végétarisme naturel sans prétentions idéologiques ou religieuses. La consommation de la viande de boeuf en particulier est prohibée sauf en de rares occasions, mariage, naissance, visites importantes.Pour pallier le manque de protéines animales les Peuls nomades pratiquent un "saignée" régulière aux vaches de leurs troupeaux. Consommation de miel sauvage et consommation presque exclusive de lait de vache, jument, chamelle (rare) sous toutes ses formes hormis le fromage non acclimaté ( kétugol  : crème de lait ; kosam  : lait caillé ; tiakuré  : petit lait ; néba  : beurre en motte ou clarifié ; komboïri  : la soupe au lait est un plat peul.

Dans les villes, la nourriture est plus diversifiée : fruits secs, dattes, miel, riz, mil, couscous viennent agrémenter des plats en sauces. Les léporidés (lapins sauvages et lièvres) dit « lapin rouge » ou "rouquet" du Sénégal est épargné, mais le petit gibier autrefois chassé à l'arc, petites perdrix sauvages " gerlal" et pintades sauvages " jongal", sont les viandes préférées des Peuls largement devant le mouton consommé lors des fêtes musulmanes ou plus couramment le poulet. Néanmoins, la consommation de viande est toujours rare et vue comme exceptionnelle. Certains consommaient de l'alcool sous forme de bières locales ou de vin( vin de palme, biere de mil),et savent reconnaître et apprécier ce dernier avec parfois beaucoup d'acuité. Avec l'islam qu'ils pratiquent pour la mjorité d'entre eux, les eaux-de-vie ne sont plus consommer. Certains Peuls sont de fins gourmets. (La plupart des pays d'A.O.F vendent de l'alcool, pays laïques) - Pas de consommation de porc. Les repas sont espacés un jour/sur deux en moyenne et la journée elle-même peut ne comporter qu'un plat unique (même dans une société d'abondance). Le lait et le thé à la menthe sont les boissons les plus courantes.

Habitat

Les Peuls habitent dans plusieurs types d' "habitations" réparties suivant les zones géographiques et le type d'économie (sédentaires, semi-nomades ou nomades) :

Chez les sédentaires

Le Hameau ( Gure ) organise l'unité spatiale de chaque ferme. Un hameau regroupe un ensemble de fermes toutes identiques sauf par la taille. Il regroupe en général quinze fermes alignées les unes après les autres, soit agencés en groupes informels. Longtemps les hameaux ont été placés sous la protection de guerriers pour éviter les razzias sur le bétail.

  • La ferme ou Wuro  : Disposée en sphères masculines et féminines. Un grenier ( lummuure ) se trouve en zone féminine ( près de l'arbre à Karité porte-bonheur pour les Peuls du Bénin ),d'une cour intérieure situé à l'est de cet arbre où le troupeau passe la nuit, ainsi qu'une case d'accueil de l'aîné de la ferme ( dottijo ). C'est la zone masculine où les hommes peuvent se réunir et discuter, là aussi que séjourne tout visiteur et tous les étrangers appelés haabe ou jananbe . Les fermes ont essentiellement un rôle de gestion des troupeaux.
  • La case ronde appelée Cuudi , (pl. Suudu ) disposant d'une cuisine ( bawra ) à plan circulaire et dans la plupart des cas en paille tressée, est disposée au nord et au sud à partir de la case d'accueil, en formant un demi-cercle qui se ferme près de l'arbre à Karité. Alors que les hommes contrôlent toutes les activités, élevage et agriculture, les cases restent le domaine des femmes. Comme celui de la ferme, le plan intérieur de la case est très régulier et sexué. Cependant elle ne se réfère pas à des points cardinaux mais à un axe gauche-droite et avant-arrière. Le point pivot en est la petite porte d'entrée ( dammugal ). Le lit de bambou et de tiges de mil ( dow leeso ), sur lequel dort le couple, se trouve toujours à gauche de l'entrée. On dort la tête orientée vers le milieu de la case, où se trouve l'emplacement du feu ( hubbinirde ), de sorte que l'entrée se trouve toujours à gauche. Immédiatement à gauche de l'entrée et devant le lit dont il est séparé par une natte de paille, un petit espace ( ga kosonni ) sert à déposer les outils agricoles et des ustensiles ménagers. Plusieurs calebasses ( ciurga ) où la femme conserve le lait ( kosam ) sont posées sur une étagère ( hoore danki ) au mur du fond de la case. Juste à droite de l'entrée une jatte en terre ( faande boyri ) sert à stocker la bouillie de mil préparé à l'avance pour plusieurs jours. Le lait doit toujours se trouver sur l'étagère du fond. Il est ainsi soustrait à la convoitise des hommes. La bouillie par contre doit rester près de l'entrée. La présence de calebasses de lait et de la jarre de bouillie indique infailliblement que la case est celle d'une femme.

Les cases rondes peuvent être de différentes tailles, avec un toit fait de nattes recouvertes de seccos, de couleurs naturelles et noire. Il existe une hutte de forme concave à l'armature plus complexe dont le toit est fait de larges nattes de couleur naturelle.

La spatialisation (le positionnement) s'organise ainsi - Case du Nord " Suudu Yeesaaru " -Grande case " Suudu maundu " - Petite case " Suudu Famardu ".

En résumé, l'espace de la ferme, y compris l'intérieur des cases, est structuré socialement selon des critères géométriques rigoureux. Le principe ordonnateur en est la distinction entre hommes et femmes projetée selon un axe est-ouest ou gauche-droite.

En Haute-Guinée

Les empires mauresques du Moyen Âge, les migrants en Europe, la colonisation ont amené d'autres types de constructions. En Haute-Guinée, les Peuls vivent dans des maisons en ciment, au toit fait de briques, avec petit jardin attenant et entourées de barrières peintes en vert pastel ou d'une clôture formant une concession appelée galle .

L'élévation du site est aussi fréquente que significative. Autrefois, les nobles habitaient en hauteur sur une colline tandis que les autres habitations étaient construites au flanc ou au bas des coteaux. De nos jours la chose est encore vraie. Le choix du site dépend des conseils d'un Marabout , d'un point d'eau et de la sécurité du lieu (absence de mauvais génies); De fait l'habitat du Peul sédentaire est souvent situé à flanc de colline, de montagne ou à leurs sommets. La construction de la maison ou de la case, son tracé, le choix du jour, son ornementation et son aménagement dépendent de règles religieuses précises à l'image de la kaaba (habitat traditionnel des Arabes sédentaires des montagnes Sarahoui prés de la Médina ).

  • On compte également à côté de la maison d'habitation, des constructions sommaires destinées au passage :
  • tipuru ou tipuru buguuru destinée au campement pastoral;
  • naagare forme simplifiée de la précédente destinée aux transhumances;
  • togooru ou cabane de gardiens des champs assez similaire aux précédentes;
  • paldi ou falaandu construction modeste dont les murs sont constitués de bambous entrecroisés recouverts de mortier ou de bouse de vache ( avec une véranda ).
  • mahaadu case d'habitation surmontée d'un toit conique à la charpente de bambou recouverte de paille liée ou tentugol .

Certaines cases traditionnelles ont l'intérieur richement décoré, elle sont badigeonnées ou creusées de dessins géométriques (triangles ou losanges à l'image de certaines constructions Berbères ) - Les murs et le lit étaient décorés de motifs en arabesques très colorés, de figures géométriques ou encore en étoiles. Les couleurs principales en étaient le noir, le jaune et le rouge, le blanc, couleurs peules traditionnelles en dehors de l'Indigo et provenant de pigments végétaux. Le plafond de certaines cases était orné de lefas , vanneries de forme ronde aux couleurs et aux motifs variés . La taille, la qualité des matériaux utilisés, la richesse des ornementations des cases étaient autrefois bien sûr fonction de leurs habitants ; les cases des notables étaient particulièrement remarquables [ 14 ]

Chez les nomades

Les groupes nomades vivent sous des huttes rondes de branchages recouverts de couvertures en laine, jamais sous une tente. Parfois il n'y a même pas de constructions, seulement une rangée de branchage rapidement liés, et plantés dans le sable du désert pour constituer une haie de fortune. Néanmoins cette haie sera elle-même spatialisée pour tous les actes de la vie quotidienne, tout comme la vie, la naissance, et la mort. Le mobilier est seulement constitué d'une natte et d'un reposoir pour la tête. Pour la femme, une batterie de cuisine, marmites, théière et calebasses ; Certains nomades du Niger , du Tchad et du Soudan disposent de huttes transportables, constituées de deux arceaux souples, qu'ils croisent et recouvrent de couvertures, le tout monté sur un dromadaire à l'image de leurs voisins Arabes transhumants.

En résumé, l'habitat Peul toute économie confondue, se caractérise ainsi : Importance spirituelle de l'établissement ou campement; importance du feu (le premier geste de l'installation), de la hauteur (montagne); la spatialisation intérieure et extérieure ; l'organisation de la parenté (indépendance des aînés qui ont rapidement leur propre case); esthétisme et fonctionnalité (décorations vives; huttes transportables).

L'habitat comme bien des choses dans le corpus peul ne relève pas d'un archétype mais d'une succession d'états passagers avec retour au modèle initial (sédentarité pour les nomades; nomadisme pour les sédentaires) - Les Peuls ont aussi connu au cour de leur histoire d'autres types d'habitats, notamment l'habitat mauresque avec sa poétique du jardin, des moucharabiehs,des lourdes portes sculptées - (que l'on retrouve dans les riches demeures à étages et terrasses, faites en argiles avec moucharabiehs sculptés dans la masse, parfois avec herses de défenses, créneaux, dédales ombragés et cour intérieure à l'image de ce que l'on trouve au Maroc , chez les Peuls de Tombouctou , du Mali et du Sénégal ) - de l'ombre, des palmeraies et des fontaines, ainsi que des villes de type mégalopoles, faites d'argile, avec cuisine, dépendances, terrasses, greniers attenants, rues étroites et rectilignes, rigoles d'évacuations, bassins d'ornementations et de rituels (villes mythiques d' Iléri et Yoyo ) [ 15 ]

La terre leydi est généralement considérée comme le bien de l'agriculteur, même si les Peuls peuvent y résider, y cultiver et y faire paître leur bétail. [ 16 ]

Pharmacopée

Le savoir concernant la pharmacopée est assez succinct chez les Peuls, si on la compare à celle d'autres ethnies, ce qui laisserait supposer qu'une transmission complète n'a pas pu se faire. Néanmoins, elle sert à soigner la « bobologie ».

Elevage

La plupart des Peuls en milieu rural sont essentiellement éleveurs et leur mode de vie est rythmé par les besoins saisonniers de l'élevage. La vache tient une grande place, non seulement dans l'alimentation et l'économie des ménages, mais aussi dans les relations sociales et dans la mythologie. La colonisation a entraîné une sorte de confusion sur l'économie pastorale. La vache fut considérée comme un animal de prestige par les occidentaux puisque chaque famille tentait d'en avoir le plus possible et refusaient de s'en séparer comme bêtes à viande, c'est à dire d'entrée dans une "économie rationnelle", de marché.

L'élevage de bovins zébus (Bos indicus) est principalement pratiqué pour le lait. Il est extensif c'est à dire pratiqué avec un minimum d'investissement monétaire (avec dépenses limitées aux vaccins et aux médicaments) et par l'utilisation de pâturages librement accessibles. Dans un troupeau moyen l'effectif est de cinquante têtes environ, dont les trois quarts sont des femelles. Ces femelles permettent de reconstituer le troupeau rapidement en cas d'épidémie. C'est un type d'élevage "rationnel", mais multimillénaire de survie. Les taureaux mâles sont consommés lors de rites précis et constituent la dote traditionnelle. Les animaux d'une même ferme sont en général conduits ensemble aux pâturages. Cela ne signifie pas pour autant qu'ils soient la propriété collective des habitants de cette ferme - ni d'ailleurs la propriété privée d'une seule personne. Tous, femmes et enfants peuvent détenir des animaux dans un même troupeau. La descendance de la vache offerte comme don de naissance au mari par le grand-père maternel de l'épousée sera héritée par les enfants de celle-ci.

L'animal de prestige est le cheval . Ceci concerne les Peuls sédentaires des bassins des fleuves Niger et Sénégal et autour du Lac Tchad .Par son entretien délicat, le cheval demande du pâturage ou une coopération avec des céréaliers sédentaires. Il trouve son emploi dans les parades de cour et la cavalerie voir Libye antique ).

Sociétés

Il n'existe pas une société peule, mais des sociétés Peules ; « Planète Peule ».Le corpus peul est dit « souple » et adaptable. Il est en évolution perpétuelle, tout en conservant ses traits caractéristiques initiaux.

Les Peuls sont endogames semi agnatiques. La femme n'est pas voilée et il n'y a pas de lévirat. Les violences faites aux femmes sont extrêmement mal vues. L' excision , pratique égyptienne affectant le "premier cercle" sous les Ptolémées entourage proche du Pharaon ) - (voir Coptes ), n'est pas attestée partout et semble relever d'un contexte familial ou clanique particulier ( isolement / impérialisme /schémas archaïques ), actuellement en voie de régression.

Il existe quatre mariages traditionnels peuls avec quatre divorces correspondants :

  • le premier mariage est décidé par les parents ; ce mariage ( dewgal ) a lieu vers 21 ans,
  • le deuxième après un divorce ou un veuvage,
  • le troisième, le « mariage-don » (politique),
  • enfin, le culnol , concubinage d'un noble avec une kordo , femme de condition servile.

Un cinquième mariage islamique a été rajouté aux alentours du XVI e  siècle . Il est rendu par le cadi , juge musulman, et possède deux divorces associés. Tous les types de mariages existent chez les Peuls. Les « Peuls rouges » sont monogames [ 17 ] . Les Peuls sont monogames dans l'ensemble. Ils peuvent divorcer plusieurs fois et ils contractent souvent plusieurs mariages au cours de leur vie 2 ou 3 ; la polygamie se rencontre surtout dans les villes chez les Peuls islamisés [ 18 ] . Règles du cousinage (cousins de lait endam et cousins de noms, cousins de clans). Chez les Peuls Wodaabes, les enfants sont mariés très jeunes car il existe un mythe fondateur du garçon et de la petite fille. Mais la jeune fille a le droit de vivre sa vie de célibataire jusqu'à ses dix-huit ans. Chez les Bororos, lors du worso « fêtes du Printemps », les hommes dansent le guerewol (photo) où elles peuvent choisir un fiancé. Les Wodaabes sont des monogames « successifs » avec nombreux divorces ou séparations. Le concubinage est interdit et rapidement scellé par un teegal « épousailles ». On note une survivance d'une ancienne gynécocratie , l'héritage est utérin (matrilinéaire).

Les Pasteurs

La diversité peule tient à un éclatement des cadres géographiques. Autrefois disposé en archipels [ 19 ] dans la zone sahélo-saharienne, le peuplement tend à se diffuser et à s'atomiser. Contesté par des cultivateurs et des agroéleveurs, le pastoralisme l'est également par d'autres pasteurs du Sahel  : Touaregs , Toubous ). Dernièrement, les Arabes du Tchad , descendus de façon massive dans les savanes de ce pays, ont poussé les pasteurs Peuls à descendre en Centre-Afrique, Côte d'Ivoire , Cameroun , Nigeria ) où la réussite de ce pastoralisme sur de nouvelles bases écologiques en savanes humides est le plus grand défi actuel des pasteurs Peuls [ 20 ] .

Castes

Les règles des castes ne semblent pas être remises en cause par le développement économique :

  • les Bâ ouvrent des associations d'entraides, d'alphabétisation de masses, deviennent avocats, juristes, informaticiens, militaires, entrepreneurs,
  • les Barî sont souvent professeurs, médecins, universitaires, chercheurs,
  • les Sow ont souvent des exploitations agricoles ou forestières, des fermes (entrepreneurs agricoles) qu'ils cultivent.

Néanmoins, la distance entre groupes nomades et groupes urbanisés tend à s'accroître...

Dans les villes, il existe trois classes sociales :

Les nobles :

  • Rimbé , dimo au sing, ils détienne le pouvoir militaire, politique, religieux.
  • Jaawambe , jaawanndo au sing, conseillers et auxiliaires armés des rimbé .

Les artisans castés :

Regroupés sous le nom de nyeenybe , nyenyo au sing :

  • Maabuube , maabo , tisserands, potières.
  • Wailybe , baylo , bijoutiers, forgerons.
  • Lawbe , labbo , boisseliers.
  • Sakkebe , sakke , cordonniers.
  • Bammbaado , wammbaabe , griots musiciens.

Les nyeenybe , sont réputés pour leurs endogamie.

Les serviles :

  • maccube , maccudo , ou kordo .

Les serviles sont d'origines ethniques diverses, souvent prisonniers de guerres, anciens serviteurs pour le bétail, l'agriculture, la forge. Ils sont devenus autonomes et développent des entreprises article .

L'ensemble comporte de nombreux homonymes suivant les parlers locaux ainsi que des articulations inter-castes, mais relèvent toujours des mêmes distinctions sociales.

Les Peuls hormis les castes, sont regroupés en de nombreux clans ou tribus appelés leyyi :

Ils sont parmi les premiers Peuls qui ce sont sédentarisés.

  • Les fulbe laace , ce sont des Peuls qu'ont trouve spécialement au Sénégal, dans la région du djolof . Ils sont liés aux Wolofs avec qui ils cohabitent, (inter-pénétration linguistique), ils gardent les troupeaux des Wolofs, on les trouvaient aussi dans le Sine-Saloum , et le Ferlo où ils nomadisaient, ont les appellent aussi fulbe jeeri nom qu'on donne en général à tout les fulbe de cette partie du Sénégal, la plupart sont de patronyme ka .
  • Les fulbe jaawBe , la plus grande des leyyi peule, ils sont particulièrement présent au Sénégal, Mali , ils pratiquent l'élevage surtout ovin, mais aussi la pêche, pour les jaawBe dalli , ils se fixent parfois prés des fleuves, il y a de nombreux sous-groupes jaawbe . Ils sont à l'origine de la caste peule des jaawamBe , réputés pour être de fins stratèges dans l'ancien Fouta-toro .
  • Les fulbe cuutinkoobe , Peuls originaires de l'ancienne région du Diara entre l'est Sénégalais, et l'ouest malien, ils sont un sous-groupe de la grande famille peule des raneebe , la plupart d'entre eux sont de patronymes Diallo,les cuutinkoobe, étaient a l'origine des jaawBe , ils sont présent au sud du Sénégal, Guinée-bissau , Guinée .
  • Les fulbe yirlaabe , ils sont les Peuls les plus à l'est, Tchad , nord-est Nigeria , Adamaoua dans le nord du Cameroun. Les yirlaabe ou ngiril , sont très présents à l'ouest également. Ils sont tous originaires du Fouta-Toro.
  • Les fulbe wodaabe , surtout présents au Niger aujourd'hui, ils sont originaires du Diafunu, certains ce nomme diafunu'en , ancienne région englobant le Sahel mauritanien, le Macina au Mali , le nord-est du Sénégal , ce sont les Peuls qui ont le plus conservé leurs traditions nomades, et leur culture, ce sont les plus rustiques, rester très proches de la nature ils sont de grand bouvier, et même s'ils sont tous musulmans, ils pratiquent un Islam très sommaire. Ils sont présent au Sénégal ou ils sont disséminés un peu partout et ou l'on trouve de nombreux sous-groupe, au Fouta-Djalon , où beaucoup se sont sédentarisés. Dans cette leyyi les sédentaires islamisés sont appelés wolarBe .

Ces clans sont parfois divisés en plusieurs fractions et sous-fractions appelées kinde , selon leurs patronymes,les régions qu'ils habitent, les animaux qu'ils élèvent bovin , ovin , l'ancêtre (chef clanique) dont ils se réclament, il existe encore d'autres clans, dont les kolyaabe de koli Tenguella , les yaalalbe . Les castes sont les mêmes, pour toutes les leyyi . Certains clans Peulh, sont liés part le jongu , un lien de parenté, qui les oblige à l'entraide, au respect mutuel.

  • Il existe 41 groupes nomades et 29 groupes sédentarisés.

Modes d'expressions

Exemple d'adaptation : la musique accompagne tous les évènements importants de la vie (baptême, mariages, initiation, rites funéraires, récoltes, etc.).

Chez certains Peuls musulmans fondamentalistes, la musique profane est interdite, seule la musique sacrée est acceptée.

La musique est sous deux formes : verbale et instrumentale.

On distingue quatre sortes d'instruments ( idiophones , cordes , aérophones et membranophones ) :

  1. idiophones : instruments dont le son provient de la vibration de la matière par une frappe directe
  • laala «  sistres  » composés de rondelles de calebasses enflées le long d'un axe et agitées d'avant en arrière.
  • horde «  cithare  » sur rideau constitué d'une calebasse taillée. Sert à rythmer la danse des acrobates.
  • kunna taillé dans un tronc de fromager utilisé par les acrobates au cour de cérémonies comme la circoncision.
  1. cordes : son produit à partir de cordes tordues ou pincées)
  • baylol « arc musical » instrument le plus simple et le plus ancien. Semblable à la «  guimbarde  ».
  • nheenheru «  vielle  » angulaire calebasse à quatre cordes recouverte d'une peau d'iguane et prolongée par un manche. On en joue à l'aide d'un archer tendu de crins de cheval.
  • bolon «  harpe  » angulaire grosse calebasse à cinq cordes recouverte de peau de chèvre au manche légèrement recourbé.
  • Kerona «  luth  » instrument le plus ancien, calebasse semi-ovale prolongée par un manche sur lequel sont tendues trois ou quatre cordes. Le manche est recouvert d'une plaque de métal ( sanjeere ), portant des anneaux servant de « castagnettes ».
  1. aérophone : instruments de musique dont le son est produit par la vibration de l'air
  • tunni «  flûte  » longitudinale à 5 ou 7 trous ; l'extrémité supérieure est taillée en forme de bec et coiffée d'une petite calebasse,
  • serdu «  flûte traversière  » en roseau de 3 à 4 trous
Les flûtes sont les instruments préférés des Peuls, facilement transportables ce sont des instruments pastoraux et ont sans doute traversé les siècles.
  1. membraphones : son produit par percussion d'une peau tendue
  • jimbe «  tam-tam  » est une sorte de mortier à fond ouvert recouvert d'une peau de chèvre retenue par des lanières de cuir et deux ou trois plaques de tôle sur les côtés supérieurs.
  • tabala ou tabalde est une sorte de tambour formé d'une cuve en bois semi-sphérique et recouverte d'une peau de vache tendue et retenue par des lanières de cuir ; la peau est frappée à l'aide de deux bolde , baguette en peau de bête arrondie.


On trouve également les chants populaires, les contes, la poésie...

Langue

Icône de détail Article détaillé : peul .

Patronymes

A l'origine : [ ] ; [ Barî ] et [ Saw ]. Les noms Bâ et Barî viendraient de la même racine sanscrite sanscrit . [ Bhar ] " L'Eloquence " ( Bhâratî ). Mais aussi " le refus de la société " ; " qui s'extrait, s'isole " ( période bouddhique voir bouddhisme ) - Ce sont traditionnellement dans les deux aires culturelles, des poètes , des lettrés , des ascètes . [pul] [ baar- ] " s'esquiver, échapper, abandonner, rejeter totalement ". Les Peuls auraient cherché à recréer leur idéal de société, à savoir la "trifonctionnalité" propre aux sociétés iraniennes Védisme que les Portugais après les avoir découvertes en Inde appelleront "casto", " distinction, séparation ". Ainsi les Bâ sont les " guerriers ", " Les Porteurs de Tambours " et "' vont au combat avec le sourire' " d'où une confusion étymologique avec Diallow[ jaal ] " taquiner, plaisanter " (Peul + Mandingue) mais [ ba' ] en racine Peule veut dire " tourner en dérision ". Les vont au combat avec le sourire, mais " ils ne peuvent pas expliquer les choses ", ce sont les Barî qui en ont la charge. Ils s'occupent de la transmission, de l'éducation, de la mémoire et de "l'élévation spirituelle". En Inde du Nord on le notera cette lignée a donné des poètes et beaucoup d'ascètes ( province du Jammu ). Saw / Sow viendrait à l'origine de l'iranien N. O. [ sau ] " doubler, séparer, distinguer " par euphé . "Métis" puis plus tard en Inde, il aurait donné le sanskrit [ sou (r)/ suu (d)/ svah ] " disciples du feu " ; " faire brûler de l'encens ", " fumigation " ; " libations " ( préposés aux rites funéraires ; bois pour l'incinération ) 3° fonction. Dans la société Peule ils sont les artisans, les commerçants. 3° fonction. Pul. / [ so' ]" suivre ", " se mêler de " ; " apporter du bois " ; " impurs " ; Il signifierait également "métis". Le patronyme "Dial" est apparu aux alentours des XIV e et XV e  siècles / Ka et Hama (autre nom des Peuls), seraient des toponymes à l'origine.

Les patronymes peuls les plus courants de nos jours sont : Ba , Barry, Bari & Bahri ( Tchad Soudan ), Barro, Ka, Diallo , Sall, Saw, Dia, Baldé, Thiello, Diaw, Seydi, Dioum, Thiam, Mbow, Niane, Bocoum, Déme, ( intégration dans le groupe Wolof du Sénégal , Mali , Mauritanie ); Diamanka (dans la région de Kolda où était situé historiquement l'État du Fouladou , entre le sud du Sénégal et le nord de la Guinée-Bissau ); Dicko (branche connexe des Peuls) et Bello ( Niger , Nigeria ); Baal ( Sénégal );Sakho ( Mali, Niger, Nigéria ); Sylla ( Sénégal ); Sow deviennent Sidibé au ( Mali, Guinée , Burkina Faso ); les Sangaré du Mali, deviennent Sankara au Burkina-Faso , qui devient Shagari au Nigeria .

Notes

  1. Il existe deux identités peules, l'ethnique et "l'assimilée". Cette donnée longtemps ignorée des ethnologues et des observateurs est désormais prise en compte par l' OMS lors des statistiques et les chiffres sont au final souvent majorés. On estime qu'il y a actuellement 10 millions de Peuls dont plus d'1 500 000 en diaspora partout dans le monde et 8 millions de locuteurs.
  2. Possibilité de commerce ancien avec Sumer , car la racine [ pul ] en Inde est une référence au trafic de fruits secs entre les royaumes indusiens du Balouchistan et Sumériens -3000 av. J.C.) On compte plusieurs rois : Pulu (roi para-indien de Syrie)/Pulakesha ~550 av. J.C / Pulumâyi ou Pulomâ ~128/ ~156 av. J.C. de la dynastie Shâtavâhana, etc.
  3. Arame Fal, Rosine Santos et Jean L. Doneux, Dictionnaire wolof-français, Paris, Karthala, 1990, p.169
  4. Henri Lhote , « L'extraordinaire aventure des Peuls », Présence africaine , n° 22, octobre-novembre 1958, p. 48-57. L'auteur est un spécialiste des peintures rupestres de bovins du Sahara .
  5. p. 16 - Roger Botte & Jean Boutrais, in Figures Peules , 1999 , ed. Karthala
  6. site de la Faculté de Médecine de Marseille
  7. « être peul », titre du chapitre II dans Aboubacar Barry, « Le sujet nomade : lieux de passage et liens symboliques », Paris ; Budapest ; Turin, L'Harmattan, 2003, p. 66
  8. Le suffixe aaku est propre aux mots abstraits tels que sukanaaku  : « jeunesse » ou dimaaku  : « noblesse ».
  9. (A. Barry, « Le sujet nomade », op. cit., p. 69
  10. (José van Santen, « Garder du bétail, c'est aussi un travail » : les relations entre les pasteurs Peuls et agriculteurs, du centre Bénin et du Nord-Cameroun » in Youssouf Diallo et Günther Schlee (dir.), « L'Ethnicité peule dans des contextes nouveaux », Karthala, 2000, p. 146
  11. Alpha Ousmane Barry, « Mode d'expression poétique et stratification sociale dans l'État théocratique du Fouta Djallon », Presses universitaires de Franche-Comté, 2004, p. 140
  12. Elizabeth Boesen, « Pulaaku, Sur la foulanité » in Roger Botte et Jean Boutrais (ed.), « Figures peules », Karthala, 1999, 539 p.
  13. p30 in « Figures peules »
  14. Anne leroy, Alpha Oumar Kona Balde in Peul du Fouta Djalon , ed. L'Harmattan, 2002
  15. anec. Amadou Hampâté Bâ, Contes initiatiques peuls , ed.Stock, 1994
  16. note p.208 Thomas Bierschenk in Figures Peules , ed. karthala, 1999
  17. p.392-393 Amadou Ampâté Bâ
  18. p.249, Marguerite Dupire
  19. Botte & Schmitz 1994a
  20. p.49-50, Jean Boutrais, « Figures Peules », ed. Karthala, 1999, France.

Voir aussi

Articles connexes

Bibliographie

  • (fr) Les Peuls du Manding , Organisation de l'Unité Africaine. Centre d'études linguistique et historique par tradition orale / 19XX
  • (fr) Cheikh Ba, Les Peuls du Sénégal : étude géographique , Paris, Université de Paris VII, 1982, 541 p. (Thèse d'État, publiée)
  • (fr) Oumar Ba, Les Peuls du Fouta Toro à travers leur tradition nationale orale et écrite , Paris, Université de Paris, 1973, 1724 p. (TDU)
  • (fr) Bonheur et souffrance chez les peuls nomades , Conseil international de la langue française, 1984
  • (fr) Boubacar Hama Beïdi, Les Peuls du Dallol Bosso : coutumes et mode de vie , Sépia, 1993, 188 p.
  • (fr) Philippe Bernardet, Association agriculture-élevage en Afrique : les Peuls semi-transhumants de Côte-d'Ivoire , Éd. l'Harmattan, 1984
  • (fr) Youssouf Tata Cissé, L'Empire du Mali : Les Peuls du Manding , Fondation SCOA pour la recherche scientifique en Afrique noire, s.d.
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  • (fr) Alain Daniélou, Mythes et Dieux de l'Inde , Flammarion, 2007 ( ISBN 2080813099 )
  • (fr) Bernard Descamps, Le Don du fleuve : Poèmes Peuls , Filigranes, 1999, 124 p. ( ISBN 2910682560 )
  • (fr) Thierno Diallo, Sur l'origine et la dispersion du peuple peul avant le XIX e  siècle , Paris, Université de Paris, 1964 (Diplôme d'Études Supérieures, publié en 1972, Dakar, Université de Dakar, Annales Faculté des Lettres, n°2, p. 118-193
  • (fr) Marguerite Dupire, Organisation sociale des Peul. Étude d'ethnographie comparée , Paris, Plon, 1970, 624 p. (Thèse Doctorat)
  • (fr) Pierre Gourou, Les aventures de Kataboum (conte bilingue), L'Harmattan, 1997, 24 p. ( ISBN 2-7384-5020-2 )
  • (fr) Henri Lhote , « L'extraordinaire aventure des Peuls », Présence africaine , n° 22, octobre-novembre 1958, p. 48-57
  • (fr) Aboubacry Moussa Lam, De l'origine égyptienne des peuls , Présence africaine, 1993, 463 p. ( ISBN 2708705709 )
  • (fr) Alain Le Pichon, Souleymane Balde et Diawne Diamanka, Le troupeau des songes. Récits , Maison des Sciences de l'Homme, mai 1991 ( ISBN 2735104117 )
  • (fr) Sandrine Loncke, Les peuls Bororos : nomades du Sahel , Vilo, 2000
  • (fr) Siré Mamadou Ndongo, La création culturelle dans le Fantang (texte épique et mythique peul) , Dakar, Université de Dakar, 1977, 223 p. (Mémoire de Maîtrise)
  • (fr) Siré Mamadou Ndongo, Le Fantang. Poèmes mythiques des bergers peuls , Paris, Karthala/UNESCO/IFAN, 1986, 204 p. (Mémoire de Maîtrise publié)
  • (fr) Seydi Sarr, Le Pékane des Cubalbé peul , Dakar, Université de Dakar, 198?, (Mémoire de Maîtrise)
  • (fr) Abdoulaye M. Tall, Fécondité rurale et fécondité urbaine en milieu poular sénégalais , Université de Montréal, 1988 (M. Sc.)
  • (fr) Oussouby Touré et Joël Arpaillange, Peul du Ferlo , Paris, L'Harmattan, 1986, 77 p.
  • (fr) Gilbert Vieillard, Notes sur les Peuls du Fouta-Djallon (Guinée française) , Institut français d'Afrique noire, 1940
  • (fr) Georges Dumézil , Mythes et Dieux des Indo-Européens , Mariages Indo-Européens et Heurt et Malheur du Guerrier , Romans de Scythie et d'alentours , Mythes et Épopées (Voir. Toute la collection.)Flammarion 1992
  • (fr) Roger Botte, Jean Boutrais, Jean Schmitz Figures Peules , Karthala, 1999
  • (fr) La Bhagavad-Gitâ bilingue, Les Belles Lettres, 2004
  • (fr) Louis Frédéric, Histoire de l'Inde et des Indiens , Critérion, 1996
  • (fr) Iaroslav Lebedinsky, Les Nomades , Errance, 2007
  • (fr) E.D Phillips, Les Nomades de la Steppe , Paris, Séquoia, 1959
  • (fr) Jean Varenne, Le Vedâ , Les Deux Océans
  • (fr) J.Jacques Glassener, La Mésopotamie , Les Belles Lettres
  • (fr) Alain Anselin, La Question Peule , Karthala
  • (it) Joshi, Les Zébus de l'Inde et du Pakistan , F.A.O, Rome Via Caracalla /A.Pedone N° 19, Paris, 1955 (une idée originale, étudier les bêtes plutôt que les hommes, voir notamment boeuf "sirii".)
  • (fr) Mahâbhârata , I. II. III. Albin Michel, 2007; réédition permanente.
  • (fr) Jacques Frin, Histoire du Mitanni , L'Harmattan, 2000
  • (fr) Philippe Huyse, La Perse Antique , Guide des Belles Lettres, 2000
  • (fr) Noizat-Pirenne F, Particularités immuno-hématologiques des populations africaines et antillaises. Implications transfusionnelles , 2003, Transf Clin Biol,10,185-91

Liens externes

Femmes peuls au nord de la Cote d'Ivoire

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