La seconde guerre d 'Afghanistan de l'histoire contemporaine oppose d'abord, en octobre et novembre 2001 , les États-Unis , avec la contribution militaire de l' Alliance du Nord et d'autres nations occidentales ( Royaume-Uni , France , Canada ...), au régime Taliban en Afghanistan . Cette guerre s'inscrit dans la « guerre contre le terrorisme » déclarée par les États-Unis suite aux attentats du 11 septembre 2001 à New York et Washington . Le but de l'invasion était de capturer Oussama Ben Laden , détruire l'organisation Al Qaïda , et renverser le régime taliban qui soutenait Al Qaïda .
L'attaque initiale chassa les Talibans du pouvoir mais ils continuent à s'opposer à la présence de la Force internationale d'assistance et de sécurité (FIAS) qui regroupe les forces armées sous commandement de l' OTAN [ 2 ] . Depuis 2006 , les forces armées talibanes sont très actives et le trafic de l'opium et de l'héroïne est en augmentation. Le gouvernement afghan n'a que peu de légitimité et ne contrôle que le secteur de Kaboul [ 3 ] . En août 2008 il y avait 70 000 soldats étrangers en Afghanistan, 53 000 pour la FIAS et 17 000 pour l' Opération Enduring Freedom américaine [ 4 ] . En janvier 2009 , le think tank International Council on Security and Development a estimé dans un rapport que les Talibans étaient actifs dans environ 72% du territoire afghan, mais le commandement de l'OTAN a contesté ces conclusions [ 5 ] .
Sommaire |
Événements antérieurs
« Il n'est pas difficile de conquérir l'Afghanistan, mais il est difficile de le garder. »
— Abdur Rahman Khan (1844-1901) [ 6 ] .
Après la première guerre d'Afghanistan qui a conduit au retrait de l' Armée rouge en 1989 puis à la chute du régime communiste en 1992 , la guerre civile entre les divers factions continua. Les talibans se formèrent fin 1994 et conquirent en quelques années la plus grande partie du pays.
Les moudjahiddin non taliban ainsi que d'autres groupes résistants avaient créé une coalition connue sous le nom d' Alliance du Nord , laquelle ne contrôlait plus en 2001 que la partie nord du pays. Le 9 septembre 2001 , soit deux jours avant les attentats perpétrés aux États-Unis, le chef de l' Alliance , Ahmad Shah Massoud , est assassiné (vraisemblablement par des agents d' Al-Qaida ).
Deux jours après les attentats, le 13 septembre 2001 , le président des États-Unis George W. Bush demande au régime des talibans l'extradition hors d'Afghanistan du chef d'Al-Qaïda Oussama Ben Laden , désigné comme principal responsable des attaques sur New York et Washington . Ces derniers refusent.
Le président américain George W. Bush et le premier ministre britannique Tony Blair tiennent des discours télévisés pour informer leurs nations respectives du déroulement des opérations. Le premier ministre britannique Tony Blair livre en octobre et novembre une offensive diplomatique durant laquelle il converse avec plus de soixante chefs d'État du monde entier. Dans ses discours, George W. Bush complimente Tony Blair pour la participation britannique aux attaques. Hormis le Royaume-Uni, le Canada , la France , l' Australie et l' Allemagne déclarent également leur soutien. Le chef d'État pakistanais - le général Pervez Musharraf - exprime lui aussi son accord, malgré le manque d'enthousiasme des États arabes quant à l'élimination du réseau pakistanais d'Al-Qaida. Le Pakistan ouvre ainsi ses frontières aux vagues de réfugiés venant d'Afghanistan.
Quelques temps avant le 11 septembre 2001 , les talibans ont refusé d'octroyer la construction d'un pipeline traversant leur pays à la compagnie américaine Unocal . L'actuel président d'Afghanistan mis en place par les Américains Hamid Karzaï était, à l'époque, consultant pour cette compagnie. [ 7 ]
Renversement du régime Taliban (2001)
Composition de la coalition
La première vague fut menée par les forces américaines et britanniques. Néanmoins très vite une seconde vague vint soutenir la première grâce à la contribution de nombreux pays.
Les États-Unis ont déployé plus d'un millier d'hommes en Ouzbékistan , pays qui a autorisé le stationnement de troupes américaines sur son sol.
Dans l' océan Indien , les porte-avions USS Carl Vinson et USS Enterprise , les autres navires de guerre et les sous-marins nucléaires d'attaque se préparent à l'offensive.
Mais l'un des principaux soutiens de l'opération se situe en Afghanistan. En effet, le régime des talibans , dirigé par le mollah Omar , ne contrôle pas la totalité du territoire afghan. Certaines régions, notamment à l'est et au nord du pays, sont tenues par entre 15 000 et 20 000 résistants anti-talibans dont l' Alliance du Nord .
Le United States Central Command qui est en charge de la campagne compte enfin sur l'inégalité du rapport des forces en présence. Les talibans ne peuvent aligner que 15 000 soldats permanents et 70 000 mobilisables. Leur matériel de guerre, quelque peu vétuste, date pour l'essentiel de la guerre contre l'URSS , notamment des missiles américains ( FIM-92 Stinger ) et russes ( SA-16 , SA-18 et Scud ).
À cela s'ajoutent des chars soviétiques T-54 et T-55 , des lance-roquettes multiples , des 4×4 équipés de mitrailleuses .
Opération Liberté immuable
« Nous avons ouvert un nouveau front dans notre guerre contre le terrorisme » . Par ces mots, le porte-parole de la Maison-Blanche annonce le dimanche 7 octobre 2001 , le début de l'opération « Liberté immuable » ( Operation Enduring Freedom ).
Des frégates et des sous-marins de l' US Navy et de la Royal Navy lancent une quarantaine de missiles de croisière Tomahawk sur Kandahar , Kaboul et Jalalabad . Pendant 12 jours, 25 avions de combat et 15 bombardiers B-1 B, B-2 et B-52 pilonnent Kaboul (notamment la centrale électrique et les bâtiments officiels), l'aéroport et le centre militaire de Kandahar, Jalalabad ainsi que les camps d'entraînement d'Oussama Ben Laden.
« Front uni » anti-taliban
L'intervention américaine s'accompagne d'une série d'opérations militaires menées en divers points du territoire par les différentes composantes du « Front Uni Islamique et National pour le Salut de l'Afghanistan » bien plus connu sous le nom d'Alliance du Nord.
Cette vaste nébuleuse regroupe les quatre principales formations militaires afghanes d'opposition aux talibans.
Le Jamaar-islami dirigé par le général Fahim, depuis la mort de Massoud compte 9 000 soldats appartenant pour la plupart à l' ethnie tadjike vivant au Nord-Est du pays. Ces forces opèrent sur deux fronts : le nord de Kaboul et le Takhar .
C'est dans cette dernière région qu'ils tentent d'établir la jonction avec les troupes du général Dostom, composées d'Ouzbeks et basées autour de Mazar-i-Sharif .
À ces deux formations s'ajoutent les 2 500 rebelles hazaras , des chiites mongols et persanophones vivant dans la région de Baghran , ainsi que les 4 000 « Tadjiks de l'Ouest », commandés par Ismail Khan et stationnés autour de Chaghcharan . Le « Front uni » tente de former un vaste croissant anti-taliban depuis le corridor de Wakhan, à l'est, jusqu'à la frontière iranienne .
Offensive commune
Avant le 7 octobre, des conseillers et plusieurs centaines de membres des forces spéciales occidentales (très majoritairement américaines) sont dépêchés afin de préparer des actions communes auprès des divers représentants du « Front uni ». Mais il s'agit surtout de rallier par différents moyens, surtout financiers , les chefs de clans encore hésitants. Les Américains proposent de leur racheter leurs matériels militaires, notamment les missiles sol-air FIM-92 Stinger qui leur avaient été distribués pendant la guerre contre les Soviétiques. 300 millions de dollars sont même destinés à fomenter des soulèvements contre les talibans.
Le 20 octobre 2001 , les plans d'intervention se précisent. Les forces spéciales américaines et britanniques sont déployées dans la région de Kandahar. Au nord du pays, un millier de soldats des unités d'élite américaines est stationné dans la base de Termez, à la frontière entre l'Ouzbékistan et l'Afghanistan pour aider et encadrer les forces du « Front uni ». Le premier objectif est de permettre aux combattants de Dostom , un chef de guerre afghan, de conquérir la province de Balkh , afin d'établir un accès direct avec les forces américaines basées en Ouzbékistan . Puis il s'agit de favoriser l'avancée des « Tadjiks de l'Est ».
Pour préparer cette double offensive dans l'est du pays, l'aviation américaine organise le bombardement intensif de Mazar-e-Charif et de Kaboul. Grâce à ces pilonnages, les troupes de Dostom parviennent le 10 novembre 2001 , à prendre le contrôle de Mazar-e-Charif, provoquant la fuite de l'armée talibane. Deux jours plus tard, les « Tadjiks de l'Est » s'emparent de Hérat .
Prise de Kaboul
La chute de Mazar e-Charif apparaît comme un véritable tournant dans la guerre. Elle galvanise les « Tadjiks de l'Est », dont l'avancée vers Kaboul est encore accélérée par le changement de stratégie des Talibans.
En effet, début novembre, le mollah Omar ordonne à ses troupes de se retirer de la capitale afin de concentrer la guérilla sur les régions de Nangarhâr , de Laghman et de Kunar qui bordent le Pakistan
Mais pour le gouvernement américain, la prise de Kaboul risque d'être trop rapide. Les autorités américaines et l'ancien roi Zaher Shah tentent de convaincre les « Tadjiks de l'Est » de ralentir leur progression, le temps de négocier la démilitarisation de la capitale et la répartition des pouvoirs entre les différentes ethnies, notamment les Pachtounes , majoritaires dans le pays. Mais les combattants tadjiks ne s'arrêtent pas : le 13 novembre 2001 , ils prennent possession de Kaboul sans réels combats.
Cinq semaines après le début des opérations militaires, le régime des Talibans est renversé. Plusieurs milliers de Talibans ont été tués ou faits prisonniers tandis que 3 700 civils ont péri dans les combats [réf. nécessaire] .
Début novembre 2001, différents pays — parmi lesquels les Pays-Bas , l' Allemagne et le Japon — annoncent, à la demande des États-Unis et du Royaume-Uni, qu'ils vont eux aussi apporter une aide militaire. Depuis la fin octobre, l' Australie avait déjà envoyé un détachement des Forces spéciales ( Special Forces Task ), deux Boeing 707 et des C-130 Hercules dans le cadre de l' Opération Slipper . Les forces australiennes opéraient à partir de la base aérienne de Manas , au Kirghizistan . L'Australie retire ses forces spéciales en décembre 2002, avant de les re-déployer en 2005.
ITS Maestrale (F 570), FS De Grasse (D 612), USS John C. Stennis (CVN 74), USS Port Royal (CG 73), FS Charles de Gaulle (R 91), HMS Ocean (L 12), FS Surcouf (F 711), USS John F. Kennedy (CV 67), HNLMS Van Amstel (F 831), et ITS Luigi Durand de la Penne (D 560) (18 avril 2002).
Crimes de guerre commis par les protagonistes
L'armée américaine a été accusée par diverses organisations des droits de l'homme d'avoir perpétré un certain nombre de crimes de guerre , ainsi que des arrestations arbitraires et des actes de torture [ 8 ] , notamment dans la base de Bagram , où deux Afghans sont morts en 2002 [ 8 ] .
En outre, l' Alliance du Nord , alliée des États-Unis, a été accusée de crimes de guerre , commis en novembre 2001 , à l'encontre de prisonniers talibans et de membres d'Al-Qaïda. Le gouvernement des États-Unis est accusé de vouloir clore l'affaire pour ne pas déranger ses alliés afghans et pour préserver certains de ses membres soupçonnés d'avoir été les témoins directs des évènements.
Cette affaire a été révélée par le journal Newsweek , après la publication d'un mémorandum confidentiel de l' ONU . Selon le mémorandum, les éléments trouvés « suffisent à justifier une enquête criminelle officielle ». Toujours selon le mémorandum, ce serait le chef de guerre ouzbek Abdul Rachid Dostom qui en serait le responsable (ses milices ont affronté les forces du nouveau gouvernement qui voulaient les désarmer en avril 2004).
En 1997 et 1998, de telles scènes avaient déjà eu lieu, commises par les talibans et leurs adversaires. Les villes de Meymana , Faryab , Hérat entre autres furent aussi le théâtre d'exécutions massives commises par les Talibans durant cette période, tandis qu'en 1998, la ville de Shebarghan vit leurs adversaires utiliser la même méthode. [réf. nécessaire]
Réaction d'Al-Qaïda
Al-Jazeera , le premier réseau médiatique arabe, a montré des enregistrements vidéo préenregistrés d'un discours de Ben Laden , dans lequel ce dernier condamne chaque attaque contre l'Afghanistan. Al-Jazeera clame qu'elle a reçu ces bandes récemment. Ben Laden y dit aussi qu'il est le réel responsable des attaques du 11 septembre, que les États-Unis vont s'écraser après avoir échoué dans leur mission en Afghanistan (comme l'Union soviétique auparavant), et il appelle les musulmans à la guerre sainte ( jihad ) contre l'Amérique, le christianisme (« les croisés »), Israël (« les sionistes »).
Guérilla (2001-2009)
Fin 2001, les Taliban ne contrôlaient plus que quelques territoires au sud-est et au nord-est du pays.
De nombreux pourparlers sont entamés après les hostilités dont les accords de Bonn de décembre 2001 qui décidé entre autres la formation d'une Loya Jirga au sujet de la formation d'un nouveau gouvernement sous la direction de Hamid Karzaï et l'OTAN s'engage fortement avec l'envoi de forces placées sous le commandement de l' ISAF . Le même mois, les Etats-Unis passent un accord avec le Kirghizistan afin d'ouvrir la base aérienne de Manas , située à 90 minutes de vol de l'Afghanistan [ 9 ] . Une autre base est ouverte en Ouzbékistan , avant d'être fermée en 2005 [ 9 ] . Le gouvernement possède un contrôle limité sur la majorité du territoire afghan.
Le Canada a d'abord assuré l'opération Apollo (avril 2001) pour 588 millions de dollars canadien , qui consistait à surveiller l'Océan Indien. A partir de janvier 2002, Ottawa s'investit sur le terrain afghan , avec entre autres l'opération Athena (de 2003 au début de 2006) pour 840 millions de dollars [réf. nécessaire] dans la région de Kaboul et ensuite l'opération Archer dans la région de Kandahar , pour soulager les États-Unis pour un coût bien supérieur. Le 18 avril 2002 , quatre soldats canadiens sont morts sous le coup d'un friendly fire (tir ami) d'un F16 américain, piloté par Harry Schmidt (en) , à la ferme de Tarnak.
La nouvelle administration, les troupes d'occupation et les équipes d'aide sont souvent attaquées par les combattants talibans qui exercent toujours une guérilla et se lance dans des attentats suicide , qui touchent aussi les zones tribales du Pakistan , où se sont réfugiés de nombreux talibans, ouvrant un nouveau front . Alors qu'ils étaient inconnus lors de la première guerre d'Afghanistan dans les années 1980, il y eût, en 2005, 25 attentats-suicides lors du « second jihad afghan », et 136 en 2006 [ 10 ] . Outre les attentats-suicides, des prises d'otage (en) ont été effectués par les talibans, selon le même scénario qu' en Irak (entre autres, enlèvement de Clementina Cantoni , travaillant pour l'ONG Care International , à Kaboul en 2005 - elle fut libérée par la suite; enlèvement de Éric Damfreville , sa collègue et trois accompagnateurs afghans, travaillant également dans l'humanitaire, en 2007 - eux aussi libérés; un journaliste italien début 2007; otages coréens de juillet 2007 , membres d'une organisation évangélique — sur les 23 otages, deux seront tués et les autres libérés).
Les chefs de guerre se sont partagés une partie du territoire, tandis que les forces spéciales de pays occidentaux (États-Unis, Royaume-Uni, France, Canada et Pays-Bas [ 11 ] ) poursuivaient toujours leurs opérations afin de capturer Ben Laden. Ainsi, les 17 et 18 mai 2006 , 90 rebelles talibans et 13 policiers ont été tués dans des opérations militaires au sud du pays [ 12 ] . Le 18 août 2008 , dix soldats français ont été tués dans l' embuscade de Surobi qui est la plus grosse perte infligée à l'armée française en une bataille depuis l' attentat du Drakkar au Liban en 1983 et à l' ISAF depuis deux ans [ 13 ] .
Aide à la stabilisation et à la reconstruction
La coalition en Afghanistan a fait de nombreuses annonces visant à donner toutes les chances pour reconstruire le pays. Ces annonces sont notamment destinées à fournir :
- une aide économique importante ;
- une présence militaire et policière visant à protéger la population et à démanteler les groupes terroristes (la Force internationale d'assistance et de sécurité sous commandement de l' OTAN plus l'opération Enduring Freedom toujours en cours, soit 45 000 hommes au total, dont 20 000 soldats américains;
- une formation pour créer une police et une armée nationale afghane qui seront finalement chargées de maintenir la sécurité du pays.
Mais une partie de ces déclarations n'ont jamais été entièrement remplies. La communauté internationale a fait de nombreuses promesses sans les tenir complètement et la corruption locale à détourné une importante partie des milliards de dollars données par de nombreux pays. Plus de 2 000 cas de choléra étaient recensés à Kaboul , en juin 2005 [ 14 ] . La population de la capitale a doublé ou triplé depuis 2002 [ 15 ] .
En avril 2009, le PNUD (Programme des Nations unies pour le développement) a reconnu qu'une partie du financement (dont 25,6 millions de dollars provenant de l' USAID ) avait été détourné localement, bien que selon le porte-parole du PNUD Stéphane Dujarric , la plupart des projets aient été achevés [ 16 ] . Parmi les projets non achevés, une piste d'atterrissage à Qalat (où se trouve une unité américaine du Provincial Reconstruction Team (en) ), qui a déjà coûté 749 000 dollars, et un pont sur le Tarnak , qui a dû être reconstruit par d'autres contractants [ 16 ] .
De plus, la culture du pavot s'est étendue, avec l'aide des seigneurs de la guerre , qui morcellent le pays en différents fiefs, et parfois la protection de membres du gouvernement [ 17 ] (dont peut-être le frère même du président, Ahmed Wali Karzai (en) , accusé fin octobre 2008 de s'enrichir grâce au trafic de drogue [ 18 ] ).
Les critiques de la politique menée dans le cadre de la « guerre contre le terrorisme » jugent que la « pacification » de l'Afghanistan, c'est-à-dire la victoire contre les forces insurrectionnelles talibanes, n'est pas complète. Sur les dix premiers mois de 2006, la guérilla et les combats ont fait plus de 3 000 morts en Afghanistan [ 19 ]
Stratégie en 2009
En février 2009, le vice-amiral William H. McRaven , commandant du Special Operations Command , le centre du Pentagone chargé des opérations secrètes de commando , poursuivies en majorité par la Force Delta et les Navy Seals , a ordonné une pause, pendant deux semaines, de toutes les opérations commando, à l'exception de celles visant les plus hauts responsables talibans et d'Al-Qaida, en raison de pertes civiles trop importantes causées par celles-ci (incluant des femmes et des enfants) [ 20 ] . Deux raids, en décembre 2008, ont en effet alimenté les tensions avec le président Hamid Karzai , l'un d'entre eux ayant causé la mort accidentelle de six officiers de police afghans et un civil, dans la province de Zabol , au sud du pays [ 20 ] .
Le 27 mars 2009 , le président des États-Unis Barack Obama a dévoilé sa stratégie pour les théâtres afghan et pakistanais dont les principaux objectifs peuvent être résumés ainsi [réf. nécessaire] :
- rompre les réseaux terroristes en Afghanistan et au Pakistan et dégrader leur capacité à planifier et lancer des opérations terroristes à l'échelle internationale;
- favoriser un gouvernement afghan plus responsable, plus compétent et plus présent : sécurité intérieure, sûreté des processus électoraux, développement d'institutions locales et d'infrastructures essentielles, réintégration sociale des anciens insurgés, création d'alternatives économiques au « mode de vie » insurrectionnel et à la culture et au trafic de drogue ;
- instaurer graduellement des forces militaires et policières afghanes mieux rémunérées, aptes à mener rapidement des opérations contre-insurrectionnelles et anti-terroristes - particulièrement dans le sud et l'est du pays - avec une assistance américaine réduite;
- aider le Pakistan à renforcer sa souveraineté territoriale et à dynamiser son économie : coopération bilatérale/trilatérale « Af-Pak-US », assistance aux forces de sécurité frontalières et aux brigades spéciales pakistanaises dans la lutte anti-terroriste (formation, héliportage, équipements de vision nocturne, etc) et à la contre-insurrection, refondation de la gouvernance locale dans les régions tribales fédérales et dans la province du nord-ouest (NWFP), assistance budgétaire directe, investissements et création d'emplois dans les infrastructures et l'agriculture, optimisation de l' aide internationale ;
- impliquer les Nations-Unies et leur fournir un rôle moteur dans la poursuite de ces objectifs.
La présence militaire des Etats-Unis doit augmenter, l' administration Obama prévoyant d'augmenter les troupes sur le terrain de 45 000 à 68 000 hommes d'ici la fin 2009 [ 21 ] , tandis que le budget américain affecté à l'Afghanistan doit dépasser pour la première fois celui consacré à la guerre d'Irak [ 22 ] . Peu de temps après la bavure de début mai 2009 , qui avait coûté la vie à plus de 100 civils, le commandant en chef des forces en Afghanistan, le général David McKiernan (en) , a été remplacé par le général Stanley McChrystal (en) , ancien des forces spéciales et précédemment commandant du Joint Special Operations Command (en) , flanqué d'un adjoint, le général David Rodriguez [ 22 ] . C'est la première fois depuis le limogeage de Douglas MacArthur en 1951 qu'un général en charge d'un théâtre d'opérations est remplacé [ 22 ] .
Bilan humain
Victimes civiles
Selon Human Rights Watch , les victimes civiles d'erreur de frappe ont triplées entre 2006 et 2007 (321 personnes tuées dans des bombardements en 2007 contre 116 en 2006 - 929 victimes civiles ayant été comptées, au total, en 2006, et 1 633 en 2007 [ 23 ] ). Le nombre de tonnes de bombes larguées par les avions de la coalition a quant à lui doublé de 2006 à 2007 [ 24 ] . Le bombardement d'Azizabad du 22 août 2008 (90 morts civils, dont 60 enfants [ 25 ] ) a notamment conduit le président Hamid Karzaï à demander une renégociation des termes de la présence des troupes étrangères [ 23 ] [ 24 ] , ce qui a pour conséquence de tendre les relations entre son gouvernement et les forces occidentales [ 26 ] . Une nouvelle bavure a eu lieu le 4 mai 2009 , lors d'un bombardement américain dans le district de Bala Buluk qui tue plus de 100 personnes, insurgés et civils (dont des femmes et des enfants), , à l'ouest du pays, ce qui en ferait le bombardement le plus meurtrier pour les civils depuis le début de l'offensive en 2001 [ 27 ] .
L'exil et les réfugiés afghans
Outre les décès, la guerre a provoqué l' exil de millions d' Afghans (nonobstant les déplacés internes ), parfois pris en charge par le HCR (Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés), parfois cantonnés dans une situation d'illégalité, dans différents Etats (1,9 millions de réfugiés sont au Pakistan [ 28 ] , d'autres en Iran , en Turquie , etc.).
Environ 250 000 Afghans avaient regagné leur pays en septembre 2008 , parfois avec l'aide financière du HCR, retours « motivés, selon le HCR, du moins en partie par l'augmentation du coût de la vie dans les pays d'asile. » [ 28 ]
12 600 demandes d' asile ont été faites par des Afghans, en 2008, dans des Etats de l'UE (soit 5% des demandes totales), avec des taux de réussite variant entre 3% ( Lettonie ) et 20% ( Danemark ) selon les Etats [ 29 ] .
En juillet 2005 , suite à une réunion à Evian des ministres de l'Intérieur du G5 ( Allemagne , Espagne , France , représentée par Nicolas Sarkozy , Italie , Royaume-Uni ), un charter a expulsé vers l'Afghanistan 40 déboutés du droit d'asile , mesure qui avait fortement été critiquée par un certain nombre d'associations ( Gisti , Anafé , LDH , MRAP , ATMF , [ 14 ] , Amnesty International , Cimade [ 30 ] , etc. [ 14 ] ), de partis politiques ( PCF , Verts , LCR [ 30 ] ) ainsi que par le commissaire européen aux droits de l'homme , Alvaro Gil-Robles , qui écrivait dans un rapport « sur le respect effectif des droits de l'homme en France » : « Une telle mesure avait pourtant été fortement critiquée par la Commission Nationale de Déontologie et de Sécurité et jugée contraire au droit français par le Conseil d'Etat . » [ 31 ] .
Pertes militaires de la coalition
Voici les pertes annuelles des forces armées de la coalition internationale engagée dans le pays au 10 juillet 2009 , 1 230 militaires ou civils travaillant pour les forces armées avaient perdu la vie dont 731 Américains [ 32 ] (on dénombre par ailleurs 3 162 blessés américains [ 33 ] ) et 28 Français [ 34 ]
- 2001 : 12 tués
- 2002 : 69 tués
- 2003 : 57 tués
- 2004 : 59 tués
- 2005 : 131 tués
- 2006 : 191 tués
- 2007 : 232 tués
- 2008 : 294 tués
- 2009 : 185 tués au 10 juillet [ 35 ]
Les suicides au sein des forces armées de la coalition internationale connaissent une forte hausse ces dernières années. Concernant plus précisément l'armée américaine, 115 suicides ont été constatés en 2007, 128 en 2008 et déjà 88 pour les six premiers mois de 2009 [ 36 ] [ 37 ] . L'armée canadienne compte de 11 à 13 suicides par an au sein de ses forces engagées en Afghanistan depuis 2002. Une légère hausse toutefois en 2008 avec 15 suicides constatés. Le ministère de la Défense canadienne, en vue de ces chiffres alarmants, envisagerait une révision de sa façon d'évaluer les suicides de soldats [ 38 ] .
Pertes talibanes
En 2009 , selon les estimations du le gouvernement afghan et de la coalition, environ 20 000 combattants talibans avaient été tués et environ 1000 faits prisonniers [ 39 ] .
Matériel employé
Différentes techniques ont été utilisées durant le combat. Apparemment [réf. nécessaire] , on a commencé par tirer des missiles Tomahawk à partir de sous-marins et de navires de guerre britanniques et américains. On estime à 150 et à 25 le nombre - respectivement - d' avions de chasse et de bombardiers utilisés [réf. nécessaire] . On a également envisagé d'envoyer le premier jour deux avion de transport McDonnell Douglas C-17 Globemaster III pour larguer 37 500 rations de nourriture pour des groupes de réfugiés en Afghanistan [réf. nécessaire] .
Le tonnage de bombes largué par l'USAF est passé de 148 tonnes en 2004 à 1 774 tonnes en 2007 et à baissé à 1 192 tonnes en 2008. Au total, en 2001 et avril 2009, l'US Air Force a largué 12 742 tonnes de bombes sur l'Afghanistan [ 40 ] .
Les opérations au sol s'installant dans la durée et les adversaires du nouveau gouvernement afghan et des forces internationales utilisant du matériel et des tactiques renouvelés causant des pertes parmi ces derniers, les forces armées occidentales déployent du matériel du plus en plus lourds sur le terrain.
Le Canada, par exemple, a dû acheter du nouveau matériel, notamment des chars de combats modernes - alors qu'il prévoyait au début des années 2000 de s'en débarrasser [réf. nécessaire] -, des véhicules blindés, légèrement blindés ainsi que des canons d'artilleries plus modernes:
- VBL- III
- Coyote (LAV-25)
- Leopard C2
- Leopard 2 A6M CAN
- Mercedez G Wagen (soft skin)
- Canon M777 155mm
- Nayla
- VBP (véhicule de patrouille "Blast Resist" avec une coque en " V ")
Aide humanitaire de l'armée
L' aide humanitaire fournie par les forces armées étrangères en Afghanistan est aussi un sujet de critique [réf. nécessaire] . Le problème est qu'en fournissant une aide humanitaire, l'armée fausse les cartes et une partie de la population locale croit que toutes les aides proviennent des États-Unis. Les associations et les différentes ONG se retrouvent donc sous les feux des critiques et certaines sont attaquées par des Talibans, sous prétexte qu'elles sont au service des États-Unis. C'est ainsi que certaines ONG, comme Médecins sans frontières , quittent le pays [réf. nécessaire] pour des raisons de sécurité, alors qu'elles étaient présentes dans le pays depuis longtemps, même sous le régime des Talibans.
Notes et références
- ↑ (en) Aunohita Mojumdar, « Outpost attack in Afghanistan shows major boost in militant strength », The Christian Science Monitor. Consulté le 2008-10-02
- ↑ (en) The Taliban Resurgence in Afghanistan , Council on Foreign Relations, juin 2008
- ↑ (en) Afghanistan could return to being a ‘failed State,' warns Security Council mission chief , agence de presse des Nations-Unies, 22 novembre 2006
- ↑ (fr) Florence Aubenas , « Afghanistan : les morts de la vallée d'Uzbeen », semaine du 28 août 2008, Le Nouvel observateur . Consulté le 24 septembre 2008
- ↑ Huffingtonpost : Taliban Support Increasing, Holds 72 % Of Afghanistan: Report
- ↑ Cité par Isabelle Lasserre, « Quand un colonel russe, vétéran de Kaboul, critique la stratégie de l'OTAN », Le Figaro , 13 mai 2009
- ↑ http://journauxdeguerre.lalibreblogs.be/archive/2009/04/02/n-254-les-dossiers-geopolitique-reflexion-et-strategie-de-l2.html
- ↑ a b Un rapport de Human Rights Watch sur l'armée américaine - Au nom du droit, crimes et exactions en Afghanistan , Le Monde diplomatique , avril 2004
- ↑ a b Sylvain Biville, Manas, une base stratégique pour l'Afghanistan , RFI , 5 février 2009
- ↑ Gilles Kepel , Terreur et martyre , Flammarion, 2008, 1er chapitre (en ligne) , p.27
- ↑ « De violents combats opposent les armées américaine et afghane aux Talibans » dans Le Monde web, 19/05/2006
- ↑ « Plus de cent morts lors d'affrontements dans le sud de l'Afghanistan » dans Le Monde web, 18/05/2006
- ↑ (en) War in Afghanistan: The battle of Surobi , The Independent , Jerome Starkey, 20/8/2008.
- ↑ a b c Gisti , La démagogie des charters. Un renvoi imminent d'exilés Afghans vers Kaboul ? , 24 juillet 2005 (liste des signataires)
- ↑ Marc Kravetz , A Kaboul, les protecteurs se protègent d'abord eux-mêmes , Rue 89 , 21 juin 2009
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- ↑ a b c Corine Lesnes, La nouvelle arme d'Obama en Afghanistan : un général anti-guérilla , Le Monde , 12 mai 2009
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- ↑ a b Afghanistan : les victimes des erreurs de frappes de l'OTAN ont triplé , Le Figaro , 8 septembre 2008. “Troops in Contact” Airstrikes and Civilian Deaths in Afghanistan , rapport de Human Rights Watch
- ↑ At least 90 Afghan civilians killed in recent military operations, says UN , UN news center, 26 août 2008
- ↑ En Afghanistan, les relations se tendent entre les forces occidentales et le gouvernement Karzaï , Le Monde , 12 septembre 2008.
- ↑ Des dizaines de civils afghans tués par des tirs américains , Le Figaro , 6 mai 2009.
- ↑ a b Appel Global 2009 du HCR , p. 77 et 79.
- ↑ Eurostat, Demandes d'asile dans l'UE en 2008; Environ 20 000 demandeurs d'asile enregistrés chaque mois dans l'UE27 , communiqué de presse du 8 mai 2009
- ↑ a b Dominique Simonnot, Tollé contre l'expulsion prochaine vers l'Afghanistan de déboutés du droit d'asile. , Libération , 25 juillet 2005
- ↑ Rapport de M. Alvaro Gil-Robles, Commissaire aux droits de l'homme, sur le respect effectif des droits de l'homme en France , 15 février 2006 (§262)
- ↑ Operation Enduring Freedom: Coalition Fatalities
- ↑ Rapport du site officiel du département de la défense u.s
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- ↑ http://www.icasualties.org/oef/
- ↑ http://matin.branchez-vous.com/nouvelles/2009/07/suicides_funeste_record_pour_l.html
- ↑ http://www.romandie.com/infos/news2/090709210650.ljhx3avl.asp
- ↑ http://www2.canoe.com/infos/quebeccanada/archives/2009/07/20090709-164339.html
- ↑ U.S. Planning Big New Prison in Afghanistan - New York Times May 17, 2008
- ↑ (fr) Moins de raids aériens sur l'Afghanistan , Jean-Jacques Cecile, 21 avril 2009
Voir aussi
Articles connexes
- Opération Anaconda : 2002
- Guerre au Waziristan (Pakistan)
- Liste d'attentats liés à la guerre d'Afghanistan
- Special Air Service







