Napoléon I er
Napoléon sur le trône impérial
Jean Auguste Dominique Ingres
Dynastie {{{dynastie}}}
Naissance 15 août 1769
Ajaccio
Décès 5 mai 1821
Île Sainte-Hélène
Pays France
Titre Premier consul ( Consulat )
( 10 novembre 1799 - 18 mai 1804 )
Empereur des Français ( Premier Empire )
( 18 mai 1804 - 11 avril 1814 puis 20 mars - 22 juin 1815 )
Grade militaire
Arme
Service de {{{débutdecarriere}}} à {{{findecarriere}}}
Couronnement 2 décembre 1804
Sacre {{{sacre}}}
Investiture
Prédécesseur Directoire
Successeur Louis XVIII ( Première Restauration )
Conflits Guerres de Coalitions
Commandement
Faits d'armes Conquête de l' Europe continentale
Distinctions
Hommage Retour de ses cendres le 15 décembre 1840
Autres fonctions Général
président de la République italienne
roi d'Italie
Enfant de Charles Bonaparte
et de
Maria Letizia Ramolino
Conjoint Joséphine de Beauharnais
Marie-Louise d'Autriche
Enfants Charles Léon
Alexandre Waleski
Napoléon François Charles Joseph
Maîtresses Pauline Fourès
Désirée Clary
Mademoiselle George
Éléonore Denuelle de La Plaigne
Marie Walewska

Napoléon Bonaparte [ 1 ] (né Napoleone Buonaparte le 15 août 1769 à Ajaccio , en Corse  ; mort le 5 mai 1821 sur l' île Sainte-Hélène ) fut général , Premier consul, puis Empereur des Français .

Objet dès son vivant d'une légende noire comme d'une légende dorée , il a acquis une notoriété aujourd'hui universelle pour son génie militaire et politique, mais aussi pour son régime autoritaire, et pour ses incessantes campagnes souvent coûteuses, soldées par de graves défaites finales en Russie et à Waterloo et par sa mort en exil à Sainte-Hélène sous la garde des Anglais.

Général de la Révolution française à 24 ans, il accumule les victoires spectaculaires en Italie et pendant la campagne d'Égypte , puis prend le pouvoir par le coup d'État du 18 brumaire an VIII ( 9 novembre 1799 ).

Il dirige la France à partir de la fin de l'année 1799 ; il est d'abord Premier consul du 10 novembre 1799 au 18 mai 1804 puis Empereur des Français , sous le nom de Napoléon I er , du 18 mai 1804 au 11 avril 1814 , puis du 20 mars au 22 juin 1815 . Il réorganise et réforme durablement l'État et la société. Il porte le territoire français à son extension maximale avec près de 130 départements , transformant Rome , Hambourg ou Amsterdam en chefs-lieux de départements français. Il est aussi président de la République italienne de 1802 à 1805 , puis roi d' Italie du 17 mars 1805 au 11 avril 1814, mais encore médiateur de la Confédération suisse de 1803 à 1813 et protecteur de la Confédération du Rhin de 1806 à 1813. Il conquiert et gouverne la majeure partie de l' Europe continentale et place les membres de sa famille sur les trônes de plusieurs royaumes européens : Joseph sur celui de Naples puis d' Espagne , Jérôme sur celui de Westphalie , Louis sur celui de Hollande et son beau-frère Joachim Murat à Naples. Il crée aussi un grand-duché de Varsovie , sans oser restaurer formellement l'indépendance polonaise, et soumet à son influence des puissances vaincues telles que la Prusse et l' Autriche .

Napoléon tenta de mettre un terme à son profit à la série de guerres que menaient les monarchies européennes contre la France depuis 1792 . Il conduit les hommes de la Grande Armée , dont ses fidèles «  grognards  », du Nil et de l' Andalousie jusqu'à la ville de Moscou . Comme le note l'historien britannique Eric Hobsbawm , aucune armée n'était allée aussi loin depuis les Vikings ou les Mongols . Malgré de nombreuses victoires initiales face aux diverses coalitions montées et financées par la Grande-Bretagne (devenue le Royaume-Uni en 1801 ), l'épopée impériale prend fin en 1815 avec la défaite de Waterloo .

Peu d'hommes ont suscité autant de passions contradictoires que Napoléon Bonaparte. Selon les mots de l'historien Steven Englund  : « le ton (…) qui convient le mieux pour parler de Napoléon serait (…) une admiration frisant l'étonnement et une désapprobation constante frisant la tristesse. »

Toute une tradition romantique fait précocement de Napoléon l'archétype du grand homme appelé à bouleverser le monde. Élie Faure , dans son ouvrage Napoléon qui a inspiré Abel Gance , le compare à un prophète des temps modernes. D'autres auteurs tels Victor Hugo font du vaincu de Sainte-Hélène le Prométhée moderne. L'ombre de “ Napoléon le Grand ” plane sur de nombreux ouvrages de Balzac , Stendhal , Musset , mais aussi de Dostoïevski , de Tolstoï et de bien d'autres encore.

Sommaire

Biographie

Jeunesse et ascension dans l'armée

Naissance de Napoléon

Le Blason de la famille Bonaparte (avant Napoléon Ier)
Le Blason de la famille Bonaparte (avant Napoléon I er )
Portrait de Charles Bonaparte père de Napoléon
Portrait de Charles Bonaparte père de Napoléon

Napoléon Bonaparte naît à Ajaccio en Corse , le 15 août 1769 avec pour nom de baptême Napoleone Buonaparte (acte du 21 juillet 1771, mais sur son acte de mariage avec Joséphine de Beauharnais il signa Napolione Buonaparte ), un an après le traité de Versailles par lequel Gênes cède l'île à la France ( 1768 ). Issu d'une famille faisant partie de la noblesse de robe italo-corse dont la présence sur l'île est attestée depuis le XVI e  siècle [ 2 ] ( Maison Bonaparte d'origine toscane [réf. nécessaire] ), il est le quatrième enfant (second des enfants survivants) de Carlo Maria Buonaparte , avocat au Conseil supérieur de l'île, et de Maria Letizia Ramolino . Son prénom Napoleone (ou Nabulione selon la graphie corse. [ 3 ] ) lui est donné en mémoire d'un oncle mort à Corte en 1767 [ 4 ] .

La formation militaire

En 1777 , Charles Bonaparte, représentant la noblesse, fait partie de la députation que l'Assemblée générale des États de la Corse envoie à Versailles auprès du roi Louis XVI . À cette occasion, le comte de Marbeuf , gouverneur de l'île, fait obtenir, auprès du ministre de la guerre le prince de Montbarrey, une bourse pour faire entrer le deuxième fils de Charles à l'école militaire, son frère aîné Joseph étant destiné à suivre une carrière ecclésiastique [ 5 ] .

Le 1 er   janvier 1779 , Charles Bonaparte fait entrer provisoirement ses deux fils Joseph et Napoléon au collège d' Autun . Napoléon y reste trois mois, le temps pour son père de faire les démarches pour le faire admettre à l'école militaire, devant pour cela fournir les preuves de sa noblesse et de quatre degrés d'ancienneté pour obtenir la bourse du roi [ 6 ] . Le dossier fut examiné par le juge d'armes Antoine-Marie d'Hozier de Serigny [ 7 ] . Charles Bonaparte ayant fourni les preuves de noblesse de la famille, Napoléon est agréé par le ministère de la guerre pour entrer au collège militaire de Tiron, mais, suite à des défections, il est finalement admis à l'École royale militaire de Brienne-le-Château ( Aube ) [ 7 ] .

Napoléon y entre le 15 mai 1779 en classe de septième [ 8 ] . C'est l'un des douze collèges de France qui accueillent les enfants de la petite noblesse. Il va y rester cinq ans. Considéré comme bon élève, particulièrement doué pour les mathématiques, Bonaparte n'aurait pas été très apprécié de ses camarades notamment à cause de son admiration pour Paoli [ 9 ] . Il montre déjà une propension à l'art du commandement, en organisant des jeux militaires dont il prend la tête. Une bataille de boules de neige , qu'il aurait dirigé un hiver, fait partie de sa légende [ 10 ] .Son frère Joseph, ayant abandonné son projet d'entrer au séminaire, étudie le droit, Lucien entre au séminaire d'Aix-en-Provence et ses sœurs sont éduquées par Mme Campan .

Son père lui rend visite le 21 juin 1784 [ 11 ] . Le 22 septembre de la même année, le sous-inspecteur des écoles Marie-Antoine-Sérapion Reynaud des Monts fait passer aux élèves cadets de Brienne l'examen d'entrée à l' École militaire de Paris , où après un an d'études il pourra être affecté à un régiment d'artillerie, de génie, ou de la marine [ 12 ] . Napoléon est jugé apte à y entrer ainsi que quatre de ses condisciples. Il quitte l'école le 17 octobre et arrive cinq jours plus tard à Paris où il intègre la compagnie des cadets gentilshommes [ 13 ] . Le 24 février 1785 , Charles Bonaparte meurt d'un cancer de l'estomac, le rôle de chef de la famille échoit à l'aîné Joseph, mais Napoléon le juge d'un caractère trop faible pour diriger la famille [ 14 ] . En septembre il passe l'examen de sortie de l'école afin d'intégrer un régiment d'artillerie, interrogé par le mathématicien Pierre-Simon Laplace . Il est reçu lieutenant en second, (42 e sur 58) à l'examen de l'artillerie, et reçoit l'ordre de rejoindre la destination qu'il a choisie, le régiment d'artillerie de la Fère alors en garnison à Valence . [ 15 ]

Il quitte Paris pour Valence le 30 octobre 1785. Le 15 septembre 1786, sept ans et neuf mois après son départ il repose les pieds sur l'île de Corse à l'occasion de son congé de semestre. Le 1 er  juin 1788, il s'embarque pour rejoindre son régiment de La Fère en garnison à Auxonne et apprendre son métier d'artilleur. Dans ses loisirs, il travaille assidûment. Ses nombreuses lectures, qu'il accompagne de Notes [ 16 ] témoignent du sens dans lequel il a dirigé ses études et des sujets qui l'ont particulièrement attiré. Il quitte Auxonne, pour un congé de semestre début du mois de septembre 1789. La fin de son congé le ramène dans la cité auxonnaise le 11 ou 12 février 1791 qu'il quitte définitivement le 14 juin 1791.

Les premières armes

Lorsque la Révolution éclate en 1789 , le lieutenant Bonaparte a 19 ans. Il est présent depuis le 15 juin 1788 au régiment de La Fère alors à l'école royale d'artillerie à Auxonne dirigée par le maréchal de camp-Baron Jean-Pierre du Teil. Ce dernier lui confie la répression de la première émeute locale qui éclate le 19 juillet 1789.

Présent ponctuellement à Paris, le jeune officier est spectateur de l'invasion des Tuileries par le peuple le 20 juin 1792 et aurait manifesté alors son mépris pour l'impuissance de Louis XVI . Ce dernier signe quelques jours plus tard son brevet de capitaine, un de ses derniers actes publics.

Napoléon retourne à plusieurs reprises en Corse, où les luttes de clans avaient repris, les Paolistes soutenant la monarchie modérée à l'anglaise, et les Bonaparte la Révolution. Napoléon se fait élire à la tête de la Garde nationale en 1792 en arrachant de force l'accord du commissaire du gouvernement. Mais l' exécution du roi en janvier 1793 provoque une révolte des indépendantistes.

Les désaccords entre Paoli et Bonaparte s'accentuent et suite à une lettre de Lucien Bonaparte à la Convention pour dénoncer Paoli, la famille de Napoléon, dont la maison a été mise à sac, est contrainte de quitter l'ile précipitamment à destination de Toulon , le 10 juin 1793 . Peu après l'arrivée des Bonaparte dans le (nouveau) département du Var, la région se révolte contre la Convention et Toulon est livré aux Britanniques par la population révoltée.

Capitaine d'artillerie, Bonaparte y est envoyé à l'automne 1793 et obtient, à la demande des commissaires Augustin Robespierre et son compatriote Salicetti , le commandement de l'artillerie, avec le grade de chef de bataillon . Il y rencontre de jeunes officiers comme Marmont , Junot ou Victor . Le plan qu'il soumet au général Dugommier permet la reprise de la ville aux troupes royalistes et britanniques le 18 décembre . Ses ordres contribuent à forcer la flotte britannique à quitter la rade de Toulon et à priver ainsi les insurgés d'un soutien précieux. Il est fait général de brigade le 22 décembre . Après cette victoire, il sert en Italie .

Ses amitiés avec les jacobins lui valent d'être brièvement arrêté après la chute de Robespierre le 9 Thermidor an II ( 27 juillet 1794 ).

Le 13 vendémiaire, le mariage et l'armée d'Italie

Paul Barras
Paul Barras

Libéré, il refuse d'être affecté en Vendée et erre à Paris un temps sans commandement effectif, puis Barras lui demande, le 13 vendémiaire an IV de réprimer l' insurrection royaliste contre la Convention nationale . À cette occasion, Bonaparte a sous ses ordres un jeune officier, Joachim Murat , son futur beau-frère. Ce dernier joue un rôle déterminant, en transférant à temps les canons indispensables depuis les Sablons jusqu'aux abords des Tuileries. La canonnade de Saint-Roch - où les boulets ont été remplacés par de la mitraille plus "efficace" - disperse les forces royalistes faisant de nombreuses victimes...

Quelques jours plus tard, Bonaparte est promu général de division , puis nommé commandant de l' armée de l'Intérieur , succédant à Barras qui devient l'un des 5 membres du Directoire .

Officier d' artillerie de formation, il innove vers cette époque dans l'utilisation de l'artillerie (canon de Gribeauval ) comme force mobile d'appui des attaques d'infanterie.

Il doit à Joséphine de Beauharnais , amie et ancienne maîtresse de Barras, qu'il vient d'épouser au début de 1796, sa promotion à la tête de la petite armée d'Italie, appelée en principe à ouvrir un simple front de diversion.

Campagne d'Égypte

Article détaillé : Campagne d'Égypte .

À son retour d'Italie, en décembre 1797, Bonaparte est accueilli comme un héros par le Directoire qui organise une cérémonie officielle pour célébrer la paix de Campo-Formio . Il est nommé membre de l' Institut dans la classe de mathématiques. En février 1798 , le Directoire soumet à Bonaparte l'idée d'une invasion de l' Angleterre . Il inspecte les côtes françaises de Boulogne, Calais et Dunkerque , en vue de la réalisation du projet. Sa popularité auprès des Français est de plus en plus importante. Le 23 février 1798, le gouvernement abandonne le projet d'invasion de l'Angleterre sur les conseils de Bonaparte, qui, lui-même influencé par Talleyrand , persuade alors le Directoire de porter la guerre en Égypte , où il pourra couper la route des Indes à la Grande-Bretagne. Le 24 février 1798, le rapport est présenté à Barras ; le 5 mars , inquiet de la popularité de Bonaparte, le Directoire le charge de mener l'expédition en Égypte, avec aussi l'idée de s'en débarrasser.

En avril 1798 est créée l'armée d'Orient, placée sous les ordres de Bonaparte. Des scientifiques formant l' Institut d'Égypte l'accompagnent. Il est, en outre, accompagné des généraux Kléber , Desaix , Murat , Lannes , Davout et Caffarelli .

Le 19 mai 1798, Bonaparte quitte Toulon avec le gros de la flotte française et parvient à échapper à la poursuite de la flotte britannique de Nelson . Au passage, les Français s'emparent de Malte , le 10 - 11 juin 1798 , pour assurer les communications ultérieures avec la métropole. Le 19 juin 1798, après avoir laissé une garnison de 3 000 hommes sur place, la flotte met le cap sur Alexandrie qu'elle atteint le 1 er   juillet 1798 . Après une courte résistance, la ville est prise le lendemain.

Bonaparte laisse 3 000 hommes à Alexandrie et remonte le Nil vers Le Caire . Le premier véritable combat de la campagne d'Égypte a lieu à Chebreïs le 13 juillet 1798 où les cavaliers mamelouks sont défaits, grâce à l'artillerie de l' armée d'Orient . Le 21 juillet 1798, à la bataille des Pyramides de Gizeh , Bonaparte bat à nouveau l'armée des mamelouks. Le 24 juillet 1798, Bonaparte et son armée entrent triomphalement au Caire. Les 1 er et 2 août 1798, la flotte française est presque entièrement détruite à Aboukir par les navires de Nelson. Désormais, les Britanniques sont maîtres de la Méditerranée et Bonaparte est prisonnier de sa conquête. Suite à cette défaite, les Turcs, le 9 septembre 1798, déclarent la guerre à la France . Il faut rappeler qu'à cette époque l'Égypte fait partie de l' empire ottoman , comme la majorité du Moyen-Orient .

Pendant qu'il décide de faire de l'Égypte un véritable État capable de vivre en autarcie, Bonaparte envoie le général Desaix poursuivre Mourad Bey jusqu'en Haute-Égypte , complétant ainsi la soumission du pays. Poussés par les Britanniques et les Turcs, les mamelouks survivants travaillent la population du Caire , qui se révolte le 21 octobre 1798 contre les Français. Cette révolte est impitoyablement réprimée par les troupes. Le calme revient et Bonaparte rétablit la situation en décrétant finalement une amnistie générale, non sans avoir fait couper bon nombre de têtes exhibées à la foule terrorisée et canonner la Grande Mosquée du Caire.

En février 1799, Bonaparte se déplace en Syrie pour affronter les troupes ottomanes que le Sultan a envoyées pour attaquer les Français en Égypte. Le 10 février 1799 , Bonaparte quitte le Caire avec son armée et bat les Turcs aux combats d' El-Arich et de Gaza . Le 7 mars 1799, la ville de Jaffa est prise et pillée par les Français. C'est à ce moment-là que la peste apparaît dans les rangs Français.

Le 19 mars 1799 , Bonaparte met le siège devant Saint-Jean d'Acre . Le 13 avril 1799, les cavaliers de Junot mettent en déroute les cavaliers ottomans à la bataille de Nazareth et le 16 avril 1799, Bonaparte et Kléber écrasent l'armée turque de secours envoyée par le Sultan pour libérer le siège de Saint-Jean d'Acre à la Bataille du Mont-Thabor . Bien que victorieuse à cette bataille, le 16 avril 1799 , l'expédition en Syrie sera décimée par la peste puis arrêtée à Acre.

De retour à Acre, Bonaparte essayera en vain, du 24 avril au 10 mai 1799, de prendre la ville. Le 17 mai 1799, Bonaparte décide d'abandonner le siège et retourne en Égypte. Le 14 juin 1799, il arrive au Caire et, dans un retournement de situation, bat les Turcs le 25 juillet 1799 à la bataille terrestre d'Aboukir .

La situation du Directoire lui paraissant favorable à un coup de force, Bonaparte, qui n'a plus qu'une armée de terre affaiblie, ayant perdu sa marine, abandonne le commandement de l' armée d'Égypte à Kléber.

Retour à Paris, situation de la France

Il rentre en France, le 23 août 1799 , en catimini, à bord de la frégate La Muiron , abandonnant au général Kléber une armée diminuée et malade. Il débarque à Saint-Raphaël le 9 octobre 1799 après avoir miraculeusement échappé aux escadres britanniques pendant les 47 jours de la traversée.

Sur le chemin qui le mène à Paris , il est acclamé par la population. Jean-Baptiste Kléber se révèle un excellent administrateur et le 20 mars 1800 , réalise l'exploit de vaincre les Turcs à la bataille d'Héliopolis . Cette victoire permet à la France de conserver l' Égypte , mais Kléber meurt assassiné , le 14 juin 1800 au Caire, le jour où Napoléon gagne de justesse la bataille de Marengo en Italie, grâce à la charge héroïque de Desaix , qui est tué lors de l'assaut.

Le successeur de Kléber, le général Menou , capitule le 31 août 1801 devant les forces turco-britanniques après avoir perdu 13 500 hommes, principalement victimes des épidémies au cours des négociations de paix. Les soldats français restants sont rapatriés sur les vaisseaux britanniques vers la France .

Le Consulat

Article détaillé : Consulat (histoire de France) .

Le coup d'État

Arrivé dans la capitale, le général s'entretient avec Talleyrand , homme politique d'expérience et fin connaisseur des forces en jeu.

Article détaillé : Coup d'État du 18 brumaire .

Le schéma du coup d'État du 18 Brumaire ( 9 novembre 1799 ) prévoit les opérations suivantes : Bonaparte aura le commandement en chef de l'armée pour le maintien de l'ordre dans Paris et dans les assemblées . On envisage de déplacer les assemblées au château de Saint-Cloud sous le prétexte d'un péril jacobin . En effet, depuis 1789 , les assemblées se trouvent toujours sous la menace de la population parisienne.

L'essentiel des événements se déroule le 19 brumaire à Saint-Cloud. Les révisionnistes avaient envisagé une démission collective des cinq directeurs , mais les assemblées ont du retard car cette idée ne fait pas l'unanimité ; Bonaparte s'impatiente et décide d'intervenir.

Il tient un discours maladroit devant le Conseil des Cinq-Cents , discours hué par les députés qui l'accusent de vouloir instaurer la dictature . Bonaparte est alors contraint de quitter l'assemblée. Mais il prend rapidement la situation en main avec l'aide de son frère Lucien qui préside les cinq-cents. Lucien évite que Napoléon soit mis en cause par les députés qui veulent voter pour mettre hors-la-loi Bonaparte. Lucien retarde le vote et va chercher Murat qui vient avec la troupe et met de l'ordre dans les assemblées, disant que certains députés voulaient poignarder Bonaparte pour justifier une intervention de l'armée.

Les représentations des députés sortant par les fenêtres et voulant poignarder Napoléon sont très répandues. Bonaparte est de fait l'homme fort de la situation, qui fait basculer un coup d'État parlementaire en un coup d'État militaire.
Mais Bonaparte reste attaché aux formes juridiques et dans la soirée du 19 Brumaire, les députés restent à Saint-Cloud pour voter la décision de nommer deux commissions pour préparer une nouvelle constitution. On constate alors une volonté d'appuyer le régime sur le vote des représentants du peuple.

Bonaparte, Premier consul, par Jean Auguste Dominique Ingres
Bonaparte, Premier consul , par Jean Auguste Dominique Ingres

Le 20 brumaire les trois Consuls sont désignés : Bonaparte, Sieyès et Ducos . C'est le début du Consulat . Roger Ducos est tout acquis à Bonaparte, alors que Sieyès lui n'entend pas se résigner à abandonner le pouvoir à Bonaparte seul. Il entend bien jouer un rôle dans le gouvernement du Consulat. Pour contrecarrer son encombrant collègue, Bonaparte, multipliant les provocations, maintient aux portefeuilles ministériels les ennemis de Sieyès en offrant les relations extérieures à Talleyrand et celui de la Police à Fouché .

Le travail de rédaction de la Constitution est confié officiellement à deux commissions législatives formées de députés des Cinq-Cents et des Anciens . Mais en fait, c'est Sieyès qui va proposer un projet. À l'examen, le projet s'avérera trop complexe, voire irréaliste. En effet, il prévoit l'instauration d'un régime démocratique fondé sur un pouvoir législatif fort représenté par trois chambres. L'exécutif sera, quant à lui, réduit à une magistrature à vie purement honorifique et à deux consuls aux fonctions limitées.

Bonaparte profite des faiblesses de ce plan pour imposer son propre projet et se débarrasser de son encombrant rival. Du 4 au 13 décembre 1799, il réunit ainsi les deux commissions dans son bureau pour élaborer le texte de la nouvelle constitution.

La Constitution de l'an VIII est adoptée en comité restreint le 13 décembre 1799 . Elle s'inspire en partie du projet de Sieyès , mais intègre les idées politiques de Napoléon Bonaparte, notamment concernant le pouvoir exécutif. Sieyès, lui-même, sera chargé de désigner les trois consuls de la république : Bonaparte comme premier consul, puis Jean-Jacques-Régis de Cambacérès et Charles-François Lebrun , comme 2 e et 3 e consuls de la République. Sieyès, quant à lui, sera relégué au poste de président du Sénat.

«  Lorsque je me mis à la tête des affaires, la France se trouvait dans le même état que Rome, lorsqu'on déclarait qu'un dictateur était nécessaire pour sauver la République  » (Bonaparte).

La Constitution

La Constitution de l' an VIII entre en vigueur le 25 décembre 1799. Bonaparte établit la Constitution sous des apparences démocratiques, mais organise un pouvoir autocratique , toutes les évolutions du régime ne feront qu'accentuer le caractère autocratique du pouvoir.

Le pouvoir législatif est divisé en trois assemblées ( tricamérisme ) :

  • le Tribunat discute les lois sans les voter
  • le Corps législatif (ou « Corps des muets ») adopte ou rejette les lois
  • le Sénat est chargé de vérifier que la loi est conforme à la constitution.

La préparation de la loi appartient à l'exécutif, par le biais du Conseil d'État , chargé de rédiger les textes législatifs.

Le pouvoir fonctionne de manière autoritaire, les procédés de démocratie semi-directe (quelque peu fictive) sont soigneusement organisés et contrôlés. Le consul corrige lui-même les résultats s'ils ne sont pas satisfaisants. Le Consulat est une forme de despotisme éclairé.

Du Consul à l'Empereur

En 1800 , Bonaparte attaqua et vainquit l' Autriche une nouvelle fois. Battus à Marengo par Napoléon et à Hohenlinden par Moreau , les Autrichiens durent signer le traité de Lunéville le 9 février 1801 , ce qui amena les Britanniques à signer la paix d'Amiens le 25 mars 1802 (4 germinal an X, contresignée deux jours plus tard). Si son pouvoir était fragile au lendemain de Brumaire, la victoire de Marengo et ses suites consolidèrent fortement la situation de Bonaparte.

Le 24 décembre 1800 , une «  machine infernale  » (bombe) l'attendait rue Saint-Nicaise . Le cocher du Premier consul passa au grand galop. La bombe explosa trop tard et seules les vitres du véhicule furent soufflées. Sur place, en revanche, ce fut le carnage. On dénombra 22 morts et une centaine de blessés. Fouché , alors ministre de la Police, réussit à prouver que l'attentat était l'œuvre des royalistes, alors que Bonaparte était persuadé avoir affaire aux Jacobins. L'exécution du duc d'Enghien en sera une conséquence.

En 1802 , Bonaparte demande que les cendres du Maréchal de Turenne soient transférées aux Invalides . Il est en effet un fervent admirateur de Turenne, dont il reprendra avec succès la stratégie d'attaque par surprise ( Bataille de Turckheim , 1675 ) dans ses campagnes de 1805 à 1812 . Par la suite, enivré par ses victoires, s'engageant avec témérité en Russie avec la Grande Armée, il oubliera que toute campagne nécessite une étude approfondie et collective du terrain et de la psychologie de l'ennemi.

La même année, Bonaparte rétablit l' esclavage dans les colonies. Ce rétablissement devait faire repartir une économie défaillante dans les colonies des Antilles .

Il fallut attendre 1848 pour que l'abolition définitive de l'esclavage soit promulguée.

Bonaparte vendit la Louisiane , immense territoire d' Amérique du Nord , aux États-Unis , en 1802 .

Il envoya une armée forte de 34 000 hommes à Saint-Domingue sous les ordres du général Leclerc pour rétablir l'autorité de la France. Après quelques succès, notamment la capture de Toussaint Louverture (qui mourut au fort de Joux , dans le Doubs , le 7 avril 1803 ), son armée affaiblie par une épidémie de fièvre jaune fut anéantie par les soldats de Jean-Jacques Dessalines .

Après que Bonaparte eut étendu son influence sur la Suisse , qui mit en place les institutions décentralisées actuelles, et sur l' Allemagne , une dispute à propos de Malte servit de prétexte aux Britanniques pour déclarer une nouvelle fois la guerre à la France en 1803 , et pour soutenir l'opposition royaliste à Bonaparte. Celui-ci réagit : l'idée d'une invasion du Royaume-Uni se fait jour, et pour ramener à la raison les royalistes, qui, peut-être, complotent dans l'ombre, le Premier consul fait exécuter le duc d'Enghien , prince Bourbon. L'exécution qui se déroule à Vincennes après un simulacre de procès, ne suscite pas d'autres protestations que celles du Royaume-Uni , de la Russie et de l' Autriche qui s'en tiennent à quelques timides reproches. C'est cependant cet acte qui assoit la réputation de « Robespierre à cheval » de Napoléon (à Sainte-Hélène , Napoléon assumera cet acte, malgré la très probable implication de Talleyrand ). Après ce gage donné aux républicains, dans la mesure où le Premier consul réitère le crime des régicides, celui-ci se couronne Empereur le 2 décembre 1804 .

Napoléon se fait couronner roi d'Italie le 26 mai 1805 à Milan
Napoléon se fait couronner roi d' Italie le 26 mai 1805 à Milan

À proprement parler, l'Empire naît à la demande du Sénat . Steven Englund se rallie à l'opinion selon laquelle il s'agissait, initialement, de protéger la République. Le Consulat abattu, l' ordre se serait effondré avec lui. Empereur, il devenait une institution, scellant la pérennité des valeurs républicaines. Il pouvait mourir : l'hérédité du titre était censée protéger le pays des bouleversements et de la perte des acquis révolutionnaires (avec, en premier lieu, l' égalité , loin devant la liberté). C'est ainsi que les monnaies impériales portent, sans hypocrisie, la mention «  Napoléon Empereur - République française  ».

Par suite seulement, cet Empire « républicain », protégeant les acquis révolutionnaires, se fera «  impérialiste  ».

L'Empire

Article détaillé : Premier Empire .

La symbolique impériale

Le sacre impérial, événement unique dans l' Histoire de France représenté sur le tableau de Jacques-Louis David , Le Sacre de Napoléon , est lourdement chargé en symboles. Le passage de la République à l'Empire nécessite la création d' armoiries impériales , ainsi que la création d'objets symboliques destinés à établir une tradition auparavant inexistante. Napoléon, qui se veut rassembleur, décide d'associer aux symboles de son règne les images qui ont pu représenter auparavant la France , ainsi que les pouvoirs forts européens.

Le Sacre de Napoléon, de Jacques-Louis David – Cette scène montre le moment où Napoléon prend des mains de Pie VII la couronne impériale pour en coiffer sa femme l'impératrice Joséphine.
Le Sacre de Napoléon , de Jacques-Louis David – Cette scène montre le moment où Napoléon prend des mains de Pie VII la couronne impériale pour en coiffer sa femme l'impératrice Joséphine .

L'aigle est choisi en référence aux aigles romaines, portées par les légions , mais il est également le symbole de Charlemagne , l'aigle éployée. C'est d'ailleurs une erreur de lecture qui donnera pour symbole de l' Empire français un aigle aux ailes déployées : en héraldique , éployée se dit des oiseaux et des animaux chimériques représentés avec les ailes étendues (un aigle à deux têtes aux ailes déployées en est un bon exemple). La couleur rouge du manteau impérial, est une référence directe au pourpre de l' imperium romain. Napoléon se pose ainsi en héritier de l' Empire romain et de Charlemagne.

Les abeilles sont censées rappeler les Mérovingiens (des broches les représentant ayant été retrouvées dans des tombeaux de cette époque), et leur disposition sur les armoiries et le manteau impérial doit rappeler les fleurs de lys des capétiens. La main de justice, utilisée par les Capétiens lors des sacres royaux doit faire apparaître qu'il est l'héritier de leur pouvoir. Napoléon veut montrer qu'il est le fondateur de la « quatrième dynastie », celle des Bonaparte , après les Mérovingiens , les Carolingiens , et les Capétiens .

D'autres symboles utilisés pendant le sacre sont chargés de valeurs morales. Ainsi, Napoléon tient un moment le globe de Charlemagne  ; il porte la couronne de ce même empereur (ces deux éléments ayant été forgés de toutes pièces avant le sacre). Son épée et son sceptre sont dits "de Charlemagne" : ils ont été en réalité utilisés depuis plusieurs siècles par les Valois puis les Bourbons lors de leurs sacres.

Napoléon et l'Église

Napoléon Bonaparte
Napoléon Bonaparte

L' auto-sacre de Napoléon, sous les yeux du Pape , qui semble réduire le pape Pie VII à bénir le couronnement du chef d'état Français, est également l'occasion de revenir sur les rapports entre la France et la papauté.

La signature du Concordat par le Premier consul en 1801 reconnaît le catholicisme comme la religion «  de la majorité des Français  », et non plus comme religion d'État. Les prêtres reçoivent désormais un traitement de la part de l'État. Afin de montrer sa puissance, Napoléon ne va pas se faire sacrer à Rome , comme autrefois Charlemagne et les Empereurs Germaniques (jusqu'au 15ème siècle) , c'est le pape que l'on fera venir à Paris.

Napoléon l'accueille irrespectueusement en forêt de Fontainebleau , à cheval et en habit de chasse, voulant faire croire au caractère fortuit de la rencontre. Napoléon offensera encore le Souverain Pontife en lui prenant des mains la couronne de l'impératrice, mais surtout en se couronnant lui-même. De cette manière, il affirme la primauté du politique (et donc du séculier) sur le religieux.

Article détaillé : Le Sacre de Napoléon .

Le rapprochement entre Napoléon et l'Église est donc le fruit d'un calcul politique de la part de l'Empereur. Au-delà de la valeur morale qu'a pu avoir un sacre religieux aux yeux des catholiques, de la valeur symbolique d'un couronnement pontifical rappelant le sacre des empereurs germaniques, Napoléon se place à l'égal, voire au-dessus des rois européens comme successeur de Charlemagne et des Empereurs de la Rome Antique. La présence du pape au sacre donne une dimension morale et légitime supplémentaire à l'Empire.

- Celui-ci n'est plus simplement le fruit d'une révolution, c'est un couronnement divin comme comme les autres souverains européens mais qu'aucun des souverains d'Europe ne peut égaler. Napoléon se place au même niveau que le souverain du Saint Empire Romain Germanique avant de la dépasser et d'être le seul Empereur en Europe. François II l'avait d'ailleurs bien compris puisqu'après la proclamation de l'Empire Français, il décrête que l'Autriche, alors archiduché, devient aussi un Empire -.

La présence du pape est donc davantage un message aux pays européens qu'un hommage catholique de la part de Napoléon.

Napoléon, d'ailleurs peu sensible au sort du Vicaire du Christ, n'hésite pas à le retenir prisonnier à Fontainebleau . Dans l'idée d'affirmer la puissance de la France dans le domaine spirituel, il envisagera de transférer la résidence du pape de Rome à Paris , avant d'abandonner cette idée.

L'Empire victorieux

Première distribution de la Légion d'honneur instituée par l'empereur le 14 juillet 1804 dans la chapelle des Invalides d'après le peintre Jean-Baptiste Debret
Première distribution de la Légion d'honneur instituée par l'empereur le 14 juillet 1804 dans la chapelle des Invalides d'après le peintre Jean-Baptiste Debret

En 1804 , l'heure n'est donc pas encore aux vastes conquêtes, et, persuadé depuis longtemps que le seul moyen d'obtenir une paix définitive est de neutraliser le Royaume-Uni , Napoléon mit au point, avec l' amiral Latouche-Tréville (qui mourra avant d'avoir pu l'exécuter), un plan visant à l'invasion du Royaume-Uni. Celui-ci échoua définitivement à la bataille de Trafalgar , où la flotte franco-espagnole commandée par l'amiral de Villeneuve fut détruite par l'amiral Nelson . Le Royaume-Uni en tira la domination des mers pendant le siècle suivant.

En 1805 , la Troisième coalition se forma en Europe contre Napoléon. L'Empereur qui, à Boulogne , supervisait les préparatifs en vue de l'invasion du Royaume-Uni, dut faire face à une guerre soudaine, et à l'autre bout de l'Europe. Il mena une offensive immédiate, acheminant la Grande Armée en Autriche à marche forcée, et s'assura une brillante victoire contre l' Autriche et la Russie à la bataille d'Austerlitz , dite « bataille des Trois-Empereurs ».

En 1806 , la Prusse provoque un nouveau conflit. La campagne que mène Napoléon est impressionnante de rapidité : « l'Âme du monde » ( Hegel ) : il balaie l'armée prussienne à la bataille d'Iéna (doublée de la victoire de Davout à Auerstaedt où, avec 30 000 hommes, le Maréchal Davout bat les 63 500 Prussiens qui l'assaillent). L'année suivante, Napoléon traverse la Pologne , remporte une victoire sur les Russes à Friedland et finit par signer, à Tilsit , au milieu du Niémen , en une mise en scène conçue pour frapper les esprits, un traité avec le tsar Alexandre I er , divisant l' Europe entre les deux puissances.

Cet homme formé dans les écoles et par les maîtres de l' Ancien Régime , officier de l'armée royale, brise les anciennes conceptions militaires. Il ne s'agit plus de livrer une guerre de siège à l'aide de 30 à 50 000 hommes, mais de rechercher la bataille décisive, engageant plus de 100 000 hommes s'il le faut. Il ne s'agit plus de rester maître du champ de bataille, mais d' anéantir l'ennemi.

En 1808 , il crée la noblesse d'Empire : bientôt ses maréchaux et généraux arboreront les titres de comte d'Empire, prince de Neuchâtel , duc d'Auerstaedt , duc de Montebello , duc de Dantzig , duc d'Elchingen , roi de Naples .

Du 27 septembre au 14 octobre 1808 , Napoléon donne rendez-vous à Alexandre I er à Erfurt , pour un nouveau traité , afin qu'ils s'unissent contre l' Autriche qui menace de redéclarer la guerre à la France .
Le tsar refuse en préférant que ce traité soit établi dans le but de renouveler l'alliance qui s'était forgée entre eux l'année précédente à Tilsit ; cela permit en fait à Napoléon de s'assurer encore plus longtemps de la fidélité d'Alexandre. Mais ce fut un échec car il s'aperçut bientôt de la trahison de Talleyrand , qui avait approché le tsar en lui conseillant de résister à Napoléon qui ne cessait de séduire ce dernier.

Articles détaillés : Traité de Tilsit et Congrès d'Erfurt .

En 1810 , le « Grand Empire » compte 130 départements, d' Amsterdam à Rome , ainsi que plusieurs États vassaux et sa population est de 70 millions d'habitants, dont 30 seulement sont français ; l'Empire est à son apogée .

L'Empire napoléonien à son apogée en 1811██ Empire français██ États vassaux██ Alliés de l'Empire
L'Empire napoléonien à son apogée en 1811

██  Empire français

██  États vassaux

██  Alliés de l'Empire