Chlef (arabe : الشلف), du nom de la rivière « Chellif » (anciennement El-Asnam et Orléansville à l'époque française, ou encore Castellum Tinginitum à l'époque romaine), est une ville d' Algérie et le chef-lieu de la wilaya du même nom .
La ville de Chlef est située à 198 km à l'ouest d' Alger , au cœur de la vallée du Chellif, où elle occupe une place stratégique de par sa situation géographique. La ville de El Asnam a connu deux tremblements de terre majeurs, le premier le 9 septembre 1954 , bilan 1 340 morts et 5 000 blessés, et le second le 10 octobre 1980 qui a détruit la ville à 80 %. Suite à ce dernier tremblement de terre, la ville se renomme Chlef.
Cœur économique et social de la wilaya, elle régit notamment la ville côtière de Ténès qui reste dans l'ombre d'el-Asnam.
D'après le dernier recensement datant d'avril 2008, Chlef est la dixième (9 e ) grande ville du pays de par sa population estimée à 295 000 habitants (après : Alger, Oran, Tlemcen, Constantine, Annaba, Batna, Blida et Sétif). Cependant et selon la même source, la Wilaya (département) de Chlef occupe la huitième place au niveau national avec une population qui a largement dépassé 1 100 000 habitants.
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Géographie
Chlef est le chef-lieu de la wilaya (code 02) qui porte le même nom.
Cette ville est située juste à la limite entre le centre et l'ouest du pays, à une cinquantaine de kilomètres de la côte méditerranéenne , au milieu d'une vaste plaine comprise entre les reliefs de Medjadja intégrée à la chaîne du Dahra au nord et les monts de l' Ouarsenis au sud (d'où le climat de cuvette, froid en hiver et très chaud l'été), au lieu de confluence du Chélif - le plus long cours d'eau d'Algérie - et de l'oued Tsighaout.
C'est une région à vocation essentiellement agricole. La plus grande ville après le chef-lieu de la wilaya est Ténès sur le bord de la mer, nommée à l'époque des Romains : Carténa.
Les communes de la wilaya: Abou El Hassan, Ain Merane, Bénairia, Beni Bouateb, Beni Haoua, Beni Rached, Boukadir, Bouzeghaia, Breira, Chettia, Chlef, Dahra, El Hadjadj, El Karimia, El Marsa, Harchoun, Herenfa, Labiod Medjadja, Moussadek, Oued Fodda, Oued Goussine, Oued Sly, Ouled Abbes, Ouled Benabdelkader, Ouled Fares (Ex-Warnier), Oum Drou, Sendjas, Sidi Abderrahmane, Sidi Akkacha, Sobha, Tadjena, Talassa, Taougrite, Ténès, Zebboudja, Ouled Mohammed.
Histoire
La région fut habitée par les berbères maures, faisant partie du royaume des Massaessyles puis de la Maurétanie césarienne , les Phéniciens fondèrent des comptoirs côtiers comme Ténés - Carthéna - mais les régions intérieures restèrent indépendantes, l'histoire de la ville remonte au début de l'occupation romaine en Afrique du Nord , connue alors sous le nom de Castellum Tingitanum .
En s'installant dans la vallée du Chéliff au premier siècle de l'ère chrétienne, les Romains choisirent l'actuel emplacement de la cité pour y bâtir une ville de garnison : Castellum Tingitanum . Après avoir connu un bel essor durant près de deux siècles, la ville décline. L'extinction de la vie dans Castellum fut précipitée - paraît-il - par un terrible tremblement de terre qui la détruisit totalement (la région est connue depuis longtemps pour être une zone de forte sismicité).
Au passage des conquérants musulmans dans la région (au VII e siècle ), le site de l'ancienne Castellum avait la particularité de rassembler parmi les ruines de nombreuses sculptures sur pierres d'où son appellation d'El-Asnam (« les statues » pouvant être au sens d'idoles). Ce site n'a pas été ré-habité par les Arabes en raison de leur aversion pour les statues qui évoquent à leurs yeux les idoles païennes .
Le XV e siècle verra l'arrivée des Ouled Kosseir , une tribu Djouads (noblesse militaire) dite d'origine korachite (des Beni Makhzoum ) qui devient l'une des tribus les plus puissantes et les plus riches de la vallée du Cheliff au point qu'elle déclara une « résistance armée », en 1774, au bey d'Oran pour une histoire d'impôts. Elle occupera la pleine du Chlef tandis que les habitants de la Dahra et de l'Ouarsenis restèrent dans leurs montagnes et jouissaient d'une quasi indépendance via-à-vis des Turcs. La zaouia de Medjadja fut fondée au XVI e siècle par Sidi Yedder et ses descendants tels que Sidi M'hamed Ben Ali et Sidi Bouali, contribuèrent à l'enseignement de l'Islam dans toute la regions mais aussi des sciences comme l'astronomie et l'Algèbre dans leur Zaouia appelée "En-nakhla" (le palmier en français).
Après l'arrivée de l'armée française, le ralliement des Ouled Kosseir à la cause de l'émir Abd el-Kader leurs coûta, par la suite, la perte de la grande partie des 384 440 hectares qu'ils possédaient. Les Ouled Kosseir faisaient partie, en effet, de l' Aghalik du Cherg dans l'organisation de l'Emir.
L'administration coloniale, après avoir confisqué la quasi-totalité des terres riches des Ouled Kosseir procéda à une politique dite de cantonnement en distribuant quelques titres de propriétés et autres "honorifications" aux chef des Ouled Kosseir à l'instar des titres de la légion d'honneur octroyé a Kharoubi ben Foudad et Mohammed Ben Bia. Le dernier caïd des Ouled Kosseir, à l'arrivée de l'armée du Maréchal Bugeaud fut Adda Ben Foudad qu'on trouve en 1861 membre du conseil municipal de la ville d'Orléansville.
El-Asnam est restée un lieu-dit (et non une ville) pendant plus d'un millénaire jusqu'en 1843 , lorsque le maréchal Bugeaud , en campagne d'occupation, installe un camp militaire. Sur place, le chef militaire se rend compte de la situation géostratégique du site et décide d'y créer une colonie de peuplement européen qu'il baptise Orléansville . Mais pour les algériens - qui ont commencé quelques années après à se rapprocher de la nouvelle ville en créant des îlots d'habitation dans la banlieue - le site gardait toujours le nom d'El-Asnam, appellation qu'elle retrouve d'ailleurs après l'indépendance.
Le 14 mai 1952 , les forces de l'ordre ont tiré sur la foule lors d'un discours de Messali Hadj , faisant deux morts et de nombreux blessés [ 1 ] . En fin de soirée, Messali Hadj est kidnappé et déporté en France, où il est placé en résidence forcée , suscitant des manifestations, en France, du MTLD , elles aussi violemment réprimées [ 1 ] .
Activité sismique permanente
Zone d'activité sismique permanente, la région a été ébranlée par un terrible tremblement de terre le 10 octobre 1980 , séisme très meurtrier qui a totalement déstructuré la configuration urbaine de la ville. Comme pour conjurer le mauvais sort qui a endeuillé la ville à maintes reprises (quatre en l'espace d'une cinquantaine d'années) suite à de tremblements de terre successifs et forts (1922, 1934, 1954, 1980), les autorités ont décidé de rebaptiser la ville qui porte depuis 1981 le nom de Chlef (peut-être la connotation païenne de l'ancien nom y est pour quelque chose). Le dernier séisme du 10 octobre 1980 de magnitude 7,5 sur Richter a été le plus destructeur avec plus de 23 % de constructions détruites et plus de 2 600 morts. Cette catastrophe a permis la prise de décisions importantes pour la construction en Algérie et particulièrement dans la zone sinistrée, où les différentes études et actions entreprises pour la connaissance du comportement des sols et des constructions ont contribué depuis à :
- La production d'une réglementation parasismique algérienne (le RPA). Cette réglementation a été en continuelle évaluation et actualisation ces 20 dernières années en fonction des nouvelles connaissances éprouvées ; Le ctc chlef a contribué pleinement a cette production.
- La définition d'un zonage sismique national où la Wilaya de Chlef est classée zone III, région très sismique.
- La production d'une microzonation sismique urbaine pour le Chef-lieu de la Wilaya et pour huit autres agglomérations urbaines qui ne sont autres que les Dairates de la Wilaya.
Construction et Reconstruction
L'évolution de Chlef est marquée par une urbanisation formée d'une succession de plans d'urgence entrepris lors des différents séismes successifs. La configuration spatiale de certaines villes de la région s'explique aisément.
On parle encore de la Cité d'urgence Route d'Oran, de la Cité « ferme » en référence au séisme de 1954 comme des sites préfabriqués Ouled Mohamed, Chorfa ou Chettia en référence au dernier séisme du 10 octobre 1980. Caractéristiques du patrimoine immobilier de la wilaya de Chlef : Comme conséquence des différentes phases du programme de reconstruction dans la région nous rencontrons couramment trois types de constructions.
- Le bâti ancien : ce bâti ancien est ce bâti rescapé des secousses successives qui ont touché la région. Il est très réduit et le plus souvent ce sont des constructions en maçonnerie à un seul niveau. Le même type de construction se rencontre parfois au centre des agglomérations avec un et deux niveaux suites au renforcement de l'après séisme de 1954.
- Le bâti préfabriqué : l'important programme d'urgence de relogement en préfabriqué dans la zone sinistrée constitue plus de 20 ans après le plus grand parc immobilier (13 000 chalets uniquement pour la ville d'El-Asnam, désormais Chlef).
- Le bâti moderne : on désigne sous ce terme les constructions édifiées après le 10 octobre et celles ayant fait l'objet de réparation suite aux dommages du 10 octobre. Ce type obéit à une réglementation très sévère produite sur les enseignements du séisme de 1980. Il y a lieu de souligner le plus grand soin qui est apporté depuis à la conception structurale sans en négliger la conception architecturale et l'esthétique de la construction.
Célébrités
- Youcef Khatib "Si Hassan", a dirigé la wilaya IV d'août 1961, à l'indépendance, en 1962.
- Paul Robert , 1910-1980 ( avocat , lexicographe et éditeur français ) y est né.
- Hassiba Ben Bouali : Militante indépendantiste algérienne durant la guerre d'Algérie. L'université de Chlef porte son nom.
- Noureddine Morceli : Champion du monde du 1 500 m , originaire de Ténès .
- Les sœurs Bedj , martyres de la guerre de Libération nationale (1954-1962)
- Cheikh Ibn Eddine Zerrouki , martyr de la Guerre de Libération Nationale (1913-1957), originaire du cœur du Dahra (Sidi Moussa-Chlef).
- adja djilali, professeur de doit, auteur, eminant juriste
Notes et références
- Maurice Rajsfus , 1953. Un 14 juillet sanglant , Agnès Viénot Ed., Paris, 2003, p.40-41
Liens internes
Liens externes
- Images de Chlef : Chlef vu du ciel.
- Photos de Chlef , photos avant et après le séisme
- Forums des chelifiens : Pour tout ce qui est de Chlef.
- Sidi Moussa : Site non officiel du village de Sidi Moussa dans la daïra de Taougrite.
- Cheliff.org - Présentation de la région du Cheliff.
- Orléansville - Orléansville de 1830 à 1962.
- wwwaltacademy.com








