Guerre de Cent Ans
Guerre de Cent Ans

Bataille de Crécy (1346) illustration tirée des Chroniques de Jean Froissart .
Informations générales
Date 1337 - 1453
Lieu Principalement la France et les Pays-Bas
Casus belli Édouard III d'Angleterre défie Philippe VI de Valois
Issue Victoire française
Belligérants
France
Castille
Écosse
Gênes
Bohême
Aragon
Angleterre
Bourgogne
Bretagne
Portugal
Navarre
Flandre
Hainaut
Aquitaine
Luxembourg
Commandants
Batailles et sièges
Arnemuiden (navale)  — L'Écluse (navale)  — Crécy  — Calais  —

Guerre anglo-écossaise
Neville's Cross  —


Jacquerie
Grande Jacquerie  — Meaux  — Révolte des Tuchins  — Révolte paysanne anglaise  —


Guerre de Succession de Bretagne
La Roche-Derrien  — Combat des Trente  — Mauron  — Auray  —


Winchelsea  — Poitiers  — Cocherel  —


Première guerre civile de Castille
Nájera  — Montiel  —


Pontvallain  — La Rochelle  — Roosebeke  —


Guerre civile entre Armagnacs et Bourguignons
Révolte des Cabochiens  —


Azincourt  — Rouen  — Baugé  — Cravant  — Brossinière  — Verneuil  — Journée des Harengs  — Gerberoy  —


Campagne de Jeanne d'Arc
Orléans  — Jargeau  — Meung-sur-Loire  — Patay  — Compiègne  —


Campagne de Bretagne et de Normandie en 1448-1449
Formigny  —


Campagne de Guyenne
Castillon

La guerre de Cent Ans couvre la période de 116 ans ( 1337 à 1453 ) pendant laquelle s'affrontent la France et l' Angleterre lors de nombreux conflits, entrecoupés de trêves plus ou moins longues.
La guerre commence lorsque Édouard III d'Angleterre envoie un défi (déclaration de guerre) au roi de France Philippe VI de Valois . Le traité de paix définitif , signé le 29 août 1475 à Picquigny en Picardie , en marque officiellement la fin. Cependant, on retient plutôt l'année 1453 , date à laquelle les Anglais sont totalement chassés de France (sauf Calais ).

Le conflit a débouché sur la constitution de deux nations européennes indépendantes : la France et l'Angleterre qui, jusqu'alors, étaient imbriquées juridiquement et culturellement, et étaient en lutte pour le contrôle territorial de l'Ouest de la France. Pour le contrôle de ce territoire, les Plantagenêts (dynastie royale anglaise) et les Capétiens avaient déjà lutté près de 140 ans, entre 1159 et 1299 [ 1 ] . Cette première période avait vu évoluer les deux royaumes d'une organisation féodale très morcelée à une structure d'État centralisé. Le problème posé par le duché de Guyenne n'ayant pas été résolu, (le roi d'Angleterre étant théoriquement vassal du roi de France en tant que duc d'Aquitaine ) à la fin du dernier conflit, mais aussi leurs intrigues pour prendre le contrôle de la Bretagne et des Flandres sont à l'origine du déclenchement des hostilités. Cependant, la cause profonde du conflit est la crise démographique puis économique et sociale que traverse le monde médiéval occidental depuis le début du XIV e  siècle .

Sommaire

Forces en présence

  Royaume de France

Le royaume de France , irrigué par de grands bassins fluviaux et bénéficiant d'un climat favorable à une agriculture florissante est, avec ses 17 millions d'habitants [ 2 ] , la première puissance démographique d'Europe. Sa société agricole est fondée sur un régime féodal et religieux très hiérarchisé. La capacité agricole permet de nourrir la population (il n'y a plus eu de famine depuis le XII e  siècle [ 3 ] ) qui a besoin de la noblesse pour défendre les terres [ 4 ] .

Le clergé joue un rôle social majeur dans cette organisation de la société. Les clercs, sachant lire et compter, gèrent les institutions ; les religieux font fonctionner les œuvres caritatives [ 5 ] et les écoles [ 6 ]  ; par le biais des fêtes religieuses, le nombre des jours chômés atteint 140 par an [ 7 ] .

Yvain secourant la damoiselle. Enluminure tirée d'une version de Lancelot du Lac du XVe siècle. Le chevalier doit avoir un comportement loyal, le combat est l'occasion de justifier son statut social.
Yvain secourant la damoiselle. Enluminure tirée d'une version de Lancelot du Lac du XV e  siècle. Le chevalier doit avoir un comportement loyal, le combat est l'occasion de justifier son statut social.

De la même manière, la noblesse doit conjuguer richesse, pouvoir et bravoure sur le champ de bataille : vivant du labeur des paysans, le maître se doit de manifester sa bravoure et sa loyauté envers eux. [ 4 ] . L'Église a œuvré pour canaliser les chevaliers-brigands dès la fin du X e  siècle . À partir du concile de Charroux en 989, les hommes en armes sont priés de mettre leur puissance au service des pauvres et de l'Église et deviennent des milites Christi (soldats du Christ) [ 8 ] . Depuis le XIII e  siècle , le roi de France avait pu faire admettre l'idée que son pouvoir de droit divin lui permettait de créer des nobles [ 9 ] . La noblesse se différencie donc du reste de la population par son sens de l'honneur et doit faire montre d'esprit chevaleresque, protéger le peuple et rendre justice en préservant un certain confort matériel. Elle doit justifier sur le champ de bataille son statut social : l'adversaire doit être vaincu face à face dans un corps à corps héroïque. L'armée est donc structurée autour de la chevalerie la plus puissante d'Europe, cavalerie lourde combattant de front, au corps à corps [ 10 ] . Cette volonté de briller sur les champs de bataille est accrue par l'habitude de l'époque de faire des prisonniers et de monnayer leur libération contre rançon. La guerre devient donc très lucrative pour les bons combattants et les risques d'être tués sont donc amoindris pour les autres [ 11 ] . Depuis Philippe le Bel, le roi peut convoquer «  le ban et l'arrière-ban  », c'est-à-dire tous les hommes de 15 à 60 ans, de toute condition (chevaliers et paysans, jeunes et vieux, riches et pauvres). Vers 1340, Philippe VI peut compter sur 30 000 hommes d'armes ainsi que 30 000 hommes de pied. Numériquement, c'est inégalable, car l'entretien d'un tel nombre de combattants représente un coût extraordinairement élevé, mais c'est une armée hétéroclite et peu disciplinée [ 12 ] .

Pour assoir leur pouvoir face à la grande noblesse et à la papauté, les Capétiens ont donné des gages au peuple : créations de villes franches avec octroi de chartes de franchises, création des états généraux [ 13 ] ... L'équilibre social passe par l'acceptation par le peuple d'un pouvoir royal fort, qui l'émancipe de l'arbitraire féodal, et une administration de plus en plus centralisée qui lui assure un certain confort matériel.

À la veille de la guerre de Cent Ans, ce système se fragilise car à la suite de la croissance démographique qui a lieu depuis le X e  siècle , on assiste à une surpopulation des campagnes et à une demande d'autonomie des villes [ 14 ] . La taille des parcelles des paysans se réduit et les prix agricoles chutent : les ressources fiscales de la noblesse diminuent et il devient impératif de briller sur le champ de bataille pour renflouer ses finances.

En trois siècles, les rois capétiens ont réussi à consolider leur autorité et à agrandir leur territoire, aux dépens des Plantagenêts . Le prestige royal de la France est immense, et, au temps de Philippe IV le Bel , le réseau d'alliances françaises s'étend jusqu'en Russie [ 10 ] .

Toutefois, malgré les confiscations territoriales de Philippe II Auguste , Saint Louis et Philippe IV le Bel, les rois d'Angleterre ont conservé l'étroit duché de Guyenne et le petit comté de Ponthieu  : le roi d'Angleterre est ainsi le vassal du roi de France.

Icône de détail Article détaillé : Capétiens contre Plantagenêts .

  Royaume d'Angleterre

La Magna Carta, ou « Grande Charte »
La Magna Carta , ou « Grande Charte »

Le royaume d' Angleterre est beaucoup moins peuplé (quatre millions d'habitants). Le refroidissement climatique qui touche l'Europe à partir du XIII e  siècle oblige le pays à renoncer à certaines ressources agricoles (par exemple : le vin qui était produit dans tout le sud de l'Angleterre n'est progressivement produit qu'en Guyenne [ 15 ] ) et à opter pour une économie fondée sur la spécialisation et le commerce [ 16 ] . Le climat pluvieux et les pâturages verdoyants favorisent l'élevage (plus particulièrement des ovins ) qui permet une production importante de la laine utilisée par les tisserands et les drapiers (les ovins anglais produisent une laine particulièrement fine et d'excellente qualité pour le filage [ 17 ] ). L'artisanat, le commerce et donc les villes se sont développés [ 18 ] . Les habitants des villes ont surtout besoin de liberté d'entreprendre et de limiter la pression fiscale (une grande partie des finances de l'État vient de la taxe sur la laine) [ 19 ] . De même, les propriétaires fonciers (barons et clergé) voient d'un mauvais œil l'augmentation des impôts rendue nécessaire par le financement de la guerre contre Philippe Auguste , d'autant que Jean sans Terre accumule défaites et pertes territoriales. Ce dernier doit leur concéder la Grande Charte de 1215 qui garantit la liberté des villes et donne au Parlement anglais un pouvoir de contrôle sur la fiscalité [ 20 ] .

Le commerce rend l'Angleterre très dépendante de la Guyenne (car elle produit des vins qui à l'époque sont plus salubres que l'eau), des Flandres (dont les drapiers achètent la laine) et de la Bretagne (qui lui vend du sel indispensable à la conservation des aliments) [ 21 ] .

Depuis deux siècles, la souveraineté sur l'ouest de la France, du duché d'Aquitaine au riche et puissant comté de Flandre , est à l'origine de conflits et d'intrigues entre Capétiens et Plantagenêts . Cette lutte commencée au milieu du XII e  siècle avec un énorme avantage pour l'Anglais (qui possédait alors l' Anjou , la Normandie , le Maine , le Poitou , l' Aquitaine et le Limousin ), se termine par la confiscation de ses possessions au profit du roi de France [ 22 ] . Du grand empire Plantagenêt , il ne reste plus qu'une Aquitaine diminuée et réduite à la côte gasconne et à Bordeaux , nommée Guyenne.

D'autre part, l'Angleterre prend part à la 2 e guerre d'indépendance d'Écosse ( 1332 à 1357 ). Depuis 1296 , profitant de la mort d' Alexandre III sans héritier mâle et une tentative de prise de contrôle par mariage, l'Angleterre considère l' Écosse comme un État vassal. Cependant, les Écossais ont contracté avec la France, la Auld Alliance , le 23 octobre 1295 , et Robert Bruce , lors de la bataille de Bannockburn , a écrasé la chevalerie anglaise pourtant très supérieure en nombre grâce à une armée essentiellement composée d'hommes d'armes à pied protégés des charges par un premier rang de piquiers [ 23 ] . Les Anglais adaptent donc leur manière de combattre en diminuant la cavalerie mais en utilisant plus d'archers et d'hommes d'armes à pied protégés des charges par des pieux plantés dans le sol (ces unités pour accroitre leur mobilité se déplacent à cheval mais combattent à pied) [ 24 ] [ 25 ] . Édouard III met en œuvre cette nouvelle façon de combattre en soutenant Édouard Balliol contre les partisans de David II , le fils de Robert Bruce. Grâce à cette tactique, les Anglais remportent plusieurs batailles importantes dont la bataille de Dupplin Moor en 1332 et celle de Halidon Hill en 1333 [ 26 ] . David II doit s'enfuir et trouve refuge en France où il est accueilli par Philippe VI de Valois . [ 27 ] Édouard Balliol devient roi d'Écosse, vassal de l'Angleterre et honni par son peuple. Grâce à cette campagne, Édouard III peut disposer d'une armée moderne et rodée aux nouvelles tactiques (il y a aussi expérimenté la stratégie des chevauchées qui consiste à piller le pays sur des distances énormes grâce à une armée montée [ 24 ] ).

La langue des élites est le franco-normand — soit un français mâtiné de mots nordiques apportés par les Vikings — depuis 1066 (conquête par Guillaume le Conquérant ) jusqu'en 1361 , décret d' Édouard III ) [ 28 ] , bien que l'anglo-saxon continue d'être employé par le peuple.

Icône de détail Articles détaillés : Magna Carta et Arc long anglais .

Origines du conflit

Icône de détail Article détaillé : Capétiens contre Plantagenêts .

Si on trouve les raisons profondes du conflit dans la crise démographique, économique et sociale que traverse l'Europe du XIV e  siècle , le déclenchement de la guerre est motivé par la montée progressive de la tension entre les rois de France et d'Angleterre au sujet de la Guyenne, des Flandres et de l'Écosse. La question dynastique, posée par une interruption de la descendance mâle directe des Capétiens en est le prétexte officiel.

Causes culturelles, démographiques, économiques et sociales du conflit

Alors que, sous l'effet des progrès des techniques agraires et des défrichements, la population s'accroît en Occident depuis le X e  siècle , on franchit un seuil qui dépasse les capacités de productions agricoles dans certaines zones d'Europe dès la fin du XIII e  siècle . Avec le jeu des partages successoraux les parcelles se réduisent : elles n'ont plus en 1310 que le tiers de leur superficie moyenne de 1240 [ 3 ] . Certaines régions comme les Flandres sont en surpopulation et essayent de gagner des terres cultivables sur la mer, néanmoins pour couvrir leurs besoins, elles optent pour une économie de commerce permettant d'importer les denrées agricoles. En Angleterre, dès 1279 , 46 % des paysans ne disposent que d'une superficie cultivable inférieure à 5 hectares. Or, pour nourrir une famille de 5 personnes, il faut de 4 à 5 hectares [ 3 ] . La population rurale s'appauvrit, le prix des produits agricoles baisse et les revenus fiscaux de la noblesse diminuent alors que la pression fiscale augmente et donc les tensions avec la population rurale. Beaucoup de paysans tentent donc leur chance comme saisonniers dans les villes pour des salaires très faibles engendrant aussi des tensions sociales en milieu urbain. Le refroidissement climatique [ 15 ] provoque de mauvaises récoltes qui se traduisent du fait de la pression démographique en famines (qui avaient disparu depuis le XII e  siècle ) dans le nord de l'Europe en 1314 , 1315 et 1316 : Ypres perd 10 % de sa population et Bruges 5 % en 1316 [ 3 ] .

La noblesse doit compenser la diminution de ses revenus fonciers et la guerre en est un excellent moyen : par les rançons perçues après capture d'un adversaire, le pillage et l'augmentation des impôts justifiée par la guerre. C'est ainsi que la noblesse pousse à la guerre et particulièrement la noblesse anglaise dont les revenus fonciers sont les plus touchés [ 11 ] . En France, le roi Philippe VI a besoin de renflouer les caisses de l'état et une guerre permettrait de lever des impôts exceptionnels.

Sphères d'influences économiques et culturelles de la France et de l'Angleterre

Sphères d'influence et principaux axes commerciaux au royaume de France en 1330. ██ Possessions de Jeanne de Navarre ██ États pontificaux ██ Territoires contrôlés par Édouard III ██ Zone d'influence économique Anglaise ██ Zone d'influence culturelle Française
Sphères d'influence et principaux axes commerciaux au royaume de France en 1330. ██  Possessions de Jeanne de Navarre ██  États pontificaux ██  Territoires contrôlés par Édouard III ██  Zone d'influence économique Anglaise ██  Zone d'influence culturelle Française

Depuis Saint Louis , la modernisation du système juridique attire dans la sphère culturelle française de nombreuses régions limitrophes: en particulier en terres d' Empire , les villes du Dauphiné ou du comté de Bourgogne (future Franche-Comté ) recourent depuis Saint Louis à la justice royale pour régler des litiges: le roi envoie, par exemple, le Bailli de Mâcon qui intervient à Lyon pour régler des différends, comme le sénéchal de Beaucaire intervient à Vivier ou à Valence [ 29 ] . Les rois de France savent attirer à leur cour la noblesse de ces régions en allouant des rentes et en se livrant à une habile politique matrimoniale. Les comtes de Savoie prêtant hommage au roi de France contre l'octroi de pensions ; Jean de Luxembourg , roi de Bohème et beau-père de Jean le Bon mourant héroïquement à Crécy ou le comte Humbert II ruiné du fait de son incapacité à lever l'impôt [ 30 ] et sans héritier après la mort de son fils unique, vendant le Dauphiné [ 31 ] à Philippe VI sont de parfaites illustrations de ce phénomène. Inversement, le fait que le roi d'Angleterre soit vassal du roi de France pour la Guyenne lui pose problème car tous les litiges peuvent être réglés à Paris et donc en sa défaveur.

L'essor du commerce a rendu certaines régions dépendantes économiquement de l'un ou de l'autre royaume. À cette époque, le transport de fret se fait essentiellement par voie maritime ou fluviale. La Champagne et la Bourgogne alimentent Paris via la Seine et ses affluents et sont donc pro-françaises. La Normandie est partagée car elle est le point d'union entre ce bassin économique et la Manche qui devient une zone d'échanges de plus en plus intenses grâce aux progrès des techniques maritimes (le contournement de la péninsule ibérique par les navires italiens devient de plus en plus fréquent). L' Aquitaine qui exporte son vin en Angleterre , la Bretagne qui exporte son sel et les Flandres qui importent la laine britannique ont tout intérêt à être dans la sphère d'influence anglaise [ 21 ] .

Ainsi les Flamands en voulant échapper à la pression fiscale française, se révoltent de manière récurrente contre le roi de France  ; d'où les batailles successives de Courtrai en 1302 (où la chevalerie française est laminée) de Mons-en-Pévèle en 1304 et de Cassel en 1328 (où Philippe VI mate les rebelles flamands). Les Flamands apportent leur soutien au roi d' Angleterre , déclarant même en 1340 qu' Édouard III est le légitime roi de France . Les deux États ont donc intérêt à augmenter leurs possessions territoriales pour accroître leurs rentrées fiscales et renflouer leurs finances. Dès lors, les intrigues des deux rois pour faire passer la Guyenne , la Bretagne et les Flandres sous leur influence conduisent rapidement à la guerre entre les deux États [ 32 ] : elle durera 116 ans.

La question dynastique

Descendance de Philippe III le Hardi, roi de France (1270-1285)
Descendance de Philippe III le Hardi, roi de France (1270-1285)

Pour comprendre la question dynastique de 1328 , il faut remonter une dizaine d'années dans le temps :

En 1316 , la mort de Louis X le Hutin , deux ans seulement après celle de son père Philippe le Bel, marque la fin du miracle capétien  : de 987 à 1316 , les rois capétiens ont toujours eu un fils à qui transmettre la couronne à leur mort. De sa première épouse, Marguerite de Bourgogne qui fut condamnée pour infidélité [ 33 ] , Louis X le Hutin n'a qu'une fille, Jeanne de Navarre . À sa mort, sa seconde femme attend un enfant. Un fils naît : Jean I er dit le Posthume , mais il ne vit que quelques jours. Cas inédit jusqu'alors, l'héritier direct du royaume de France se trouve donc être Jeanne de Navarre, une femme. La décision qui est prise à ce moment est très importante, car elle est devenue coutume et fut appliquée sur la question dynastique qui se posa en 1328 . L'infidélité de la reine Marguerite n'est qu'un prétexte pour l'éviction de sa fille Jeanne, et du choix de Philippe V (frère de Louis X le Hutin) comme roi de France. En fait, il s'agit d'un choix géopolitique, le refus de voir un éventuel étranger épouser la reine et diriger le pays. Le choix du monarque français se fonde sur l'hérédité et le sacre, mais l'élection reprend ses droits en cas de problème. Le principe de la loi salique découle de la volonté des Capétiens de renforcer leur possessions en rattachant à la couronne les fiefs de leurs vassaux sans héritiers mâles: Philippe le Bel avait introduit la « clause de la masculinité », selon l'expression de Jean Favier, en révisant, la veille de sa mort, le statut de l'apanage de Poitou qui, « faute d'héritier mâle, reviendrait à la couronne de France » [ 22 ] . La loi salique n'est pas invoquée lors du choix du nouveau roi de France. Ce n'est que trente ans plus tard, vers 1350 , qu'un bénédictin de l' abbaye de Saint-Denis , qui tient la chronique officielle du royaume, invoque cette loi pour renforcer la position du roi de France dans le duel de propagande qu'il livre à Édouard III d'Angleterre [ 34 ] . Cette loi date des Francs et stipule que les femmes doivent être exclues de la « terre salique ». Le terme salique provient de la rivière Sala , aujourd'hui Yssel , en Belgique, terre des Francs saliens [ 35 ] . Cette loi est reprise, adaptée à la situation et avancée comme argument de poids dans les disputes sur la légitimité du roi.

Après le court règne de Philippe V, mort sans héritier mâle, c'est son plus jeune frère, Charles IV , qui, bénéficiant du précédent posé par son aîné, ceint à son tour la couronne. Mais son règne dure également peu de temps.

Quand ce troisième et dernier fils de Philippe le Bel meurt sans descendant mâle en 1328 , la question dynastique est la suivante : Isabelle de France , dernière fille de Philippe le Bel, a un fils, Édouard III, roi d'Angleterre . Peut-elle transmettre un droit qu'elle ne peut elle-même exercer selon la coutume fixée dix ans plus tôt ? Édouard III se propose comme candidat, mais c'est Philippe VI de Valois qui est choisi [ 22 ] . Il est le fils de Charles de Valois , frère cadet de Philippe le Bel et descend donc par les mâles de la lignée capétienne. Les pairs de France refusent de donner la couronne à un roi étranger, suivant la même logique de politique nationale que dix ans auparavant [ 36 ] . Avec bien certaines réticences, Édouard III d'Angleterre prête alors hommage à Philippe VI, étant son vassal au titre de la Guyenne [ 37 ]

Icône de détail Article détaillé : Succession de Charles IV le Bel .

Édouard III, ayant prêté hommage et reconnu pour roi Philippe VI de Valois, et ayant dû accepter des concessions en Guyenne (mais il se réserve le droit de réclamer les territoires arbitrairement confisqués) [ 22 ] , il s'attend à ce qu'on lui laisse les mains libres en Écosse. Mais Philippe VI confirme son soutien à David Bruce, Édouard III saisit alors le prétexte de sa légitimité royale pour déclencher la guerre [ 38 ] .

France en 1330██ Territoires anglais en 1330██ Royaume de France ██ Possessions des Plantagenêts en 1180
France en 1330 ██  Territoires anglais en 1330 ██  Royaume de France ██  Possessions des Plantagenêts en 1180

La querelle de Guyenne

Cette querelle est encore plus importante que la question dynastique pour expliquer le déclenchement de la guerre [ 38 ] . La Guyenne pose un problème considérable aux rois de France et d'Angleterre : Édouard III se trouve être le vassal de Philippe VI de France et doit donc reconnaitre la souveraineté du roi de France sur la Guyenne. Dans la pratique, un jugement rendu en Guyenne peut être soumis à un appel devant la cour de Paris et non pas à Londres. Le roi de France a donc le pouvoir de révoquer toutes les décisions juridiques prises par le roi d'Angleterre en Aquitaine, ce qui est bien sûr totalement inacceptable pour les Anglais. Dès lors, la souveraineté sur la Guyenne fait l'objet d'un conflit larvé entre les deux monarchies depuis plusieurs générations.

En 1323 , le père de Philippe VI, Charles de Valois, en expédition pour le compte du roi Charles IV le Bel , fait saisir une bastide fortifiée construite par les Anglais à Saint-Sardos , en plein territoire du duc de Guyenne, malgré les plus vives protestations et recours en justice d' Édouard II d'Angleterre et du seigneur voisin Raymond-Bernard de Montpezat. Ce dernier répliqua par les armes le 16 octobre 1323, alors que le procureur du roi de France se trouvait à Saint-Sardos pour officialiser l'alliance. À la tête de sa troupe, renforcée d'éléments anglais, le seigneur de Montpezat attaqua le château de Saint-Sardos et ruina le village. Il fit passer la garnison au fil de l'épée et le représentant de Charles IV fut pendu. Devant ce prétexte tout trouvé, le Parlement , arguant que le duc de Guyenne n'avait pas prêté hommage à son suzerain, confisque le duché en juillet 1324 . Le roi de France envahit la quasi-totalité de l'Aquitaine mais accepta de mauvaise grâce de restituer ce territoire en 1325. Pour recouvrer son duché, le roi Édouard II d'Angleterre doit transiger : il envoie son fils, le futur Édouard III, prêter l'hommage mais le roi de France ne lui propose qu'une Guyenne amputée de l'Agenais. Les choses semblent se débloquer en 1327 à l'avènement d'Édouard III qui recouvre son duché contre la promesse d'une indemnité de guerre. Mais les Français, faisant traîner en longueur la remise des terres, forcent Édouard III à venir prêter hommage, ce qu'il fait le 6 juin 1329 . Mais, lors de cette cérémonie, Philippe VI fait consigner que l'hommage n'est pas prêté pour les terres qui ont été détachées du duché de Guyenne par Charles IV le Bel (en particulier l' Agenais ). Édouard considère que son hommage n'implique pas la renonciation de la revendication des terres extorquées [ 39 ] .

Intrigues et déclaration de guerre

La tension monte entre les deux souverains d'autant que la noblesse pousse au conflit, elle débouche inévitablement sur une déclaration de guerre en 1337.

Le roi de France aide les Écossais dans leur combat contre l'Angleterre. C'est la politique menée depuis plusieurs siècles par les rois capétiens : il s'agit de la Vieille Alliance . Le roi d'Écosse, David Bruce, a été chassé par Édouard III en 1333 et Philippe VI l'héberge à Château-Gaillard et réarme ses partisans en attendant qu'il ait reconstitué des forces suffisantes pour reprendre pied en Écosse.

En 1334 , il convoque les ambassadeurs anglais, dont l' archevêque de Canterbury et leur précise que l'Écosse de David Bruce est comprise dans la paix [ 40 ] [ 41 ] . En 1335, David Bruce peut attaquer les îles Anglo-Normandes grâce à une flotte financée par Philippe VI. C'est un échec, mais cela fait craindre à Édouard III une invasion de l'Angleterre [ 42 ] .

Édouard III intrigue en Flandres, son mariage avec Philippa de Hainaut lui permet de tisser des liens dans le nord de la France et dans le Saint-Empire : Robert d'Artois est réfugié à Londres depuis 1336 [ 43 ] , il a acheté l'alliance du comte de Hainaut ainsi que celle de l'empereur Louis de Bavière pour 300 000 florins et le duc de Brabant ainsi que le comte Gueldre se tournent vers lui [ 44 ] . Les Flamands sont outrés par le ralliement du comte Louis I er de Flandre au roi de France et de la pression fiscale qui s'ensuit, mais en cas de relance du conflit avec le roi de France, ils devraient verser une lourde amende au pape (qui a le pouvoir de les excommunier ou de jeter l' interdit sur les villes flamandes). Il est prévu avec Jacob Van Artevelde (l'homme fort de l'opposition flamande) que les Flandres reconnaissent Édouard comme roi de France ce qui permet de contourner cet accord [ 32 ] . Louis de Nevers réagit en arrêtant des marchands anglais. Édouard III coupe l'approvisionnement en laine de cette région en août 1336 [ 44 ] , menaçant son économie [ 32 ] constituée essentiellement de draperie et de tissage. La Flandre se révolte contre les Français en 1337 .

Par mesure de rétorsion, Philippe VI décide donc de confisquer la Guyenne pour félonie . Édouard III d'Angleterre réplique en revendiquant la couronne de France . Le 7 octobre 1337 , un archevêque est envoyé à Paris pour jeter le gant à « Philippe, qui se dit roi de France » [ 22 ] . La guerre commence.

Principales phases du conflit

La guerre de Cent Ans comprend deux grands mouvements qui répondent à une même structure : une première période, de 1337 à 1380 , qui voit l'effondrement de la puissance de la monarchie française, puis une période de crise suivie d'un rétablissement et d'une seconde période, de 1415 à 1453 , reproduisant le même cycle : effondrement, crise, rétablissement. Ces deux périodes sont séparées par une longue trêve provoquée par des conflits de pouvoir dans les deux camps.

On peut subdiviser chacune de ces deux grandes périodes en deux phases :

██ Territoires contrôlés par les Français ██ Territoires contrôlés par les Anglais ██ Territoires contrôlés par le duc de Bourgogne
██  Territoires contrôlés par les Français ██  Territoires contrôlés par les Anglais ██  Territoires contrôlés par le duc de Bourgogne
  • De 1337 à 1364 , le génie tactique d'Édouard III d'Angleterre entraîne une succession de victoires anglaises sur la chevalerie française. La noblesse française est complètement discréditée et le pays sombre dans la guerre civile. À la suite du traité de Brétigny , une grande partie de la France est contrôlée par les Anglais.
  • De 1364 à 1380, Charles V entame une patiente reconquête du territoire. Le roi a compris que la victoire finale se jouerait sur le sentiment d'appartenance nationale. Il laisse les Anglais ravager la campagne par des chevauchées alors que lui-même soulage la population en envoyant les Grandes compagnies combattre en Castille . Évitant les batailles rangées qui ont été désastreuses durant la première phase du conflit, il reprend progressivement plusieurs places fortes à l'ennemi. En 1375 , Édouard III ne contrôle plus sur le continent que Calais , Cherbourg , Brest , Bordeaux , Bayonne , et quelques forteresses dans le Massif central .
  • De 1429 à 1453 , les Anglais sont progressivement chassés de France. Jeanne d'Arc cristallise le sentiment national et assoit Charles VII sur le trône en dépit du traité de Troyes qui l'avait déshérité. Les Anglais privés du soutien de la population sont lentement chassés du continent. En 1435 , le traité d'Arras met fin à l'alliance anglo-bourguignonne et déséquilibre définitivement le rapport de force en faveur des Français. En 1453 , les Anglais ne contrôlent plus que Calais suite à leur défaite subie à Castillon . Mais la paix n'est finalement signée qu'en 1475, sous les règnes de Louis XI et d' Édouard IV .

Les victoires d'Édouard III : de 1337 à 1364

Édouard III
Édouard III

La guerre par procuration

Si la guerre est déclarée en 1337 , le conflit ne débute que plus tard. Les deux rois ne sont pas riches, et doivent négocier les impôts avec leur parlement respectif, voire emprunter l'argent nécessaire à la guerre.
Les belligérants commencent la guerre par alliés interposés. Ainsi, Édouard III d'Angleterre soutient Jean de Montfort contre Charles de Blois , parent de Philippe VI , lors de la guerre de succession de Bretagne [ 45 ] . De leur côté, les Français soutiennent les Écossais en guerre contre les Anglais [ 46 ] .

Au début du conflit, tandis qu' Édouard III , en tant que petit-fils de Philippe le Bel, peut revendiquer la couronne de France, le roi de France, n'ayant pas de revendication sur la couronne d'Angleterre, n'a qu'un but : récupérer la Guyenne . Il lui faut donc contraindre Édouard III d'Angleterre à en accepter la confiscation et à mettre fin à ses prétentions à la couronne de France.

Bataille de l'Ecluse à Sluys - Miniature tirée des Chroniques de Jean Froissart.
Bataille de l'Ecluse à Sluys - Miniature tirée des Chroniques de Jean Froissart .

Les Français, avec le renfort de mercenaires génois , ont le rapport de force maritime pour eux. Ainsi, la flotte française pille régulièrement les ports anglais [ 47 ] . Une stratégie de blocus est imaginée car le vin de Guyenne et le sel de Bretagne ou de Poitou sont vitaux pour l'Angleterre [ 48 ] . Le commerce de la laine vers les Flandres et du vin de Bordeaux est interrompu et les finances anglaises sont au plus mal. Les drapiers Flamands sévèrement touchés par le conflit se soulèvent contre leur comte Louis I er de Flandre [ 49 ] . Ils sont conduits par Jacob Van Artevelde qui a pris le pouvoir en Flandres et s'allient au roi d'Angleterre. [ 50 ] .

Le commerce ayant repris avec l'Angleterre, les Français envoient leur flotte à Sluys , à l'embouchure du canal reliant Bruges à la Mer du Nord , pour imposer un blocus naval. Le 24 juin 1340 , lors de la bataille de l'Écluse , la flotte française subit une sévère défaite qui inverse le rapport de force maritime. Cette défaite met fin au projet d'envoyer des troupes françaises soutenir les Écossais, et permet à Édouard III d'Angleterre de relancer le commerce de la laine [ 51 ] . Au début des années 1340, le retour des laines anglaises ne ramène cependant pas la prospérité en Flandres et l'autorité de Jacob Van Artevelde est de plus en plus contestée. De plus, le pape Clément VI ayant lancé une excommunication aux Flamands parjures [ 32 ] , Louis de Flandre parvient à reprendre pied dans le comté et force Jacob Van Artevelde à répondre par une fuite en avant. Ce dernier désavoue le comte de Flandre et propose le comté à Edouard de Woodstock , fils d'Édouard III d'Angleterre, le futur Prince Noir . Mais il est trop tard pour lui. Contesté dans sa ville même de Gand , Jacob Van Artevelde est assassiné lors d'une émeute le 17 ou le 24 juillet 1345 . La Flandre abandonne dès lors Édouard III et se rallie à la France [ 52 ] .

1ère phase de la guerre de cent ans ██ Principales batailles de la 1ère phase de la guerre      Chevauchée d'Édouard III en 1339      Itinéraire de l'armée d'Édouard III en 1346      Chevauchée du Prince noir en Languedoc en 1355      Chevauchée de Lancastre en 1356      Itinéraire du Prince noir en 1356      Chevauchée d'Édouard III en 1359-60
1ère phase de la guerre de cent ans ██  Principales batailles de la 1ère phase de la guerre

       Chevauchée d'Édouard III en 1339

       Itinéraire de l'armée d'Édouard III en 1346

       Chevauchée du Prince noir en Languedoc en 1355

       Chevauchée de Lancastre en 1356

       Itinéraire du Prince noir en 1356

       Chevauchée d'Édouard III en 1359-60

Fort de sa nouvelle maîtrise maritime, une armée d'Édouard III d'Angleterre débarque à Brest en 1343 . Toutefois, son allié Jean de Montfort est capturé à Nantes puis meurt en 1345 . Charles de Blois reste seul prétendant au duché de Bretagne. Une trêve est signée en Bretagne, les Anglais gardent le contrôle de Brest jusqu'en 1397 .

Redoutant une invasion anglaise, Philippe VI parvient à convaincre son vieil allié écossais d'attaquer l'Angleterre par le nord car, Édouard III ayant regroupé son armée au sud du pays, la frontière écossaise devrait être peu défendue [ 53 ] . Le 7 octobre 1346 , David II , roi d' Écosse attaque l'Angleterre à la tête de 12 000 hommes. Mais il est défait et capturé à la bataille de Neville's Cross . Édouard III d'Angleterre a les mains libres pour débarquer en France.

Les chevauchées

À cette époque, la France est, avec 20 millions d'habitants, cinq fois plus peuplée que l'Angleterre. La chevalerie française est la plus nombreuse et la plus aguerrie d'Europe. C'est pourquoi Édouard III n'envisage pas de tenir le terrain. Il prévoit une guerre de pillage qui a le mérite de s'autofinancer. La première des célèbres chevauchées anglaises date de 1346  : une armée réduite, mobile, avançant sur un front réduit et pratiquant une guerre totale dévastant systématiquement les régions traversées. Étrange manière de la part d'Édouard III pour prendre possession du royaume qu'il revendique et dont la population, du point de vue juridique anglais, est perçue comme soutenant un usurpateur, Philippe VI de Valois.

Les deux armées se rencontrent à Crécy le 26 août 1346 . Les Français sont plus nombreux, mais l'armée française, comptant sur sa chevalerie puissante, affronte une armée anglaise composée d' archers et de fantassins en cours de professionnalisation. Les tactiques utilisées découlent de l'organisation sociale différente des deux pays. La France est un pays féodal et religieux dont la noblesse doit justifier sur le champ de bataille l'origine divine de son pouvoir : on doit vaincre l'adversaire face à face dans un corps à corps héroïque. La noblesse française applique à la lettre les codes de la chevalerie, et combat courtoisement : c'est-à-dire en évitant de tuer un chevalier ennemi de sang noble, mais plutôt en cherchant à le capturer afin de le rançonner.

Bataille de Crécy
Bataille de Crécy

De son côté, l'Angleterre est un pays tourné vers l'artisanat et le commerce. La tactique guerrière des Anglais, rodée par des années de guerre en Écosse, est fondée sur une recherche maximum d'efficacité. Il en résulte une armée très organisée où les chevaliers comptent moins.

Au vu de leur grande supériorité numérique, les Français sont certains de l'emporter à Crécy. Or, confrontée à la baisse de ses revenus fonciers, la noblesse compte se renflouer avec les rançons demandées en échange des chevaliers adverses capturés. [ 11 ] . Dès lors, chacun veut atteindre le plus vite possible l'ennemi anglais afin de se tailler la part du lion ; personne n'obéit aux ordres du roi Philippe VI qui, emporté par le mouvement, est contraint de se lancer à corps perdu dans la bataille. Gênés dans leur progression par leurs propres piétons et les arbalétriers mercenaires génois mis en déroute par la pluie de flèches anglaises, les chevaliers français sont obligés d'en découdre avec leurs propres hommes. C'est un désastre du côté français où Philippe VI de Valois s'illustre par son incompétence militaire : les chevaliers français chargent par vagues successives le mont de Crécy, mais leurs montures (à l'époque non ou peu protégées) sont massacrées par les pluies de flèches décochées par les archers anglais abrités derrière des rangées de pieux. Peinant à se relever de leur chute, les chevaliers français, lourdement engoncés dans leurs armures, sont des proies faciles pour les fantassins qui n'ont plus qu'à les achever [ 54 ] .

L'armée française anéantie, Édouard III remonte vers le nord et met le siège devant Calais . Avec une armée de secours, le roi de France essaie bien de lever le blocus de la ville, mais n'ose pas affronter Édouard III.

Statue des bourgeois de Calais par Rodin
Statue des bourgeois de Calais par Rodin


C'est dans de dramatiques circonstances, au cours desquelles les célèbres