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Fez

Fès
Fas / ⴼⴰⵙ / فاس
Fès
La médina de Fès , classée au patrimoine mondial par l' Unesco .
Administration
Pays Drapeau du Maroc Maroc
Région Fès-Meknès
Préfecture Fès
Maire Driss El Azami El Idrissi ( PJD ) ( 2015 )
Gouverneur Saïd Zniber
Code postal 30 000
Démographie
Gentilé Fassi ou Fésien [ 1 ]
Population 1 112 000  hab. [ 2 ] (2014)
Densité 2 623  hab./km 2
Géographie
Coordonnées 34° 03′ 00″ nord, 4° 58′ 59″ ouest
Altitude 579  m
Superficie 424  km 2
Localisation

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Fès

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Fès

Médina de Fès *
Pays Drapeau du Maroc Maroc
Type Culturel
Critères (ii)(iv)
Superficie 280 ha
Numéro
d'identification
170
Zone géographique États arabes  **
Année d'inscription 1981 ( 5 e session )
* Descriptif officiel UNESCO
** Classification géographique UNESCO

Fès ou Fez (en berbère : Fas , ⴼⴰⵙ , en arabe : فاس ) est une ville du Maroc septentrional, située à 180  km à l'est de Rabat , entre le massif du Rif et le Moyen Atlas . Faisant partie des villes impériales du Maroc , elle a été à plusieurs époques la capitale du pays et est considérée de nos jours comme sa capitale spirituelle. Sa fondation remonte à la fin du VIII e  siècle , sous le règne de Moulay Idriss I er . Son rayonnement international passé en fait l'un des centres majeurs de la civilisation islamique aux côtés de Bagdad , Damas , Cordoue , Le Caire , Kairouan , Istanbul , Tunis , Jérusalem , Ispahan ou Samarcande . Divers titres ont été attribués à la ville de Fès, dont l' Athènes de l'Afrique , la reine du Maghreb et la Bagdad du Maghreb [ 3 ] .

Fès s'étend sur trois secteurs : la ville ancienne ( médina ), classée au patrimoine mondial de l' UNESCO [ 4 ] , l'enceinte royale et les quartiers nouveaux, établis par les Français, et qui s'étendent de nos jours dans la plaine environnante. Sur le plan administratif, la ville est composée de la municipalité de Fès (divisée en six arrondissements ) et de la municipalité de Méchouar Fès Jdid (où se trouve le palais royal). Fès est la 2 e  plus grande ville du Maroc avec une population de 1 112 072 habitants selon le recensement de 2014.

Une vue panoramique de la Médina de Fès

Toponymie

L'origine du toponyme Fès est incertaine ; plusieurs étymologies existent, certaines issues de la légende populaire, d'autres de travaux d'historiens.

Connue depuis au moins le X e  siècle, l'étymologie classique de Fès, telle que rapportée par les auteurs anciens (Abou Bakr ben Mohammed er-Razi et Ibn Abi Zar ), explique le nom de Fès par la découverte, lors du creusement des fondations de la ville en construction, d'une pioche, en arabe فأس ( Fä's ), qui donnera le nom de Madinat Fäs [ 5 ] . Une autre version, rapportée par El-Modaffari, décrit la pioche découverte comme très ancienne, de grande taille (quatre empans de long sur un de large) et pesant soixante livres [ 6 ] .

Selon une autre étymologie issue de la légende populaire, Idris I er , fondateur de Fès, participa à la construction de la ville et aida au creusement des fondations au moyen d'une pioche d'or et d'argent, et c'est ainsi que la ville prit le nom arabe de la pioche ( fès ) [ 6 ] .

Une autre hypothèse étymologique lie l'origine du nom à une métathèse . Deux versions sont proposées. La première, rapportée par Ibn Abi Zar dans son Rawd al-Qirtas , parle d'un vieux moine chrétien qui aurait révélé à Idris I er l'existence, à l'emplacement où sera construite Fès, d'une ancienne ville nommée Saf ou Sèf , fondée par les Anciens et disparue mille à mille sept cents ans auparavant ; la métathèse Saf en Fès expliquerait le nom de la ville [ 5 ] , [ 6 ] . Idris I er aurait lui-même décidé de la métathèse Séf en Fès [ 6 ] . Une autre version — avancée à l'origine par Larbi Mezzine — ancien doyen de la faculté de lettres à l'université de Kenitra et maître en toponymie berbère —, suggère une origine berbère au nom de la ville. Les cours d'eau étant nombreux autour de la ville ( Wad Fäs , Wad Zhun , Wad Zitun , etc.), le nom de Fès serait une métathèse d'isaffen (pluriel d'asif, rivière en berbère) [ 5 ] .


Enfin, une dernière hypothèse donne un fondement berbère au nom de la ville, qui à l'origine était séparée en deux agglomérations, Fäs ou Madinat Fas (fondée en 789-790 par Idris I er ) et Al-Alia (fondée en 808-809 par Idris II ), ayant chacune sa propre muraille et bâties de part et d'autre d'une rivière, avant d'être unifiées, sous le nom de Fès, à l'intérieur d'une même muraille sous les Almoravides . Madinat Fas est bâtie sur la rive droite de la rivière, la droite se disant afasi en berbère . Le nom de Fas serait donc tiré d'« afasi », désignant la rive droite.

Histoire

Fondation

Dans la medina de Fès

La ville « Médina Fès » a été fondée [ 7 ] par le chérif alide Idris I er en 789 à l'emplacement de l'actuel quartier des Andalous. En 808, le régent Rashid Ben Morshid fonde « al-Aliya » sur l'autre rive de l'oued de Fès. Al Aliya se développe très vite et devient une véritable ville avec mosquée, palais et kissariya (halle, marché).

Les sources d'eau vitales aux alentours de Fès, qui avant même sa fondation étaient connues et louées en chanson, ont sans aucun doute été un critère important lors du choix de l'emplacement pour la future métropole.

Les évolutions suivantes sont dues à deux vagues successives d'émigration : à partir de 817–818 s'installent dans la ville fondée par Idrîs I er près de 800 familles andalouses expulsées par les Omeyyades des faubourgs de Cordoue . Peu de temps après, environ 200 familles bannies de Kairouan en Ifriqiya (fuyant les persécutions des Aghlabides ) s'installent sur la rive d'al-Aliya. La mosquée universitaire Quaraouiyine fondée par l'aristocrate d'origine kairouanaise Fatima el Fihriya au IX e  siècle devient l'un des centres spirituels et culturels les plus importants de l'époque et participe à l' âge d'or intellectuel de la civilisation islamique . Son influence se fait ressentir jusque dans les écoles d' Al-Andalus , et au-delà vers l' Europe d'où elle attire un grand nombre de savants et de mystiques, y compris chrétiens comme Gerbert d'Aurillac futur pape Sylvestre II . Les nouveaux arrivants apportent avec eux aussi bien un savoir-faire technique et artisanal qu'une longue expérience de la vie citadine. Sous leur impulsion, Fès devient un centre culturel important et, après la fondation de la mosquée universitaire Quaraouiyine, le cœur religieux du Maghreb .

Fès se trouve à un emplacement particulièrement avantageux, au croisement de routes commerciales importantes, au cœur d'une région naturellement généreuse avec des matières premières précieuses pour l'artisanat (pierre, bois, argile). Ceci lui permet de développer une riche culture esthétique issue de la grande tradition de l' art arabo-andalou . Fès se trouve sur la route des caravanes allant de la Méditerranée à l' Afrique subsaharienne en passant par la grande cité commerciale de Sijilmassa (disparue au XVII e  siècle) dans la région de Tafilalet , ce qui augmente également son attrait économique.

Moyen Âge

El Qaraouiyyine à Fès

Aux X e et XI e  siècles, la ville de Fès est prise par les Maghraoua . Elle sera le théâtre de bataille entre les tribus Zénètes Maghraoua et Banou Ifren faisant successivement allégeance au califat de Cordoue ou aux Fatimides [ 8 ] . C'est dans cette période qu'advint un massacre contre la communauté juive faisant 6 000 victimes dans ce qu'on appela le Massacre de Fès de 1033 [ 9 ] .

Les deux parties de la ville s'unissent au Moyen Âge en 1069 , détruisant le mur qui les séparait. Fès perd son rôle de capitale avec la fondation de Marrakech et la prise de Tlemcen par la dynastie almoravide au XI e  siècle mais le reprend en 1250 grâce à la dynastie mérinide . Sous leur règne, la nouvelle ville El Medinet El-Beida (la ville blanche) est fondée en 1276  ; elle est équipée de remparts, de palais et de jardins. Elle est rapidement connue sous le nom de Fès Jedid (la nouvelle Fès) en opposition à Fès el Bali (la vieille ville). La population juive qui se trouvait aux alentours du palais est forcée de partir et le Mellah (quartier juif) se forme dans l'ancien quartier de la garnison des archers syriens . Au début du XIV e  siècle (apogée de l'art hispano-mauresque ), la ville connaît une forte croissance. Grâce aux caravanes allant jusqu'au port de Badis dans le Rif , Fès est en permanence liée au royaume de Grenade et à l'ensemble du monde méditerranéen. Lors de la révolte marocaine de 1465 , la communauté juive locale est de nouveau décimée. En 1471 , la ville tombe aux mains de la dynastie Beni Ouattas qui ne règne que sur le royaume de Fès dans la portion nord du Maroc actuel.

XVI e  –  XVIII e  siècles

En 1522 , Fès souffre d'un séisme qui détruit la ville en partie. Dans les années qui suivent, de nombreux bâtiments sont reconstruits, restaurés ou remplacés. La dynastie des Saadiens prend en 1554 la ville qu'elle dispute aux Ottomans d'Algérie qui s'en emparèrent a deux reprises (en 1554 et en 1576) [ 10 ] , mais choisit Marrakech comme capitale. À la fin du XVII e  siècle, avec les débuts de la dynastie alaouite , Moulay Ismail désigne Meknès comme nouvelle capitale de l'Empire chérifien. Il installe à Fès en garnison une partie de la tribu Guich des Oudayas qui l'avait aidé à gagner le pouvoir. Après sa mort ( 1727 ), les Oudayas se révoltent, et ils ne seront expulsés de la ville qu'en 1833 par le sultan Abd al-Rahman . Moulay Abdallah , le successeur de Moulay Ismail, fait de Fès son lieu de résidence permanent et fait rénover ou construire mosquées, écoles ( madrasas ), ponts et rues, notamment les rues de Fès Jedid qui sont désormais pavées.

XIX e  siècle

La porte de Bab Bou Jeloud à Fès

Au XIX e  siècle, les deux anciennes parties de la ville sont reliées. Jusqu'au début du protectorat en 1912 , Fès est la capitale du Maroc, fonction qui est par la suite dévolue à Rabat . Les explorateurs Charles de Foucauld et Mardochée Aby Serour séjournent à Fès lors du ramadan 1883 car ils ne parviennent pas à trouver de protecteurs pour poursuivre leur route vers le sud. Ils logent dans le mellah chez M. Benchimol, un épitaphe signale encore leur passage sur la maison. Foucauld décrit le commerce florissant de la ville entre les marchandises européennes en provenance de Tanger , " les cuirs du Tafilelt , les laines, la cire et les peaux de chèvres des Aït Ioussi et des Beni Ouaraïn, parfois même les plumes du Soudan" [ 11 ] . Mais pour l'explorateur le potentiel commercial de la ville pourrait être valorisé. Trois raisons entravent son développement selon lui; l'insécurité permanente des routes marocaines en raison des guerres et des pillages que se livrent les tribus, le prix élevé des transports à cause des péages et du coût des escortes, enfin le taux de crédit excessivement élevé dont il fait une analyse détaillée.

En plus d'une description de la situation économique et politique de la capitale marocaine, l'explorateur français offre un témoignage sur les costumes et la mode fassi à la fin du XIXe siècle. Il loue par ailleurs "la grande beauté" et la "propreté merveilleuse" des habitants [ 11 ] .

Le protectorat français et l'indépendance

Avenue Hassan II, Ville Nouvelle

C'est à Fès que le traité franco-marocain instaurant le Protectorat français au Maroc est signé le . La promotion de Saint-Cyr de 1909-1912 porte le nom de « Promotion de Fez ». Moins de trois semaines après la proclamation officielle du Protectorat, d'importantes émeutes antifrançaises éclatent dans la ville et font des centaines de victimes. Les autorités protectorales déplacent alors la capitale à Rabat, mais Fès reste cependant un important lieu de résidence royale et un centre culturel, politique et économique de premier ordre. Beaucoup d'initiatives nationalistes et anticolonialistes ont Fès pour origine, ce qui fait de la ville un berceau majeur du mouvement national marocain et notamment du parti de l' Istiqlal .

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