La Main rouge est le nom d'une organisation terroriste française opérant dans les années 1950 d'abord au Maghreb , sous colonisation française, puis en Europe .
Son existence est toujours obscure à ce jour et la France n'a toujours pas autorisé l'ouverture de ses archives secrètes relatives à cette organisation. Il est parfois dit que la Main rouge n'est en réalité qu'une organisation fictive créée par les services secrets français pour lui attribuer des activités de sabotages et d'assassinats que les services secrets ont eux-même effectués.
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Maghreb
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Au Maghreb, la Main rouge est notamment créditée de l'assassinat du militant et syndicaliste tunisien Farhat Hached le 5 décembre 1952 .
Tracts
Voici le texte d'un tract de La Main rouge distribué en Tunisie vers le début du mois d'octobre 1952 [ 1 ] et reproduit tel quel :
« CONTRE L'ASSERVISSEMENT DE LA TUNISIE par les épiciers impérialistes américains
Exterminateurs de la race rouge, assassins des Porto-Ricains, mainteneurs de l'esclavage noir, bourreaux des Philippines...
Ralliez La MAIN ROUGE
Contre Ferhat Hached l'Américain
Ralliez La MAIN ROUGE
Contre la pourriture de la cour beylicale complice
Ralliez La MAIN ROUGE
Qui fera de ce pays une terre française de liberté dans la vieille tradition tricolore de 1789
LIBERTÉ-ÉGALITE-FRATERNITÉ
Hommes libres, frères Tunisiens musulmans, chrétiens, israélites
Pour notre indépendance menacée, pour la sauvegarde de notre vieille civilisation méditerranéenne, arabe et latine
RALLIEZ LA MAIN ROUGE »
Voici un autre texte d'un tract reçu par la famille de Farhat Hached peu avant son assassinat. Il est également reproduit tel quel, les fautes d'orthographe existant dans le texte d'origine :
« FRANCAIS....... TUNISIENS,
Les incessantes provocations et brimades de ces jours derniers,
Les menaces de toutes sortes à l'égard d'une population courageuse qui ne demande qu'à vivre en paix nous mettent dans l'obligation d'envisager de passer à l'action directe sans délais.
Les quelques 350 000 anciens combattants de ce pays ne toléreront pas que la vieille amitié FRANCO-TUNISIENNE soit insultée et mise en péril plus longtemps par une poignée d'agitateurs à la solde de l'étranger.
C'est dans le sang, sur les champs de batailles de tous les pays, que la communauté FRANCO-TUNISIENNE est née, s'est affirmée.
C'EST DANS LE SANG QU'ELLE SAURA LE CAS ÉCHÉANT METTRE UN TERME À L'AGITATION ACTUELLE.
AVIS AU PRINCES AUSSI HAUT PLACÉS SOIENT-ILS, AUX GRANDS ET PETITS BOUGEOIS DESTOURIENS VENDU À L'AMÉRIQUE COMME LA RACAILLE COMMUNISTE,
CE PAYS EST TERRE DE CULTURE FRANCAISE ET LE RESTERA.
Les Frères de La Main rouge, rouge de sang des ennemis de la France, invitent tous les anciens combattants FRANCAIS ET TUNISIENS, tous les libres citoyens de ce pays à ce joindre à eux.
Groupez vous dans vos villages, dans vos quartiers, organisez-vous en commandos, armez-vous et frappez, frappez sans pitié les criminels fauteurs de troubles.
ŒIL POUR ŒIL
DENT POUR DENT
Un seul mot d'ordre, FRANCE .......... TUNISIE
VIVE LA FRANCE ......... VIVE LA TUNISIE FRANCAISE »
Europe
Le nom de la Main rouge a été récupéré par une organisation qui commit meurtres et attentats en Europe contre des militants de l'indépendance algérienne. Dans leur ouvrage intitulé Histoire secrète de la V e République , Roger Faligot et Jean Guisnel désignent la Main rouge comme « la machine à tuer des services secrets français », c'est-à-dire du Service de documentation extérieure et de contre-espionnage (SDECE). Selon ces auteurs, le feu vert de cette entreprise aurait été donné par le gouvernement socialiste de Guy Mollet . Selon Constantin Melnik , l'inventeur de cette deuxième Main rouge serait le général Paul Grossin , chef du SDECE.
Le premier attentat a eu lieu le 28 septembre 1956 à Hambourg ( Allemagne ), chez Otto Schlütter, un trafiquant d'armes qui approvisionnait le Front de libération nationale algérien , tuant son employé. Un autre attentat tue sa mère en juin 1957 .
Le 9 septembre 1957 à Genève , Georges Geitser, fabricant de détonateurs est poignardé. Puis, le 19 , toujours à Genève, c'est Marcel Leopold, autre trafiquant d'armes, qui est assassiné par une flèche empoisonnée tirée à la sarbacane [ 2 ] .
Le 5 novembre 1958 , Mohamed Aït-Ahcène, délégué du Gouvernement provisoire de la République algérienne essuie des tirs de pistolet mitrailleur au centre de Bonn , la capitale ouest-allemande. Der Spiegel dénonce alors la main de la France, alors que L'Humanité et L'Express accusent un certain colonel Mercier. Une opération ratée, le 5 juillet 1959 à Rome , qui visait le représentant du FLN Taïeb Boularouf, tue quant à elle un enfant de dix ans prénommé Rolando.
Les assassinats furent nombreux en Allemagne de l'Ouest , Suisse , Belgique , Italie et Pays-Bas d'après Faligot et Guisnel. Constantin Melnik évoque 135 personnes tuées pour la seule année 1960 .
Références
Bibliographie
- Roger Faligot et Jean Guisnel , Histoire secrète de la V e République , éd. La Découverte, Paris, 2006
- Pierre Genève, La Main rouge , éd. Nord-Sud, Paris, 1960
- Antoine Méléro, La Main rouge. L'armée secrète de la république , éd. du Rocher, Paris, 1997
- Constantin Melnik, Un espion dans le siècle. Tome 1. La Diagonale du double , éd. Omnibus, Paris, 1994
- Constantin Melnik, La Mort était leur mission , éd. Plon, Paris, 1996








