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| Београд / Beograd Belgrade | |||
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| Héraldique | Drapeau | ||
| Latitude Longitude | |||
|---|---|---|---|
| Pays | | ||
| Partie / Province | Serbie centrale | ||
| District | Belgrade | ||
| Municipalité | |||
| Code Postal | 11 000 | ||
| Altitude | 117 m | ||
| Superficie | 359,96 km 2 | ||
| Population ( 2002 ) | 1 281 801 hab. | ||
| Densité de population | 3 561 hab/ km 2 | ||
| Gentilité | Belgradois | ||
| Maire Mandat en cours | Dragan Đilas ( DS ) 2008-2012 | ||
| Site Web | Site officiel de la ville de Belgrade | ||
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| Villes de Serbie - Municipalités de Serbie | | |||
Belgrade (en serbe cyrillique Београд et en alphabet serbe latin Beograd ) est la capitale et la plus grande ville de Serbie . Selon le recensement de 2002 , la ville proprement dite comptait 1 281 801 habitants et, avec le district dont elle est le centre, 1 576 124 habitants [ 1 ] . En 2008 , la population de la ville était estimée à 1 104 240 habitants [ 2 ] .
Belgrade est l'une des plus anciennes cités d' Europe , avec une histoire qui s'étend sur plus de 7 000 ans. Les premières traces de présence humaine dans la région remontent à la Préhistoire (culture de Vinča ). Historiquement, Belgrade est l'antique cité de Singidunum , colonie romaine située dans la province de Mésie . Le nom slave Beograd a été officiellement formulé pour la première fois le 16 avril 878 , dans une épître envoyée par le pape Jean VIII au prince Boris de Bulgarie . Il a pour signification la « ville blanche » . Au fil de son histoire mouvementée, Belgrade a été conquise par 40 armées : elle a été romaine , byzantine , hongroise , ottomane puis capitale de la Serbie réellement indépendante en 1878 .
Aujourd'hui Belgrade dispose d'un statut qui la dote d'une assemblée et d'un gouvernement particuliers, à l'instar des districts de Serbie [ 3 ] . Son aire urbaine, appelée district de Belgrade , est divisée en 17 municipalités qui possèdent toutes leur propre conseil local [ 4 ] . Le district de Belgrade couvre ainsi 3,6 % du territoire de la Serbie et abrite 21 % de la population du pays (hors Kosovo ) [ 5 ] . Belgrade est le centre économique de la Serbie, mais aussi la capitale de la culture serbe , de l' éducation et des sciences.
Géographie
Données générales
Belgrade se situe à 44°49'14" de latitude nord et à 20°27'44" de longitude est. Construite au nord de la Serbie centrale , au confluent d'une rivière, la Save , et d'un fleuve, le Danube , la capitale de la Serbie se trouve à la limite entre deux espaces géographiques : la plaine pannonienne , qui fait partie de l' Europe de l'Est , et la péninsule des Balkans [ 6 ] .
La ville proprement dite, dans ses limites actuelles, couvre une superficie de 359,96 km 2 , et, si l'on y ajoute l'ensemble de sa zone métropolitaine, c'est-à-dire le district de Belgrade , 3 222,68 km 2 . L'altitude moyenne y est de 116,75 m au-dessus du niveau de la mer . Sur la rive droite de la Save, le centre de la ville est constitué d'un certain nombre de collines, dont la plus élevée, celle de Torlak, dans la municipalité de Voždovac , culmine à 303 m ; le point le plus bas de la capitale, soit 70 m se trouve dans l'île fluviale d' Ada Huja . Les monts Avala et Kosmaj , respectivement situés à 511 m et à 628 m, s'élèvent au sud de la ville [ 7 ] . Sur les rives gauches de la Save et du Danube, le terrain, généralement plat, est constitué de plaines alluviales et de plateaux de lœss . Le dictrict de Belgrade conserve de nombreuses forêts, dont les plus importantes sont celles des monts Kosmaj et Avala, de Trešnja, Lipovica , Topčider , Obrenovački zabran et Bojčin [ 7 ] .
Le centre historique de la capitale, aujourd'hui la forteresse de Belgrade et le parc de Kalemegdan (dans la municipalité de Stari Grad , la « vieille ville » ), se trouve sur la rive droite des deux cours d'eau. Depuis le XIX e siècle , la ville s'est étendue en direction du sud et de l'est. Après la Seconde Guerre mondiale , le quartier de Novi Beograd , la « Nouvelle Belgrade » , a été construit sur la rive gauche de la Save, réunissant ainsi Belgade à l'ancienne ville de Zemun . Des localités résidentielles, de l'autre côté du Danube, comme Krnjača et Ovča , ont également été intégrées dans la ville de Belgrade.
Climat
Depuis 1887 , le climat du Belgrade est observé par la station météorologique de Vračar , située à 132 m d' altitude , coordonnées [ 8 ] . Belgrade possède un climat continental modéré. Pour la période de 1961 à 1990 [ 9 ] , la température moyenne annuelle s'est élevée à 11,9 °C. Le mois le plus chaud a été juillet, avec une température moyenne de 21,8 °C [ 9 ] . Pour la période de 1991 à octobre 2008 , la température a connu une moyenne de 12,8 °C [ 10 ] . La ville connaît une température supérieure à 30 °C pendant trente jours par ans et 95 jours avec une température supérieure à 25 °C [ 11 ] . La température la plus basse jamais enregistrée à la station a été de -26,2 °C, le 10 janvier 1893 et le 8 janvier 1947 ; la température la plus élevée a été de 43,6 °C, le 24 juillet 2007 [ 8 ] .
Dans la période de 1961 à 1990, Belgrade a reçu environ 684,3 mm de précipitations par an [ 9 ] ; la moyenne a été de 643 mm entre 1991 et 1997 [ 10 ] . La ville connaît en moyenne 2 096 h d' ensoleillement . Les mois les plus ensoleillés sont juillet et août, avec une moyenne de 10 heures de soleil par jour. Au contraire, décembre et janvier sont les mois qui reçoivent le moins de soleil, avec une moyenne de 2 à 2,3 heures d'ensoleillement par jour [ 9 ] . Le jour le plus pluvieux fut le 14 juin 1994 , avec 94 mm enregistrés en une seule journée [ 8 ] ; les chutes de neiges les plus importantes jamais enregistrées en une seule journée ont eu lieu le 3 février 1962 , avec une couverture neigeuse de 80 cm [ 8 ] .
| Mois | Janv | Fév | Mars | Avr | Mai | Juin | Juil | Août | Sept | Oct | Nov | Déc | Année |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Températures moyennes 1961-1990 (°C) [ 9 ] | 0,4 | 2,8 | 7,2 | 12,4 | 17,2 | 20,1 | 21,8 | 21,4 | 17,7 | 12,5 | 7,0 | 2,3 | 11,9 |
| Températures moyennes 1991-octobre 2008 (°C) [ 10 ] | 1,8 | 3,5 | 7,9 | 12,8 | 18,2 | 21,5 | 23,2 | 23,1 | 17,8 | 13,4 | 7,4 | 2,2 | 12,8 |
| Précipitations moyennes 1961-1990 (°C) [ 9 ] | 49,3 | 44,4 | 49,5 | 58,8 | 70,7 | 90,4 | 66,5 | 51,2 | 51,4 | 40,3 | 54,3 | 57,5 | 684,3 |
| Précipitations moyennes 1991-2007 (mm) [ 10 ] | 35,0 | 32,1 | 36,6 | 53,7 | 45,2 | 87,8 | 63,1 | 69,4 | 66,2 | 52,9 | 51,1 | 49,9 | 642,7 |
Danube et Save
Belgrade est située au confluent de la Save et du Danube . Cette position a souvent impressionné les voyageurs. C'est ainsi qu'en septembre 1833 le poète Alphonse de Lamartine , de retour d'une visite au prince Miloš Obrenović et évoquant le Danube, écrit dans son carnet de voyage : « Le fleuve, large et profond, a des vagues comme la mer » [ 12 ] ». On trouve aussi, en 1888 , sous la plume du comte d'Haussonville , cette description du fleuve observé depuis la citadelle du Kalemegdan : « Après avoir promené son ruban de lumière autour de Semlin ( Zemun ), il décrit dans la plaine une courbe parfaite et cueille au passage les eaux plus vertes de la Save ; puis, grossi de son tributaire, emportant avec lui la fortune de vingt peuples souverains, il reprend sa course vers l'Orient » [ 13 ] .
Belgrade entre l'Orient et l'Occident
Comme beaucoup d'autres villes, Belgrade est considérée comme un carrefour entre l' Orient et l' Occident [ 6 ] . Par son histoire, Belgrade, au moins depuis la présence romaine et particulièrement du fait de la longue présence ottomane , a souvent joué un rôle de ville frontière et de lieu de rencontre entre les civilisations.
Encore une fois, ce sentiment a souvent été exprimé par les voyageurs, notamment au XIX e siècle . Alphonse de Lamartine, toujours dans son Voyage en Orient , décrit le contraste qu'il observe entre Belgrade et Zemun [ 14 ] : « La ville (Belgrade), semblable à toutes les villes turques, descend en rues étroites et tortueuses vers le fleuve. Semlin (Zemun), première ville de la Hongrie, brille de l'autre côté du Danube avec toute la magnificence d'une ville d'Europe ; les clochers s'élèvent en face des minarets » [ 12 ] . Ce contraste était également exprimé par Victor Hugo dans « Le Danube en colère » :
« Belgrade et Semlin sont en guerre. (...)
Allons, la turque et la chrétienne !
Semlin, Belgrade, qu'avez-vous ? (...)
Quoi ! ne pouvez-vous vivre ensemble,
Mes filles ? faut-il que je tremble
Du destin qui ne vous rassemble
Que pour vous haïr de plus près,
Quand vous pourriez, sœurs pacifiques,
Mirer dans mes eaux magnifiques
Semlin tes noirs clochers gothiques,
Belgrade, tes blancs minarets » [ 15 ] .
Par rapport à l'époque de Lamartine et de Hugo, le contraste s'est amoindri entre ce qui constitue aujourd'hui les divers quartiers de Belgrade ; à partir du XIX e siècle , notamment par la volonté des différents souverains serbes, la ville s'est occidentalisée [ 16 ] et, si Zemun conserve nombre de ses bâtiments de l'époque autrichienne, Belgrade ne dispose plus que d'une seule mosquée.
Histoire
La Préhistoire
La région située aux confluents de la Save et du Danube a été occupée depuis le Paléolithique moyen : les anthropologues y ont exhumé des squelettes de Néandertaliens et d' Homo sapiens .
En 1908 , une équipe d'archéologues dirigée par Miloje Vasić a effectué des fouilles à Vinča (dans la municipalité de Grocka , près de Belgrade). Ont alors été mis au jour d'importants vestiges datant de la période néolithique ; compte tenu de l'importance de ces découvertes, le site a donné son nom à une culture qui s'est développée le long du Danube entre -6 000 et -3000 : la culture de Vinča [ 17 ] , [ 18 ] .
La période celto-thrace
Vers 600 avant J.-C., des tribus cimmériennes , puis des Scythes traversèrent la région de l'actuelle Belgrade sans s'y installer. Au III e siècle av. J.-C. , les Scordisques , un peuple celto - thrace , s'établirent au confluent de la Save et du Danube et y bâtirent une ville fortifiée appelée Singidūn (ces derniers sont un des trois groupes d'une armée gauloise conduite par Brennos, dans le but de piller Delphes, en Octobre 278 av. J.-C) ; cette cité, fondée en 298 av. J.-C. [ 19 ] , est mentionnée pour la première fois en 279 av. J.-C. [ 20 ] . La première partie du nom, Singi- , signifierait « rond » , tandis que dun désigne la « forteresse » ou la « ville » . Selon une autre interprétation, Singi renverrait aux Sings , un peuple thrace installé à cet endroit avant l'arrivée des Scordisques [ 20 ] . Une autre interprétation donne comme origine à Singi- un mot celte signifiant le « faucon » et Singidūn serait ainsi « la forteresse (ou la ville) du faucon » [ 21 ] .
La période romaine
Les Romains s'emparèrent de Singidūn au début du I er siècle de notre ère et ils latinisèrent le nom de la ville en Singidunum . La cité fut intégrée à la province de Mésie supérieure (capitale Viminacium , aujourd'hui Kostolac ) et devint une ville de garnison située sur le limes . À proximité se trouvait la ville de Taurunum , aujourd'hui Zemun .
En 86 , Domitien , dans le souci de renforcer les frontières de l'Empire contre les Daces , fit de Singidunum le lieu de cantonnement de la Legio IV Flauia Felix . Ce fut pour la ville le début d'une période de prospérité. Un castrum fut édifié à l'emplacement de l'actuelle forteresse de Belgrade . Singidunum et Taurunum furent reliées par un pont.
Au début du II e siècle , en 105 - 106 , les campagnes de l'empereur Trajan écartèrent la menace dace et la province romaine de Dacie fut créée. La ville de Singidunum connut alors une période de tranquillité. Au milieu du II e siècle , l'empereur Hadrien lui conféra le statut de municipe ( municipium ), ce qui lui accordait une plus grande liberté d'administration.
Mais, suite aux attaques des Carpes et des Goths , la province de Dacie fut perdue par les Romains sous l'empereur Gallien en 268 . L'empereur Aurélien transféra alors les légions sur la rive sud du Danube et réorganisa la région en créant la province de Dacia Ripensis (la « Dacie de la rive » ).
Le IV e siècle fut encore une période de prospérité pour la ville : elle obtint le statut de colonie de droit romain , qui renforçait encore son autonomie. Le futur empereur Jovien y naquit vers 332 . Et, en 395 , lors du partage de l' Empire romain par Théodose , Singidunum fut rattaché à l' Empire romain d'Orient , qui allait devenir l' Empire byzantin .
Sous l'Empire romain, Singidunum se trouva intégré à un important réseau défensif. La ville et son castrum étaient situés sur une via militaris qui, d'est en ouest allait de Sirmium ( Sremska Mitrovica ) à Viminacium ( Kostolac ), Trimontium ( Plovdiv ) jusqu'à Byzance . Cette voie militaire était défendue par des forts, dont il reste des vestiges dans la région de l'actuelle Belgrade, comme ceux de Mutatio ad Sextum ( Mali Mokri Lug ), Castra Tricornia ( Ritopek ) et Mutatio ad Sextum Militare ( Grocka ). Une route reliait également les exploitations minières des monts Avala , Kosmaj et Rudnik .
Ville militaire, Singidunum/Belgrade connut un important développement. Les vétérans des légions, notamment, s'installèrent dans la basse ville, créant une véritable cité romaine. De nombreuses traces de cette période impériale ont été retrouvées un peu partout dans les environs (tombes, monuments, sculptures, céramiques, pièces de monnaie). La ville actuelle conserve encore en partie l'empreinte de l'urbanisme antique, comme on peut l'observer dans l'orientation des rues Uzun Mirkova, Dušanova et Kralja Petra. Le Studentski Trg ( « place des Étudiants » ) garde de l'ancien forum qu'il remplace sa forme rectangulaire ; des vestiges de thermes y ont été mis au jour dans les années 1970 [ 20 ] .
Le Moyen Âge
La période byzantine
Le V e siècle , qui vit la disparition de l' Empire romain d'Occident ( 476 ), inaugura pour Singidunum/Belgrade une période d' invasions successives. En 441 , Attila , à la tête de ses Huns s'empara de la ville et la détruisit [ 22 ] . Puis, en 450 , les Sarmates , à leur tour, occupèrent la ville. Singidunum réintégra l'Empire en 454 mais, en 470 , elle fut conquise par les Ostrogoths , avant d'être prise par les Gépides ( 488 ) et par les Goths ( 504 ). En 510 , un traité fut signé, qui restitua la ville à l' Empire byzantin [ 22 ] .
En 512 , l'empereur Anastase I er établit dans la région la tribu germanique des Hérules pour protéger la région de Belgrade contre les Gépides . En 535 , sous Justinien , Singidunum fut entouré d'une puissante muraille qui lui assura quelques décennies de relative tranquillité [ 22 ] .
En 584 , la ville fut prise et pillée par les Avars , un peuple mongol allié des Slaves (et notamment des Serbes ) qui s'étaient progressivement installés dans la plaine pannonienne depuis le milieu du V e siècle [ 23 ] . En 630 , sous le règne de l'empereur Héraclius , les Serbes , appuyés par les Avars, s'emparèrent à leur tour de Singidunum/Belgrade. La prise de la ville est mentionnée dans les chroniques byzantines mais on perd ensuite toute trace écrite de Singidunum pendant deux siècles et demi. Les fouilles archéologiques, de leur côté, montrent une slavisation progressive de la région [ 22 ] .
En 827 , Les Bulgares contrôlèrent la forteresse. La ville fut alors connue sous le nom d' Alba Bulgarica . Le 16 avril 878 , le nom slave de Beograd apparaît pour la première fois dans une épître envoyée par le pape Jean VIII au prince Boris I er de Bulgarie . Pendant quatre siècles, l' Empire byzantin , le Royaume de Hongrie et le premier empire bulgare se disputèrent la ville qui changea constamment de maître [ 22 ] .
Quelques dates marquent cette période agitée. En 896 , les Magyars s'emparèrent de Belgrade. En 971 , l' Empire byzantin reprit la ville. Vers 976 , elle fut conquise par Samuel de Bulgarie . En 1018 , l'empereur Basile II réintégra Belgrade dans l'Empire byzantin. En 1096 , Belgrade fut détruite par les Hongrois, mais les Byzantins en gardèrent le contrôle.
En 1076 , Jérusalem était tombée entre les mains des Turcs . En 1096 et en 1147 , les Croisés , en partance pour la Terre sainte , passèrent à Belgrade. En 1127 , le roi Étienne II de Hongrie détruisit la ville et en récupéra les pierres pour construire une forteresse à Zemun . À son tour, en 1154 , l'empereur byzantin Manuel I er Comnène détruisit Zemun et en récupéra les pierres pour reconstruire Belgrade ; le géographe et cartographe arabe Al Idrissi , de passage dans la cité, décrit Belgrade comme une ville « bien peuplée et animée » [ 22 ] , [ 24 ] . En 1182 , les Hongrois, de nouveau, saccagèrent la ville mais, dès 1185 , les Byzantins la récupérèrent par la négociation. En 1189 , l' empereur romain germanique Frédéric Barberousse , un des chefs de la troisième croisade , passa lui aussi à Belgrade à la tête de 190 000 pèlerins ; la ville était devenue un champ de ruines [ 22 ] . En 1230 , Belgrade fut rattachée à la Bulgarie puis, en 1232 , la ville passa à la Hongrie.
La période serbe
En 1284 , le premier souverain serbe à régner sur Belgrade fut Stefan Dragutin , qui avait été roi de Serbie entre 1276 et 1282 . Il reçut la ville en cadeau de son beau-père le roi Ladislas IV de Hongrie . La cité intégra ainsi le royaume de Syrmie (Srem). Dragutin tenait sa cour à Belgrade ; il fit construire une cathédrale orthodoxe , symbole de la puissance et de la prospérité du nouvel État serbe [ 25 ] .
À sa mort en 1316 , son frère Stefan Milutin régna à son tour sur Belgrade. Mais dès 1319 , les Hongrois s'emparèrent de nouveau de la ville et la détruisirent complètement. Belgrade devint une forteresse qui servait de tête de pont pour les Hongrois hostiles à l'expansion de l'État serbe situé plus au sud [ 25 ] .
Au cours du XIV e siècle , les Turcs firent leur entrée dans cette partie des Balkans . Après la bataille de la Maritza en 1371 et celle de Kosovo Polje en 1389 , ils conquirent le sud de la Serbie tandis que le nord résista sous la forme du despotat de Serbie . Conscient de la menace ottomane et du rempart que constituait le despotat, le roi de Hongrie Sigismond se rapprocha du despote serbe Stefan Lazarević [ 23 ] . En 1403 , Stefan Lazarević, le fils du prince Lazar , fut autorisé à faire de Belgrade la capitale du despotat. De 1403 à 1427 , la ville connut une nouvelle ère de prospérité. Une citadelle y fut construite, dont il subsiste la tour du despote , encore visible dans la forteresse de Belgrade . De nombreux habitants, fuyant les Ottomans, vinrent se réfugier à Belgrade ; à cette époque, on considère que la ville comptait entre 40 000 et 50 000 habitants [ 25 ] . L'historien Dušan T. Bataković commente ainsi la portée de cette période pour la ville : « La signification de Belgrade dans l'histoire serbe ne fit qu'augmenter à mesure que se rapprochait la chute du régime du despotat serbe. Belgrade devint le symbole des efforts conjugués afin d'empêcher les Turcs de pénétrer en Pannonie et jusqu'au centre du continent européen » [ 26 ] .
À la mort de Stefan Lazarević en 1327 , le nouveau despote Đurađ Branković , conformément aux accords passés en 1403 , dut restituer la ville à la Hongrie. Smederevo , non loin de Belgrade, devint la nouvelle capitale du despotat ; Đurađ Branković y fit construire une nouvelle forteresse [ 25 ] , [ 27 ] . Néanmoins, sous son règne, le despotat tomba presque entièrement entre les mains des Ottomans.
En 1440 , le sultan Mourad II , conscient de l'importance stratégique de Belgrade pour la conquête de l'Europe centrale, à la tête de plus de 100 000 Turcs, mit une première fois le siège devant la cité mais la ville résista [ 28 ] , [ 29 ] . En 1443 , une armée fut levée et placée sous le commandement de Vladislas I er Jagellon , roi de Pologne et de Hongrie , qui choisit pour le seconder Jean Hunyadi et Đurađ Branković ; l'armée se rassembla à Belgrade. Ses succès contre les forces ottomanes contraignirent Mourad II à temporiser. Mais son successeur, Mehmed II , reprit l'offensive. En 1453 , il s'empara de Constantinople . Belgrade fut une nouvelle fois assiégée en 1456 mais la ville put encore résister, notamment grâce à Jean Hunyadi [ 30 ] . En revanche, Smederevo tomba aux mains des Turcs en 1459 et peu après le despotat de Serbie se retrouva sous leur domination [ 31 ] .
La période turque
En 1521 , Soliman le magnifique mit à nouveau le siège devant Belgrade. Le 28 août , il réussit à s'emparer de la ville, qui fut rasée [ 28 ] , [ 32 ] . Conformément à ses attentes, cette conquête lui ouvrit les portes de l' Europe centrale : il réussit à mettre le siège devant la ville de Vienne en 1529 . Pendant 150 ans, la ville fut le chef lieu d'un sandjak , un district de l' Empire ottoman . Elle attira de nouveaux marchands et de nouveaux habitants turcs , arméniens et grecs , ainsi que des marchands venus de Raguse . On estime à 100 000 habitants la population de Belgrade au début du XVII e siècle , ce qui en fit la deuxième ville de l' Empire ottoman après Istanbul [ 28 ] . Elle prit progressivement l'allure d'une ville orientale , avec des bâtiments d' architecture ottomane et de nouvelles mosquées [ 28 ] . Cet aspect oriental frappera encore les voyageurs du XIX e siècle [ 33 ] .
La ville fut touchée par une révolte serbe majeure qui eut lieu en 1594 , la révolte du Banat , et qui fut écrasée par les Turcs. Pour impressionner la population, le pacha de Belgrade ordonna que l'on fît venir les reliques de Saint Sava qui reposaient au monastère de Mileševa ; le 24 avril 1594 , elles furent brûlées en public sur le plateau de Vračar (aujourd'hui un quartier de Belgrade). À l'emplacement de ce bûcher s'élève l'actuel temple de Saint Sava [ 34 ] .
Après l'échec des Ottomans devant Vienne en 1688 , le duc Maximilien-Emmanuel de Bavière s'empara de Belgrade. Les Turcs reprirent la ville en 1690 . En 1717 , le Prince Eugène de Savoie conquit la ville à nouveau. Entre 1723 et 1736 , Nikola Doksat y construisit la forteresse du parc de Kalemegdan . Mais par le traité de Belgrade , signé le 18 septembre 1739 , les Habsbourgs rendirent la ville aux Turcs. Par deux fois, les Ottomans punirent la population de la ville en se livrant à des destructions [ 28 ] , [ 35 ] . Dans les deux cas, la reconquête par les Turcs s'accompagna d'une importante émigration serbe : des populations nombreuses, fuyant la région de Belgrade, vinrent s'installer en Autriche , en Voïvodine et en Slavonie [ 36 ] , [ 35 ] .
En 1789 , lors de la guerre austro-turque de 1788-1791 , le maréchal Ernst Gideon von Laudon s'empara à nouveau de la ville. Mais par le traité de Sistova (1791), Belgrade fut une nouvelle fois restituée aux Ottomans . En échange, les janissaires durent quitter le pachalik de Belgrade.
Le XIX e siècle
La première et la seconde révolte des Serbes contre les Turcs
En 1799 , pour calmer l'agitation qui secouait son empire, le sultan Selim III autorisa le retour des janissaires dans le pachalik de Belgrade. En 1801 , de plus en plus indépendants, ces janissaires tuèrent le pacha Hadji Mustafa et multiplièrent les exactions. Pour réprimer les révoltes naissantes, le 4 février 1804 , ils firent arrêter et tuer 70 notables serbes. Cet événement, connu sous le nom de Massacre des notables ou Massacre des Princes (en serbe : seča knezova ), fut en fait à l'origine du premier soulèvement serbe contre les Turcs (1804-1813) [ 37 ] , [ 28 ] . Le 8 janvier 1806 , Belgrade fut libérée par les insurgés serbes commandés par Đorđe Petrović , plus connu sous le nom de Karageorges ( Karađorđe , Georges le Noir). En 1807 , le Praviteljstvujušči Sovjet (gouvernement serbe) se réunit à Belgrade et, en 1811 , les ministres s'y établirent. En 1808 , l'écrivain Dositej Obradović , y fonda la première Haute École , ébauche de ce qui allait devenir l' université de Belgrade . En revanche, après l'échec de cette première révolte, la ville fut reprise par les Tucs en 1813 [ 38 ] .
La répression qui s'ensuivit donna lieu en 1815 à un second soulèvement conduit par le prince Miloš I er Obrenović . À l'issue des négociations, les Turcs conservèrent la forteresse du Kalemegdan , mais la Serbie devenait de facto une principauté autonome à l'intérieur de l' Empire ottoman [ 39 ] , [ 38 ] . En 1818 , Kragujevac , et non Belgrade, fut choisie comme capitale de la nouvelle Principauté de Serbie [ 40 ] . Le sultan Mahmoud II reconnut officiellement l'autonomie de la Serbie en 1830 .
La principauté et le royaume de Serbie
L'autonomie de la Serbie ouvrit pour Belgrade une période de mutations. Des bâtiments importants y furent construits comme la Résidence de la princesse Ljubica ( 1829 - 1831 ), la résidence Milošev ( 1831 - 1834 ), dans le quartier de Topčider , ou encore la cathédrale Saint-Michel ( 1837 - 1840 ). Outre ses fonctions économiques, Belgrade devint un important centre culturel. En 1831 , la première imprimerie y fut installée et, en 1835 , le journal Novine Srpske commença à y paraître. La Faculté de Théologie et le premier Lycée y furent créés et la ville attira des intellectuels de premier plan comme Vuk Stefanović Karadžić , le grand réformateur de la langue serbe , Jovan Sterija Popović , un dramaturge célèbre, Joakim Vujić , lui aussi dramaturge et écrivain, ou encore Dimitrije Davidović , qui fut journaliste, ministre de Miloš I er Obrenović et, dans ces fonctions, l'instigateur de la Bibliothèque nationale de Serbie [ 38 ] .
En 1867 , le prince Michel III Obrenović , le fils du prince Miloš , obtint le départ définitif des Turcs de la forteresse du Kalemegdan après 346 ans de domination [ 38 ] et Belgrade devint officiellement la capitale de la Principauté. La Serbie devint indépendante au traité de Berlin de 1878 sous le règne du prince Milan IV Obrenović , qui devint roi de Serbie en 1882 sous le nom de Milan I er [ 23 ] .
Le départ définitif des Turcs et l'indépendance accélérèrent l'occidentalisation de Belgrade, notamment sur le plan de l'urbanisme. La rue Knez Mihailova fut ouverte à la place d'anciennes rues tortueuses et elle relia le Kalemegdan à la ville ; la Place de la République ( Trg Republike ) fut créée en 1866 . De nombreux bâtiments furent construits dans un style européen (banques, bâtiments officiels…). La ville connut un développement industriel important. En 1884 , elle fut reliée par chemin de fer à Niš , la deuxième ville de Serbie par son importance ; l'électricité y fut installée. D'importantes institutions culturelles virent le jour comme le Musée National en 1844 , le Théâtre national en 1869 ou encore l' Académie serbe des sciences et des arts en 1886 [ 38 ] . Auguste et Louis Lumière donnèrent à Belgrade la première séance de cinéma des Balkans et d'Europe centrale en juin 1896 . Johann Strauss II y joua la même année.
En 1900 , la capitale ne comptait que 69 100 habitants [ 41 ] mais en 1905 elle en comptait déjà plus de 80 000 et, à la veille de la