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Préambule

L' histoire de la Mauritanie moderne actuelle commence avec la définition et la délimitation officielle des frontières du pays en 1904 par la France et l' Espagne , alors puissances coloniales occupantes.

Ce tracé de frontière n'a pas été établi en fonction des populations et par conséquent certaines de ces populations ont été divisées par ce processus de partition. Le brassage ethnique a toujours existé en Mauritanie et ses premiers habitants étaient d'origines diverses subsahariennes ( Mali , Niger , Ghana , Sénégal ). L'histoire de ces peuples est pluri-millénaire, mais les traces écrites sont rares pour les périodes les plus anciennes du pays.

Préhistoire

Bifaces du paléolithique inférieur (Musée d'Histoire naturelle de Milan)
Les paléoclimats récents de Mauritanie, R.Vernet, 1979.

Présence humaine

Les premiers habitants de la Mauritanie sont apparus il y a au moins 70 000 ans. Le climat était alors plus humide, le territoire était parsemé de cours d'eau et de lacs poisonneux et la faune y était abondante. Dans ce contexte, des populations venues du Sud (Bafours) y ont développé une civilisation de chasseurs-pêcheurs puis agropastorale. Ces populations étaient en partie sédentaires [ 1 ] .

Le Sahara néolithique, à l'instar de l' Europe au paléolithique (dans les millénaires précédents) a fourni des témoignages poignants du sens artistique de l'homme, en particulier dans le domaine de la gravure et de la peinture rupestre: les fresques extraordinaires du Hoggar et du Tassili N'ajjer le prouvent.

La sculpture sur pierre, sur os et sur bois, la bijouterie de pierre sont également présents. La Mauritanie Néolithique a connu ces techniques artistiques mais, de même peut-être que pour la céramique, il semble qu'elle fasse figure de parent pauvre. On n'y a pas découvert pour l'instant de fresques rupestres notables, ni de sculptures particulièrement exceptionnelles. L'explication en serait qu'il y a peut-être eu, d'Est en Ouest à travers le Sahara, une "dégradation" du sens artistique de l'homme néolithique, qui ne serait parvenu que plus récemment dans cette partie occidentale d'Afrique.

On trouve cependant, un peu partout dans le désert mauritanien, de nombreux vestiges, notamment des peintures rupestres , des pointes de flèches , qui attestent d'une présence humaine active dès le néolithique , il y a environ 10 000 ans. Le site rupestre le plus important de Mauritanie est celui d' Aoui-neght , étudiée par H. Lhote.

On a par ailleurs retrouvé de très nombreux monuments néolithiques en Mauritanie. Ils sont peu spectaculaires mais donnent une idée des rites funéraires et peut-être sur une religion de l'homme du néolithique Mauritanien. Un problème est de les dater: comme l'écrit R.Vernet [ 2 ] beaucoup sont en fait protohistoriques ou préislamiques . Comme on n'a généralement trouvé qu'un maigre matériel lithique en situation, la datation est difficile.

Ces monuments sont le plus souvent de facture très simple. Les plus complexes sont les alignements de pierre, en trois rangées, que l'on rencontre à plusieurs reprises en bordure de l' Aouker . Il existe aussi un certain nombre de pierres dressées. Cependant les monuments les plus nombreux et les plus facilement identifiables sont les tombes. Les types sont très variés, du simple tas de cailloux à la forme la plus élaborée, signe probable de la qualité sociale du défunt.

Le tumulus est fréquent, parfois assez perfectionné, comme à Lembetet el Kbir , près d' Akjoujt , où N. Lambert en a fouillé un d'un diamètre extérieur de 4,70 m et d'une hauteur de 1,20 m. Mais celui-ci est peut-être trop récent pour être néolithique, car il est possible qu'il soit en rapport avec les mineurs de cuivre protohistoriques [ 3 ] .

Les formes les plus élaborées sont le chouchet et la barkhane . Le premier est un monument funéraire cylindrique, haut de deux à trois mètres et d'un diamètre de trois à cinq mètres. Le second tire son nom de la dune en forme de croissant. L'ouverture des branches peut atteindre cinquante mètres. La barkhane est artificiellement levée avec du matériel lithique mêlé de terre. Là encore, les seuls cas étudiés sont ceux de Lembetet el Kbir, qui semblent assez représentatifs malgré leur âge tardif.

Concernant les possibles axes commerciaux, une hypothèse formulée en 1947 par R. Mauny [ 4 ] , admet que les gravures et peintures rupestres de chars et chariots trouvés au Sahara s'échelonnent selon des directions privilégiées, généralement selon des axes Nord-Sud. On connait aujourd'hui environ 450 représentations de chars, dont la plupart sont récentes, de la période traditionnellement appelée « libyco-berbère », c'est-à-dire du dernier millénaire avant J. C. Ces chars à deux roues, tirés en général par des chevaux (par des bœufs et à, parfois, quatre roues dans l'Aouker, où leur origine est méridionale) sont arrivés dans le Sahara avec de nouvelles populations, nomades, venues d'Afrique du Nord, les Berbères . Les chars sont donc le symptôme d'un changement ethnique dans le Sahara vers la fin du Néolithique. Ils correspondent à la poussée vers le sud, à la faveur de l'assèchement du climat, de nomades guerriers, au détriment de populations africaines refluant vers le sud — comme le montre la fortification des derniers villages de l'Aouker, fort médiocres par rapport aux sites anciens.

Par exemple, une de ces « routes de chars » traverse le Sahara occidental de Bir Moghrein à Nema et jusqu'au Niger . On a retrouvé des rupestres le long d'un « axe » allant de Bir Moghrein à Atar , d'Atar à Tidjikja , puis Tichitt , Oualata , Néma et le Niger — avec une « bretelle » sur le centre de l'Aouker. Cette « route » suit un tracé « facile » en longeant le pied d'une falaise.

Le char et le cheval sont donc apparus à peu près en même temps dans le Sahara, venus de Méditerranée orientale avec diverses invasions; atteignant d'abord la Cyrénaïque , dans la deuxième moitié du deuxième millénaire avant J. C. Les habitants de la région, « libyco-berbères » ou « garamantes » antiques, diffusèrent ensuite le char léger (aussi appelé « au galop volant ») dans tout le Sahara en le conquérant, grâce en particulier au cheval et aux armes de fer [ 5 ] . Il s'agit donc de la dernière migration ethnique qu'ait connu le Sahara avant les Arabes — les nomades berbères, guerriers Garamantes (à l'Est) et Gétules (à l'Ouest), remplaçant les éleveurs noirs qui se replièrent vers le sud, vers les zones plus humides du Tchad, du Niger et du Sénégal, où ils firent paître leurs troupeaux et pratiquèrent l'agriculture.

Paléoclimats

En 35 000 ans, le Sahara — y compris en Mauritanie — a connu au moins trois périodes désertiques (avant l'actuelle) et quatre périodes humides plus ou moins tropicales. (cf. tableau en image) Le tableau présenté n'est évidemment pas exhaustif et les datations sont sujettes à caution. Certains spécialistes intercalent d'autres périodes: ainsi une époque sèche, le Tafolien , apparaît soit entre le Tchadien et le Nouakchottien , soit après ce dernier; ce qui a des conséquences dans la chronologie préhistorique. Quoiqu'il en soit, l'idée que l'on a des paléoclimats de Mauritanie est relativement précise [ 2 ] .

Il y a 30 000 ans, le Sahara est humide et très fertile; les pluies sont abondantes et les températures relativement tempérées . Le réseau hydrographique est fonctionnel et se jette dans l' Océan Atlantique aux rives plus hautes qu'aujourd'hui.

Les ergs sont fixés par un manteau végétal steppique , arboré ou herbacé, suivant les régions et les époques. La faune, outre quelques espèces aujourd'hui disparues, est celle des régions tropicales actuelles: éléphant , rhinocéros , hippopotame , girafe , bovidé , gazelle , antilope , phacochère , lion , crocodile , poissons , mollusques [ 6 ] .

Cette période du Paléolithique inférieur est donc favorable au développement de la vie humaine qui existait déjà depuis longtemps par ailleurs. Les premiers mauritaniens trouvaient probablement aisément de quoi satisfaire leurs besoins par la cueillette et par la chasse.

Plus tard, les périodes arides et humides ont alterné. Entre -23 000 et -16 000, l'océan présentait, du fait de la fonte des glaces, un rivage à quarante mètres au-dessus du niveau actuel. C'est l'époque du « Sahara des lacs », autour desquels la vie est prospère.

Vers 15 500 avant notre ère, la mer s'est retirée jusqu'à cent dix mètre en dessous de son niveau actuel. Le fleuve Sénégal n'atteint alors plus l'océan: il s'évapore vraisemblablement dans des petits lacs et oasis. Certains préhistoriens pensent que le Nord de la Mauritanie est vide à cette époque, du fait de conditions de vie trop dures [ 2 ] .

Nouveau changement vers 10 000 avant notre ère: les pluies redeviennent régulières (400 à 600 mm par an) et le réseau hydrographique est fonctionnel. Les grands oueds atteignent la mer et de grands lacs réapparaissent. Le climat est Sahélo-Soudanien. La flore se présente sous la forme d'une steppe arborée (hêtres, aulnes, tilleuls et même, en montagne, cèdres). La faune est celle des périodes humides précédentes.

Grâce à ces pluies saisonnières et à l'alimentation régulière des nappes phréatiques , la vie est donc aisée dans ce « Sahara des Tchads » où se perfectionnent peu à peu les techniques paléolithiques avant que n'apparaissent, probablement à la suite d'une rupture climatique, au cinquième millénaire avant J.C. — peut-être même avant — le Néolithique [ 7 ] .

Le Néolithique commence par un optimum climatique, mais il s'achève par un désastre écologique, peu avant l' ère chrétienne . Il débute par une nouvelle humification du climat — mais bien médiocre comparée aux phases précédentes. Ce n'est pas un milieu luxuriant: l'hippopotame disparaît au cours de la période, sauf dans le sud mauritanien. Les espèces végétales méditerranéenne ( chêne vert , pin d'alep , olivier , cyprès , vigne etc.) migrent vers les montagnes. La savane arborée domine le paysage à cette période [ 8 ] , [ 9 ] .

Antiquité

Outre une épigraphie peu abondante, les premières traces d'histoire humaine dans l'espace saharien occidental se rattachent à la culture Biafane, cette population négroïde est présente en Afrique de l'ouest et parlait des langues inconnues, peut être reste-t-il certaines expression dans le dialecte berbéro-arabe des Imraguens , la tribu de pêcheurs du Banc d'Arguin .

Cette population négroïde était alors présente dans tout l'espace saharien, et elle se maintient dans l'oasis de Zagora dans le sud marocain, la population hartanya est sans doute issue d'un brassage entre les esclaves importés, des populations soninkés , peuls ou wolofs et cette première population.

Les Biafans sont "berbérisées", sans doute au cours de l'âge du bronze méditerranéen, en parallèle de la "celtisation" de l'Europe occidentale (1800-1200 av. N-E), et les tribus Sanhajas qui contrôlent l'espace saharien atlantique durant l'époque romaine, sont issues de cette fusion entre le pastoralisme amazigh venu des régions atlasiques et les communautés autonomes, concentrées dans les oasis, qui sont leur tributaires.

Au VIII e  siècle, les Sanhaja sont organisés en différentes confédération, et commencent à recevoir une influence monothéiste venue des "émirats" zénètes de Sijilmasa , des Berghwatta, de Nekour, de Aghmat, sans doute un christianisme teinté de coranisation se mêle-t-il alors au judaïsme prosélyte.

Moyen Âge

Le haut Moyen Âge est une période de refroidissement climatique, propice au développement de l'économie d'oasis dattières couplées au développement du grand commerce chamelier . Les routes commerciales qui relient la méditerranée occidentale et la Gaule , aussi bien que l' Ifriqya et le Moyen-Orient aux cités africaines pourvoyeuses d'esclaves et d'or (Tekrour sur le Sénégal) Ghana à Koumbi, sont donc une source de revenu pour les confédérations nomades et leurs tributaires sédentaires.

Les cités caravanières d'Awdaghost et de Oualata dans le Hudh ont dû voir le jour dans ce contexte primitif, elles passent sous contrôle de "l'empire" soninké de Ghana.

Le mouvement almoravide, le califat almohade et l'empire des Malinkés

Articles détaillés : Almoravides , Almohades et Malinkés .

Les tribus Sanhajas s'unissent sous la férule d'un certain Abû Bakr Ibn Umar, un chef de tribu ambitieux et d'un juriste malékite, Abd Allah Ibn Yasîn qui, de retour de pèlerinage, apporte avec lui une idéologie réformatrice, centrée autour de monastères combattants, les Ribât, pour instaurer le sunnisme et la jurisprudence malékite au maghreb tout entier.

Peut être le premier de ses Ribât fut il fondé sur une île Imraguen de la côte, en tout cas, son disciple Abû Bakr décide parvient à unifier vers 1045 les Sanhaja du Tagant , du Hodh et du Sénégal, il prend Awdaghost, puis Koumbi , fonde un autre Ribât sur une île du fleuve Sénégal et prend le contrôle des oasis de l' Adrar , en fondant la cité-capitale d'Azougui.

En 1055, il remonte les routes commerciales et soumet les Zénètes de Sijilmassa , franchit ensuite l' Atlas , écrase ceux d'Aghmat et fonde non loin d'elle, sur le Tensift , aux débouchés des cols du Test (vers le Souss ) et du Tishka (vers le Draa ), une cité-capitale à Amur N'Akush : Marrakech , il laisse alors le pouvoir à son lieutenant Yussuf ibn Tashfin et revient combattre dans l'espace Mauritanien ; l'empire almoravide, issu de ces murabitun se détourne des terres sahariennes, et perd peu à peu son influence sur les Sanhaja, qui rejettent toute obédience.

Un siècle plus tard, une confrérie Zénète prend le contrôle du Maghreb tout entier, mais se soucie peu du Sahara, qui passe sous l'influence plus proche de l'empire Soussou de Soumaoro Kanté , puis celui du Mali, de Sunjata Keita, les cités de Oualata , Awdaghost, Azougui, talonnées par les célèbres Chinguetti , Ouadane et Tichitt , ou encore Rashid et Qçar al-Barka se développent et prennent un rôle majeur dans le très intense commerce caravanier qui relie Djenné dans le delta intérieur du Niger , aux cités almohades puis Mérinides du "royaume de Marrakech".

Les Banî Hassan, l'empire Songhai et les Saadiens

Vers 1350, Ibn Battuta apporte de précieux renseignement sur la situation du commerce caravanier et l'état culturel.

Nous sommes dans le contexte de l'arrivée des tribus arabes, issues d'un brassage entre les célèbres Hillaliens, qui, installés au Maghreb tunisien et central commencent à entrer au Maghreb et au Sahara atlantique, et les Banî Hassan, venus du Yémen , installés à Sijilmasa , Zagora , Skoura et dans toute la Mauritanie.

Les Saadiens qui prennent le contrôle de Marrakech vers 1560 sont eux-mêmes rattachés aux Banî Hassan.

En 1442, les premiers navigateurs portugais découvrent le Cap Blanc et Arguin . Ils implantent un comptoir pour le commerce de l'or, des esclaves, ainsi que de la gomme arabique . Le commerce transsaharien est ainsi détourné au profit des Européens.

Ahmad le Victorieux, surnommé également le Doré, entreprend, avec une armée de mercenaires dirigés par le Castillan Junder, vers 1590, il descend les routes caravanières vers le sud, et vient détruire l'empire Songhai, qui avait pris la succession du Mali et unifié l'ensemble du Sahel, de Dakar à Niamey , autour de sa capitale Gao , en parallèle, les Berbères Touaregs avaient fondé la place commerciale de Tombouctou au XIV e  siècle. L'empire de Marrakech récupère aussi Djenné et fonde trois "pachalik" dont un, Gao, se maintiendra jusqu'en 1912, une population marocaine vient d'installer sans se mélanger complètement aux arabes pâturant entre le Hodh et le Niger depuis déjà deux siècles et demi.

Époque moderne

L'espace Mauritanien commence à décliner inexorablement, et c'est finalement avec les dynasties Peuls du XVIII e et XIX e  siècle que le commerce transsaharien perd définitivement sa raison d'être, la colonie française du Sénégal , de Côte d'Ivoire ou du Dahomey font désormais partie du commerce.

Les esclaves et la gomme arabique y sont les principales marchandises convoitées.

À partir du XIX e  siècle, le processus de colonisation débute. Installés au Sénégal, les Français profitent des conflits entre les émirats pour les soumettre et ainsi réaliser l'unité de l'Empire français entre l'Algérie et l'Afrique Occidentale Française. La lutte pour la possession du Maroc voisin est également un enjeu important qui s'ajoute à la volonté de pacifier la vallée du Sénégal, soumise aux rezzous des Maures.

Entre 1902 et 1934, la Mauritanie est conquise par l'armée coloniale française, la cité de Rashid est rasée, et partagée avec l' Espagne au nord. En 1920, elle est distinguée comme entité dans le cadre de l' Afrique-Occidentale française , et toute référence à l'empire de Maroc ou à celui du Soudan disparaît. En 1939, on lui adjoint la région de Oualata et de Néma, jusqu'alors sous administration de Bamako. Sa capitale reste Saint Louis, sur le fleuve sénégal, et en réalité, les colons français ne traversent que ponctuellement le fleuve, à Rosso, à Bogué et à Kahédi essentiellement, toutes les régions peules et Hassanya sont laissées à l'écart du développement colonial.

Horma Ould Babana fut le premier député représentant la Mauritanie à l'Assemblée française à la suite des élections législatives de 1946, N'Diaye Sidi el Moktar lui succéda de 1951 à 1959.

La Mauritanie indépendante

La Mauritanie a obtenu son indépendance de la France le .

Le régime d'Ould Daddah

Le pays est gouverné jusqu'en 1978 par Moktar Ould Daddah qui a instauré un régime civil de parti unique. Originaire de Boutilimit , Daddah avait une vision idéologique de la Mauritanie, vision qui lui valait la réputation d'avoir un nationalisme et une volonté de faire sortir le pays du désert et de la misère. Le régime restera très apprécié et regretté par l'ensemble de la population mauritanienne [réf. nécessaire] .

Le président Ould Daddah est renversé, en 1978, par une junte militaire que dirige le colonel Ould Walata , lui-même renversé en 1980 par le colonel Mohamed Khouna Ould Haidalla et ce dernier, renversé par Ould Taya en décembre 1984.

Le président Maaouiya Ould Taya a fait l'objet de trois coups d'État (les , et ). Les deux premiers ont échoué ; Le troisième, mené par le Colonel Ely Ould Mohamed Vall , directeur de la sûreté nationale, et le colonel Ould Abdel Aziz, chef de la garde présidentielle, a remis au pouvoir une junte appelée Conseil militaire pour la justice et la démocratie , qui s'est engagée « à créer les conditions favorables d'un jeu démocratique ouvert et transparent sur lequel la société civile et les acteurs politiques auront à se prononcer librement ».

Elle a annexé le tiers sud de l'ancien Sahara espagnol (désormais le Sahara occidental ) en 1976 mais elle l'abandonna après trois ans de raids du Front Polisario qui revendiquait la souveraineté de ce territoire.

En 1991 , les partis d'opposition furent légalisés et une nouvelle constitution fut mise en place. Depuis, trois élections présidentielles multipartites ont eu lieu mais sont largement considérées comme faussées.

Il n'existe pas de données officielles fiables mais le World Factbook ( CIA ) estime que les différents groupes de populations se répartissent entre 40 % d'ethnies métisses Maures/Noirs, 30 % d'ethnies Maures et 30 % d'ethnies Noires .

Les tribus Maures de l'est du pays, dites Arabes dans le jargon local, comportent un métissage important. Bien qu'une très grande majorité de la population soit d'origine plutôt africaine et non-sémitique mais parlant l'arabe, la Mauritanie fait partie de la « Ligue arabe ».

Il semble que l'acculturation des populations habitant ce territoire produite par l'islamisation et l'enseignement de l'arabe a conduit à une confusion d'identité dans la conscience collective de cette jeune nation, confusion entre d'une part langue liturgique et pratiques religieuses et d'autre part identité ethnique et traditions ancestrales.

L'esclavage a été officiellement aboli à quatre reprises (la dernière fois en 1980, avec un succès mitigé) mais les ségrégations raciales, tribales ou de castes y subsistent [ 10 ] , [ 11 ] . En 2007 a été votée une loi criminalisant l'esclavage, et des actions sont prévues par le gouvernement pour lutter contre ses séquelles, car l'ethnie haratine des anciens esclaves reste parmi la plus défavorisée.

La Mauritanie s'est attirée les foudres de certains pays arabes en établissant ces dernières années des relations diplomatiques avec Israël , dans une timide tentative de normalisation et ouverture extérieure (le pays n'a aucun différend avec Israël et essaye même de forger une alliance stratégique avec les États-Unis). Ce choix de politique étrangère, reste le moins compris et le plus contesté par l'opinion publique du pays, toujours une république « islamique ».

L'arrivée du président actuel Ould Abdel Aziz, le 18 juin 2009, fut marquée notamment par la coupure de ces relations diplomatiques avec Israël.


Voir aussi

Liens internes

Bibliographie

  • (ar) (fr) Histoire de la Mauritanie : essais et synthèses , Université de Nouakchott, Laboratoire d'études et de recherches historiques (LERHI), Université de Provence (Aix-Marseille I), Institut de recherches et d'études sur le monde arabe (IREMAM), Institut d'histoire comparéé des civilisations (IHCC), 1999
  • (fr) Geneviève Désiré-Vuillemin, Histoire de la Mauritanie : des origines à l'Indépendance , Éd. Karhala, Paris, 1997, 652 p. ( ISBN   978-2-86537-788-6 )
  • (fr) Abdel Wedoud Ould Cheik, Éléments d'histoire de la Mauritanie , Institut Mauritanien de Recherche Scientifique, Centre culturel français Antoine de Saint-Exupéry, Nouakchott, 1991, 135 p.
  • (en) Anthony G. Pazzanita, Historical dictionary of Mauritania , Scarecrow Press, Lanham (Md.), Londres, 1996, XXVIII-314 p. ( ISBN   978-0-8108-3095-0 )

Liens externes

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Références

  1. http://www.mauritanie-decouverte.net/decouvrir/histoire.html
  2. a b et c https://books.openedition.org/iremam/1222
  3. N. Lambert, « Mines et métallurgie antiques dans la région d'Akjoujt », Annales IMRS, n° 1, pp. 6-25.
  4. « Une route préhistorique à travers le Sahara ? », BIFAN, t. IX, 1947, pp. 341-357. — du même auteur, Les siècles obscurs de l'Afrique noire, op. cit., p. 63.
  5. Les civilisations préhistoriques de l'Afrique du nord et du Sahara, p. 346, Paris, 1974.
  6. R. Mauny, « Préhistoire et zoologie. La grande faune éthiopienne du nord-ouest africain ». BIFAN, (Bulletin de l'Institut fondamental d'Afrique Noire), série A, t. XVIII, janv. 1956, n° 1, pp. 246-279.
  7. P. Elouard, « Oscillations climatiques de l'holocène à nos jours en Mauritanie atlantique et dans la vallée du Sénégal », Coll. de Nouakchott, op. cit., pp. 27-36.
  8. « Le Sahara avant le désert », Paris, CNRS, 1974. Introduction H. J. Hugot
  9. Ph. Chamard, « Les lacs holocènes de l'Adrar de Mauritanie et leurs peuplements préhistoriques », Notes Africaines, n° 133, pp. 1-8
  10. La déclaration du 5 juillet 1980 proclame la volonté du gouvernement d'en finir avec l'esclavage et l'ordonnance 81 234, du 9 novembre 1981, prononce son abolition définitive par le gouvernement de l'époque. (…)L'ordonnance de novembre 1981, proclame bien que « l'esclavage sous toutes ses formes est aboli définitivement sur toute l'étendue du territoire de la République Islamique de Mauritanie » (article 1 er ). L'article 2 précise : « Cette abolition donnera lieu à une compensation au profit des ayants droit ». http://www.iabolish.com/sos/report-2001-French.rtf
  11. L'esclavage fut légalement aboli en 1981 sous la présidence de Mohammed Khouna Ould Haidalla, à la suite d'un mouvement de grande ampleur déclenché en signe de protestation contre la vente publique d'une femme, Mme B'Barka, en 1980. Après le renversement du Président Haidalla en décembre 1984, l'attitude du gouvernement a surtout été caractérisée par l'obstruction à la mise en œuvre de cette abolition officielle et par une certaine complaisance L'esclavage en Mauritanie, une question politique et juridique Amnisty Belgique
Texte soumis à la licence CC-BY-SA. Source : Article Histoire de la Mauritanie de Wikipédia (Historique).

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