Jacques Chaban-Delmas
Jacques Chaban-Delmas en 1969.
Jacques Chaban-Delmas en 1969.
Fonctions
Président de l' Assemblée nationale

( 2 ans 2 mois et 10 jours )
Législature VIII e
Prédécesseur Louis Mermaz
Successeur Laurent Fabius

( 3 ans 1 mois et 18 jours )
Législature VI e
Prédécesseur Edgar Faure
Successeur Louis Mermaz

( 10 ans 6 mois et 11 jours )
Législature I re , II e , III e , IV e  ( Cinquième République )
Prédécesseur André Le Troquer
( IV e République )
Successeur Achille Peretti
Député de la 2 e  circonscription de la Gironde
Député de la Gironde de 1986 à 1988

( 24 ans et 19 jours )
Réélection




Législature V e , VI e , VII e , VIII e , IX e , X e  ( Cinquième République )
Groupe politique UDR (1973-1976)
RPR (1976-1997)
Prédécesseur Jacques Valade
Successeur Alain Juppé
Premier ministre français

( 3 ans et 15 jours )
Président Georges Pompidou
Gouvernement Jacques Chaban-Delmas
Législature IV e  ( Cinquième République )
Coalition Majorité présidentielle
UDR - RI - CDP
Gaullistes - Centre droit - Centre
Prédécesseur Maurice Couve de Murville
Successeur Pierre Messmer
Député de la 2 e  circonscription de la Gironde

( 10 ans 7 mois et 11 jours )
Réélection


Législature I re , II e , III e , IV e  ( Cinquième République )
Groupe politique UNR
UNR-UDT
UD-Ve
UDR
Prédécesseur IV e République
Successeur Jacques Chabrat
Ministre de la Défense nationale
et des Forces armées

( 6 mois et 8 jours )
Président René Coty ( IV e République )
Gouvernement Félix Gaillard
Prédécesseur André Morice
Successeur Pierre de Chevigné
Ministre d'État

( 1 an 3 mois et 23 jours )
Président René Coty
Gouvernement Guy Mollet
Ministre des Travaux publics, des Transports et du Tourisme

( 5 mois et 2 jours )
Président René Coty
Gouvernement Pierre Mendès France
Prédécesseur Maurice Bourgès-Maunoury
Successeur Édouard Corniglion-Molinier

( 1 mois et 26 jours )
Président René Coty
Gouvernement Pierre Mendès France
Prédécesseur Jacques Chastellain
Successeur Maurice Bourgès-Maunoury
Maire de Bordeaux

( 47 ans et 8 mois )
Prédécesseur Jean-Fernand Audeguil
Successeur Alain Juppé
Député de la Gironde

( 12 ans et 7 jours )
Élection
Réélection
Législature I re , II e , III e ( Quatrième République )
Groupe politique Républicain radical et radical-socialiste
RPF
Républicains sociaux
Biographie
Nom de naissance Jacques -Michel-Pierre Delmas
Date de naissance
Lieu de naissance Paris  13 e ( France )
Date de décès (à 85 ans)
Lieu de décès Paris  7 e ( France )
Nationalité Française
Parti politique RPF
Républicains sociaux
UNR
UDR
RPR
Conjoint Micheline Chavelet
Diplômé de Faculté de droit de l' Université de Paris
Sciences Po
Profession Journaliste
Haut fonctionnaire
Général de brigade ( Résistance )

Signature de Jacques Chaban-Delmas

Jacques Chaban-Delmas , né Jacques Delmas [ a ] le à Paris  13 e et mort le à Paris  7 e , est un homme d'État français de la IV e et de la V e République . Souvent surnommé Chaban , il est considéré comme l'un des «  barons du gaullisme  ».

Il a également été résistant , général de brigade ainsi qu'international français de rugby à XV et de tennis .

Pendant sa carrière politique, il est député-maire de Bordeaux de 1947 à 1995, président de l'Assemblée nationale à trois reprises (1958-1969, 1978-1981 et 1986-1988) et exerce les fonctions de Premier ministre de 1969 à 1972 sous la présidence de Georges Pompidou .

Biographie

Fils de l'ingénieur Pierre Delmas (1887-1980) et de Georgette Barrouin (1895-1985) [ 1 ] , professeur de musique à Bordeaux, il naît au 76 boulevard de l'Hôpital à Paris. Ses parents se séparent en 1927 et sa mère se remarie en 1928 avec Pierre Legendre , pilote de chasse au moment de la Grande Guerre , devenu marchand de meubles [ 2 ] . Élève médiocre au lycée Lakanal , à Sceaux , il y découvre le rugby et sa tradition éducative. Puis il étudie à la faculté de droit de Paris et est diplômé de l' École libre des sciences politiques (SciencesPo), licencié en droit et diplômé d'études supérieures d' économie politique et de droit public en 1937 [ 3 ] . En 1933, il entre en tant que journaliste financier au quotidien L'Information économique et financière . En 1938-1939 pour son service militaire au 37 e  régiment d'infanterie de Bitche en Moselle, il fait les EOR , est reçu premier et sort major de promotion à Saint-Cyr en . Au moment de la défaite de , il est sous-lieutenant au 75 e bataillon alpin de forteresse dans le massif de l'Authion au nord de Nice [ 4 ] .

Résistance

Ne supportant pas l'humiliation de , il passe en zone libre , où il rencontre le colonel Groussard qui le met en contact avec le réseau de résistance Hector en [ 5 ] . Il se lie avec Maurice Bourgès-Maunoury , Henri Sacquet et Félix Gaillard . De 1941 à 1942, il travaille au ministère de la Production industrielle, dirigé par François Lehideux sous Darlan , puis Jean Bichelonne , dans le deuxième gouvernement de Pierre Laval , dont les services parisiens étaient installés dans un hôtel particulier du XVIII e  siècle, rue de Grenelle dans le 7 e  arrondissement parisien. Comme haut fonctionnaire, il est sous les ordres de l'inspecteur des Finances Raymond Panié [ 6 ] , ancien condisciple de Jean Bichelonne à l' École polytechnique qui sait que, sous le pseudonyme de Chaban — ce nom de résistant choisi en , un an avant la Libération, a pour origine un écriteau indiquant le château de Chaban [ 7 ] , [ 8 ] —, il fournit des renseignements économiques à la France libre . Chaban représente le chef du service des relations extérieures aux conférences qui réunissent les représentants des services responsables de l'économie en zone occupée . Jacques Delmas / Chaban est également l'un des trois membres du COFI, le Comité financier de la Résistance créé par Jacques Bingen , à avoir une délégation de signature pour l'émission de créances [ 9 ] , [ 10 ] .

À 29 ans (ou 30 ans ) [ b ] , en uniforme de général de brigade.

Général de brigade

En mai 1944 , il est nommé délégué militaire national par Socrate ( Lazare Rachline /Lucien Rachet), envoyé personnel du général de Gaulle. Devant peser dans les négociations, Socrate le recommande — alors qu'il n'est que lieutenant — au grade de général de brigade au général de Gaulle et au Gouvernement provisoire, qui entérinent. Il est le plus jeune général nommé depuis François Séverin Marceau , général à 24 ans à la Révolution, même s'il ne commande aucune troupe. Il participe à la Libération de Paris en août 1944 mais sans combattre, assumant essentiellement un rôle de renseignement et de liaison auprès du général Leclerc et des forces alliées. Il est fait chevalier de la Légion d'honneur et compagnon de la Libération .

Début de carrière politique

Il décide à la libération d'entrer en politique mais de Gaulle refuse tout compromis avec le « régime des partis », si bien que ce dernier le convainc d'adhérer au parti radical . Aussitôt, jouant du double patronage de Herriot et du Général, il se présente aux législatives en Gironde. Avec le soutien de l'aristocratie protestante du négoce viticole, il est élu député de Gironde le 10 novembre 1946 , mandat qu'il conserve jusqu'en 1997 . Il est maire de Bordeaux de 1947 à 1995 , et président de l' Assemblée nationale de 1958 à 1969 , de 1978 à 1981 et de 1986 à 1988 .

Européen convaincu, Jacques Chaban-Delmas, milita pour la création de la Conférence européenne des pouvoirs locaux, aujourd'hui Congrès des pouvoirs locaux et régionaux de l'Europe (CPLRE), organe de représentation des collectivités locales et régionales et en fut président du 12 janvier 1957 au 24 janvier 1960. Le Congrès devenait alors l'une des institutions du Conseil de l'Europe .

Plusieurs fois ministre sous la Quatrième République , en particulier sous Pierre Mendès France , il est un éphémère ministre de la Défense nationale du gouvernement Félix Gaillard , et inaugure, à ce titre, le Centre d'instruction à la pacification et à la contre-guérilla de Philippeville, dans le Constantinois (Algérie), le , dont il confie la direction au général Marcel Bigeard [ 11 ] . En tant que ministre de la Défense, il fait partie du lobby qui pousse le CEA , sous la direction de Francis Perrin , à fabriquer une bombe atomique, en profitant des faiblesses du régime de la Quatrième République .

Maire de Bordeaux de 1947 à 1995

Maire de Bordeaux durant 48 ans , Jacques Chaban-Delmas a l'occasion de mener plusieurs projets au service de sa ville, dont :

La restructuration du quartier de Mériadeck

Article détaillé : Mériadeck .

En 1955, la municipalité dirigée par Jacques Chaban-Delmas décide la rénovation totale du quartier de Mériadeck . Le projet prévoit la construction d'immeubles « barres » typiques de ces années. En 1963, la rénovation devient restructuration et le quartier Mériadeck est finalement le quartier d'affaires de Bordeaux avec des bâtiments modernes commerciaux et administratifs, ainsi que des équipements sportifs ( patinoire …). De nombreuses administrations et services sont regroupés dans ces grands bâtiments, dont la hauteur a finalement été limitée, construits autour d'un jardin central. De plus, la circulation automobile et celle des piétons ont été séparées par la construction d'une dalle, l'actuelle esplanade Charles-de-Gaulle.

Bordeaux-Lac

Article détaillé : Bordeaux-Lac .

En , la municipalité bordelaise, dirigée par Jacques Chaban-Delmas, se rend propriétaire d'un vaste espace inondable au nord de Bordeaux de 1 000  hectares à aménager pour favoriser le rééquilibrage de la ville au nord.

Le marais est asséché et un lac artificiel de 160 hectares est construit.

Quartier du Grand Parc

Article détaillé : Quartier du Grand Parc .

Le Grand Parc est un quartier d'urbanisation qui s'inscrit dans la politique de construction de grands ensembles menée en France après la guerre. Plus localement, il participe au projet d'expansion de la ville de Bordeaux sur les terrains marécageux du Nord (assèchement des terrains marécageux). Les plans de la ville prévoient la construction d'une cité HLM de 4 000 logements . Les travaux entrepris en 1959 par la Société bordelaise d'urbanisme et de construction et l'office d'HLM Aquitanis aboutissent en 1975. La cité accueille des rapatriés d' Algérie , des habitants de Mériadeck dont la restructuration est en cours et des fonctionnaires mutés. Les 4 000 logements de « la cité du Grand Parc » s'organisent autour d'une grande zone de verdure centrale qui accueille la majorité des équipements associés.

Création du campus de Bordeaux d'Arts et Métiers ParisTech

Chaban-Delmas est l'un des principaux moteurs politiques qui conduisent à la construction et à l'inauguration en 1963 du campus de Bordeaux de l'école d'ingénieurs Arts et Métiers ParisTech . Il s'agit du premier établissement de cette école ouvert après celui de Paris (1912). Depuis lors, Jacques Chaban-Delmas est membre d'honneur, d'abord à vie, puis à titre posthume, de la société des ingénieurs Arts et Métiers [ 12 ] .

Domaine universitaire

Au milieu du XX e  siècle, l' université de Bordeaux (et les universités françaises en général) voit ses effectifs augmenter fortement. Les locaux situés en centre-ville deviennent trop petits et la plupart des facultés déménagent vers un nouveau campus : le domaine universitaire de Talence Pessac Gradignan (sciences en 1960, droit en 1966-67, lettres en 1971) [ 13 ] .

Gare Saint-Jean

Le , en compagnie du président de la SNCF Philippe Essig et du directeur régional Marc Cauty, Chaban inaugure les nouvelles installations modernisées de la gare de Bordeaux-Saint-Jean , devant permettre l'accueil du futur TGV Atlantique [ 14 ] .

Ministre des Travaux publics, des Transports et du Tourisme de juin 1954 à août 1954

Jacques Chaban-Delmas démissionne le en compagnie du général Koenig , ministre de la Défense nationale et Maurice Lemaire , ministre de la Reconstruction et de l'Urbanisme. La raison pour laquelle ceux-ci démissionnent trouve son explication dans les conclusions arrêtées par le gouvernement de Pierre Mendès France concernant le « compromis » dessiné par ce dernier à propos du traité de la Communauté européenne de défense (CED). Ils font savoir, par ce geste, qu'il leur est impossible de s'associer à ces conclusions [ 15 ] .

Président de l'Assemblée nationale de 1958 à 1969

Jacques Chaban-Delmas devient ensuite président de l'Assemblée nationale.

Premier ministre de 1969 à 1972

Il est Premier ministre , sous la présidence de Georges Pompidou , de 1969 à 1972. Il est contraint à la démission par le président de la République, qui n'apprécie ni son projet de «  Nouvelle société  », trop progressiste (un de ses conseillers est Jacques Delors ), ni certaines maladresses de son Premier ministre (par exemple, la nomination de Pierre Desgraupes à la direction de l'information de l' ORTF ). Il est aussi visé par une campagne de presse virulente (au sujet de sa feuille d'impôt par exemple). Pompidou aurait agi sous l'incitation de ses proches conseillers Marie-France Garaud et Pierre Juillet , adversaires acharnés de la Nouvelle société, qui jouaient un rôle majeur d' éminence grise auprès du président de la République. En fait la publication des lettres de Pompidou montre que Pompidou se méfiant de lui, s'est décidé seul à révoquer son Premier Ministre, pour "les motifs que j'ai dit et pour d'autres, d'ordre privé" :

Jacques Chaban-Delmas se veut jeune, beau, séduisant et sportif. Il refuse de vieillir, se livre pour cela à son sport favori, le tennis, et assure la relève en se mettant au golf. Il aime les femmes, toujours passionné, seul changeant l'objet de sa passion. Il travaille peu, ne lit pas de papiers, en écrit moins encore, préférant discuter avec ses collaborateurs, et s'en remet essentiellement à eux, qu'il choisit bien, pour ce qui est des affaires publiques s'entend. Politiquement, il meurt de peur d'être classé à droite, il veut néanmoins plaire à tout le monde et être aimé. [ 16 ]

Il apparaît sous le nom du baron Chaban d'Elmas dans Le Roi , ouvrage pamphlétaire d' André Ribaud sur le pouvoir gaulliste paru en 1972.

Campagne présidentielle de 1974

Après le décès soudain de Georges Pompidou le , Jacques Chaban-Delmas se porte candidat à l' élection présidentielle de 1974 bien qu'il ait accumulé maladresses et malchances :

  • prévenu qu'un autre candidat de la majorité pourrait se déclarer à sa place, il officialise sa candidature le , alors que l'hommage de l'Assemblée nationale au président défunt n'est même pas terminé ; une partie de l'opinion juge le geste inélégant envers l'ancien président ;
  • sa feuille d'impôts, publiée par Le Canard enchaîné le , révèle qu'il ne paie que 16 808 francs d'impôts pour des revenus déclarés de 250 000 francs  : en effet, l'indemnité parlementaire est alors quasiment nette d'impôts, les revenus de son mandat de maire et de président du Conseil général sont exonérés et l' avoir fiscal créé en 1965 correspond à ce qui lui resterait à payer pour ses autres revenus ; de plus l'inculpation des frères Dega le déstabilise : Édouard Dega, inspecteur des impôts, est accusé de favoriser la fraude fiscale de riches contribuables, conseillé par son frère Georges Dega, membre du cabinet de Chaban-Delmas lorsqu'il était président de l'Assemblée Nationale et conseiller fiscal personnel de l'homme politique [ 17 ]  ; l'opinion publique le prend mal ;
  • sa deuxième femme, Marie-Antoinette Iôn [ 18 ] est morte lors d'un accident automobile, le  ; il se remarie avec Micheline Chavelet un an après, le  ; une rumeur s'est néanmoins propagée sur les causes de l'accident, notamment du fait d'une campagne dans la presse à scandales contre lui ; cela a des conséquences désastreuses dans une partie de l'opinion publique, et en particulier au centre droit où il pouvait espérer prendre une partie de ses voix.

Lâché par Jacques Chirac et par 43 parlementaires et ministres de l'UDR qui soutiennent la candidature de Valéry Giscard d'Estaing , soutenu froidement par le Premier ministre Pierre Messmer , affaibli par quelques maladresses (en particulier des retournements de position d' André Malraux , qui le soutient, sur un éventuel remplacement du livre par l'audiovisuel à l'école), il voit rapidement ses chances s'effondrer dans les sondages pendant la campagne du premier tour. Françoise Giroud , qui soutient François Mitterrand , dédaigne de l'attaquer et lui réserve ce mot : « On ne tire pas sur une ambulance [ 19 ]  ».

Son slogan de campagne ( Chaban pour la France, il l'a déjà prouvé ) met l'accent sur sa carrière résistante mais en définitive, au premier tour avec ses 15,1 % de suffrages, il est en troisième position, largement distancé par Valéry Giscard d'Estaing qui obtient 32,6 %. Au deuxième tour, il apporte à ce dernier son « soutien conditionnel » contre François Mitterrand. Sa défaite entraîna la naissance du cruel néologisme « se faire chabaniser  ».

Président de l'Assemblée nationale de 1978 à 1981, puis de 1986 à 1988

Dans les années 1980 .

En 1978, un renversement d'alliances et l'appui du président Giscard d'Estaing lui permet de récupérer le « perchoir », c'est-à-dire la présidence de l'Assemblée nationale , en évinçant Edgar Faure qui l'occupait depuis 1973 et qui avait l'appui du président du RPR , Jacques Chirac , à l'époque très influencé par le tandem Garaud - Juillet . Le Canard enchaîné montre dans une caricature une ambulance stationnant au pied du « perchoir ». En , il se voit confier une mission de renforcement des liens entre Moscou et Paris. Se trouvant à Moscou alors qu' Andreï Sakharov est assigné à résidence, il quitte l' URSS précipitamment afin de signifier le désaccord de la France. Il soutient Michel Debré à l' élection présidentielle de 1981 [ 20 ] .

Après les élections législatives de , Chaban-Delmas fait partie des favoris pour devenir Premier ministre du premier gouvernement de cohabitation , tout comme Simone Veil ou encore Valéry Giscard d'Estaing et Jacques Chirac . Finalement, ce dernier est nommé chef du gouvernement par le président de la République, François Mitterrand . En revanche, le , un accord avec Jacques Chirac lui permettra de regagner facilement la présidence de l'Assemblée nationale [ 21 ] .

Après les législatives de , il est le candidat des députés de droite à la présidence de l'Assemblée, mais, avec 268 voix contre 301 , il doit céder le perchoir au candidat de la gauche, l'ancien Premier ministre socialiste Laurent Fabius .

Retrait de la vie politique

En 1995, à l'âge de 80 ans , Chaban-Delmas décide de ne pas se représenter à la mairie de Bordeaux et soutient alors le candidat RPR, et tout nouveau Premier ministre, Alain Juppé , qui lui succède. À partir de là, il se retire progressivement de la vie politique. Il soutient Jacques Chirac à l' élection présidentielle de 1995 le 24 mars [ 22 ] .

Le , sur proposition du président Philippe Séguin , il est élu président d'honneur de l'Assemblée nationale par l'acclamation de tous les députés réunis dans l'hémicycle, à l'occasion d'un hommage solennel rendu aux cinquante ans de sa vie parlementaire.

Mort et hommages

Statue de Jacques Chaban-Delmas sur la place Pey Berland, à Bordeaux.

Le , alors âgé de 85 ans , il meurt d'une crise cardiaque à son domicile parisien de la rue de Lille . L'Assemblée nationale, qui en avait fait son président d'honneur, observa, le lundi matin suivant le décès, une minute de silence en hommage à son ancien président. Le président de la république Jacques Chirac présida la cérémonie funèbre officielle aux Invalides , en présence de nombreuses personnalités politiques de droite et de gauche [ 23 ] . L'ancien Premier ministre est inhumé à Ascain , dans les Pyrénées-Atlantiques [ 24 ] .

Le stade du Parc Lescure, qui accueille l'équipe de football des Girondins de Bordeaux et l'équipe de rugby de l' Union Bordeaux Bègles , devient le stade Chaban-Delmas en 2001.

Le a été installée sur la place Pey-Berland , au nord de la cathédrale, face au palais Rohan , une statue en hommage à Jacques Chaban-Delmas. L'œuvre de 3,2 mètres de haut pour 1 100 kilogrammes a été réalisée par Jean Cardot [ 25 ] .

Le conseil municipal de la ville de Bordeaux décide le de baptiser du nom de « Jacques Chaban-Delmas », le nouveau pont Bacalan-Bastide [ 26 ] , inauguré le par le président de la République François Hollande .

L' immeuble où logent les députés, derrière le palais Bourbon , porte le nom de Jacques Chaban-Delmas [ 27 ] .

Vie privée

Famille

Mariages et descendance

En 1933, Jacques Delmas entre en tant que journaliste stagiaire à L'Information économique et financière tout en suivant les cours de Sciences Po et de la faculté de droit. Le , il épouse Odette Hamelin, la fille du fondateur du journal, dont il divorce. Ils ont trois enfants : Clotilde, née en [ 31 ] , Christian, astronome né en 1941, et Valérie, née en 1945.

Avant la guerre, Jacques Chaban-Delmas joue au tennis avec Marie-Antoinette Îon. Ils se retrouvent à Londres en 1943 [ 32 ] . Au début de l'année 1945, Jacques déserte le domicile conjugal pour aller retrouver Marie-Antoinette Ion (qui divorce de François Geoffray, cadre dirigeant chez Renault). Il se remarie finalement le avec cette « petite blonde plantureuse aux yeux verts, d'origine belgo-roumaine, toujours très coquette. Outre son élégance un peu convenue, on souligne son bon goût classique, la qualité de ses conseils et la sûreté de son jugement sur les êtres » [ 33 ] . Ils ont un fils, Jean-Jacques, né le , marié à Diane de Oliveira-Cezar [ 34 ] , le puis divorcé et remarié à Corinne Bretonneau le , président de l'association « Chaban aujourd'hui ».

Marie-Antoinette Iôn disparaît dans un accident de voiture le à Urrugne (Pyrénées-Atlantiques). Jacques Chaban-Delmas, veuf, se remarie le , alors qu'il est Premier Ministre, avec Micheline Chavelet, que son ami François Mitterrand lui a présenté. titre du lien

Sports

La carrière sportive de Jacques-Chaban Delmas, sportif de haut niveau, fut mise en avant dans le courant des années 1960 par le biais d'un reportage de l'émission Les Coulisses de l'exploit .

Rugby à XV

Licencié au CASG Paris , puis au CA Bèglais au poste de trois-quarts aile gauche, Jacques Chaban-Delmas a joué en sélection nationale de rugby à XV en , contre l'équipe du British Empire Service , à Richmond .

Tennis

Jacques Chaban-Delmas
Nationalité Drapeau de la France   France
Naissance
Drapeau : France Paris XIII
Décès (à 85 ans)
Drapeau : France Paris VII
Prise de raquette Droitier
Palmarès
Meilleurs résultats en Grand Chelem
Aust. R-G. Wim. US.
Double 1/32
Mixte 1/16

Jacques Chaban-Delmas a été licencié à la section tennis du Racing Club de France dès l'avant-guerre. Il pratiqua le sport à haut niveau, et fut notamment finaliste du double messieurs du championnats de France de tennis en 1965 ( Le National ), vainqueur à Roland-Garros des Internationaux de France vétérans en simple en 1961 et en double messieurs en 1961 avec Roland Journu , puis de 1965 à 1970 avec Henri Pellizza .

Il a joué en double mixte à Roland-Garros avec Myrtil Dubois en 1956. Il a participé à plusieurs tournois français réputés tels que la Coupe Marcel Porée en 1955 et 1959 et la Coupe Albert Canet en 1964. En 1960, il prend part à une rencontre interclub France/Angleterre aux côtés d' Henri Cochet . En 1961, il participé aux Championnats de France sur courts couverts, ainsi qu'aux qualifications des Internationaux de France [ 35 ] .

Parcours dans les tournois du Grand Chelem

Année Open d'Australie Internationaux de France Wimbledon US Open
1968 1 er tour (1/32)
Drapeau : France H. Pellizza
Drapeau : Bolivie Gorostagia
Drapeau : Afrique du Sud Q. Pretorius
  • Sous le résultat, le nom du (de la) partenaire ; à droite, les noms des ultimes adversaires.

Fonctions politiques

Mandats électifs

Fonctions gouvernementales

  • Ministre des Travaux publics, des Transports et du Tourisme du gouvernement Pierre Mendès France (du 19 juin au 14 août 1954)
  • Ministre du Logement et de la Reconstruction du gouvernement Pierre Mendès France (du 3 septembre au 12 novembre 1954)
  • Ministre des Travaux publics, des Transports et du Tourisme du gouvernement Pierre Mendès France (du 3 septembre au 23 février 1955)
  • Ministre d'État du gouvernement Guy Mollet (du 21 février 1956 au 13 juin 1957)
  • Ministre de la Défense nationale et des Forces armées du gouvernement Félix Gaillard (du 6 novembre 1957 au 14 mai 1958)
  • Premier ministre du 20 juin 1969 au 5 juillet 1972

Autres fonctions exécutives

Œuvres

  • L'Ardeur (Stock, Paris, 1975) ;
  • Charles de Gaulle (Éditions n o  1, Paris, 1980) ;
  • La Libération (Éditions n o  1, Paris, 1984) ;
  • Les Compagnons (1986) ;
  • La Dame d'Aquitaine (1987) ;
  • Montaigne , Prix Henri-Malherbe (1993) ;
  • Mémoires pour Demain (Flammarion, 1997).

Décorations

Insigne de commandeur de la légion d'honneur Insigne de l'ordre de la Libération Insigne de la Croix de Guerre 1939-1945
Insigne de la médaille de la Résistance, avec rosette Insigne de commandeur de l'ordre du Mérite des États-Unis

Insigne de commandeur de l'ordre de Léopold

Filmographie

Cinéma

Télévision

Notes et références

Notes

  1. « Chaban » est un des noms qu'il avait adoptés dans la Résistance , et qui s'est ensuite imposé à lui, jusqu'à le faire ensuite ajouter à son état-civil.
  2. Le cliché a été pris entre et .

Références

  1. Dominique Lormier, Aquitaine : Jacques Chaban-Delmas , Éd. CMD, , p.  9 .
  2. Jacques Chaban-Delmas .
  3. Lachaise et al. 2007 , p.  47.
  4. Bertrand Galimard Flavigny, Ceux qui ont fait la France : 200 personnages clés de l'histoire de France , Leduc Éditions, , p.  417 .
  5. Lachaise et al. 2007 , p.  24.
  6. Ouvrir la «  Page d'accueil  » , sur le site de la bibliothèque de l'École polytechnique , Palaiseau (consulté le 11 mai 2016 ) , sélectionner l'onglet «  Catalogues  » puis cliquer sur «  Famille polytechnicienne  », effectuer la recherche sur « Raymond Panié », résultat obtenu : «  Panié, Raymond Eugène Désiré (X 1923  ; 1903-2000) ».
  7. Entretien avec Francis Lambert pour la campagne électorale de 1989.
  8. Dordogne 2009 , Petit Futé , , 408  p. ( ISBN   2746924382 et 9782746924383 , lire en ligne ) , « Histoire et patrimoine », p.  144 .
  9. JM Binot et B. Boyer, L'Argent de la Résistance , Larousse, 2010
  10. Patrick et Philippe Chastenet, Chaban , Seuil, 2001
  11. Marie-Monique Robin , Escadrons de la mort, l'école française [ détail des éditions ] , 2008, chap. IX, p.  133-134
  12. Informations tirées de :
    Collectif , L'école Des Arts Et Métiers De Bordeaux ENSAM , Le Bord de l'eau , , 200  p. , 19,5 x 26 ( ISBN   978-2-35687-265-4 , présentation en ligne ) .
  13. Bernard Lachaise, «  Les universités de Bordeaux au XX e  siècle  » , sur www.u-bordeaux3.fr (consulté le 7 avril 2010 ) , 1945-1968, Le temps des bouleversements.
  14. Point 1998 , p.  9.
  15. AFP, «  Le Gouvernement français entérine le "compromis" Mendès France sur le traité de la CED  », Le Soir ,‎ , p.  1 .
  16. Lettres, notes et portraits 1928-1974 de Georges Pompidou (Robert Laffont), extrait publié le 21 octobre 2012 dans Sud Ouest Dimanche , cité dans lelab.europe1.fr :
  17. Patrick Chastenet, Philippe Chastenet, Chaban , Seuil, , p.  419 .
  18. Appelée par certains journalistes Madame Geoffray, du fait de son précédent mariage avec Monsieur Geoffray, cadre supérieur chez Renault. Jacques Chaban-Delmas a de son côté divorcé de sa première femme, Odette Hamelin, avant de se remarier avec Marie Antoinette Îon le .
  19. « On ne tire pas sur une ambulance » , L'Express , 24 avril 1974
  20. Ina Actu, «  JA2 20H : EMISSION DU 03 FEVRIER 1981  » [vidéo] , sur YouTube ,‎ (consulté le 29 août 2016 ) .
  21. Chaque pas doit être un but , Mémoires, Jacques Chirac, NiL Éditions , chapitre Coexister.
  22. Pascale Nivelle, «  Chaban se range derrière Chirac, Juppé va au-devant de Bordeaux  » , sur Libération ,‎ (consulté le 29 août 2016 ) .
  23. Reportage de France 3 sur les obsèques de J. Chaban-Delmas .
  24. « La mort de Jacques Chaban-Delmas » , Le Nouvel Observateur , 13 novembre 2000.
  25. Hervé Mathurin, «  La statue de Jacques Chaban-Delmas inaugurée à Bordeaux (article et 2 vidéos)  » , sur sudouest.fr ,‎ (consulté le 5 mai 2016 )
  26. Pont Bacalan-Bastide de Bordeaux : le nom de Jacques Chaban-Delmas est adopté sur le site de Sud Ouest , consulté le 24 octobre 2012.
  27. La résidence des députés fait peau neuve. La Figaro, 16 juin 2007.
  28. Généastar : Ascendants de Jacques CHABAN DELMAS
  29. Les racines familiales de Jacques Chaban-Delmas
  30. Jean-Claude Guillebaud, Pierre Veilletet, Chaban-Delmas ou l'Art d'être heureux en politique , Grasset, 1969, p. 233
  31. Histoire de la France militaire et résistante Première partie Histoire de la… - page 253, de Dominique Lormier - 2000 - 317 pages.
  32. Chaban - page 98, de Patrick Chastenet, Philippe Chastenet - 1991 - 605 pages.
  33. Chaban , de Patrick Chastenet, Philippe Chastenet…, p.  135
  34. Arbol genealógico de la Familia Bunge de Argentina
  35. Jacques Chaban-Delmas sur tennisarchives

Annexes

Bibliographie

Document utilisé pour la rédaction de l'article  : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

Liens externes

Sur les autres projets Wikimedia :

Texte soumis à la licence CC-BY-SA. Source : Article Jacques Chaban-Delmas de Wikipédia (Historique).

Commentaires

Citation du jour

S'agenouiller n'use pas les rotules..

DJ TREZEGUET (DAKAR)

Votre citation

Le clip du jour

Cameroun - Featurist - Tu Connais

Voir le clip

Un portail par pays