Etudes
Amílcar Cabral est né en Guinée portugaise (ancien nom de l'actuelle Guinée-Bissau lors de la colonisation portugaise) de parents cap-verdiens. Il part étudier l'agronomie à Lisbonne où il demeurera jusqu'en 1952. Il y cotoie des militants favorables à la libération des colonies africaines de l'empire colonial portugais. Certains de ces militants deviendront des meneurs de la lutte indépendantiste en Afrique lusophone, occidentale et australe, tels Mario de Andrade, Agostinho Neto, Viriato Da Cruz (qui deviendra le 1er secrétaire du MPLA) tous les 3 en Angola, Eduardo Mondlane (fondateur du Frelimo, Mozambique), Marcelino Dos Santos et Vasco Cabral.
La voie des armes

De retour en Guinée-Bissau comme agronome, il entend contribuer à améliorer la condition de son peuple et mettre fin à la domination coloniale portugaise.
En 1956 il fonde, avec Luiz Cabral, son demi-frère (futur président de la république de Guinée-Bissau), Aristide Perreira (futur président de la république du Cap-Vert), Abilio Duarte (futur ministre et président de l'Assemblée nationale du Cap-Vert), le PAIGC, organisation alors clandestine. Le PAIGC se bat contre l'armée portugaise sur plusieurs fronts à partir des pays voisins, la Guinée Conakry notamment et la Casamance, province du Sénégal. Il parvient peu à peu à contrôler le sud du pays, mettant en place de nouvelles structures politico-administratives dans les zones libérées. Parallèlement,
Amílcar Cabral déploie une activité diplomatique extrêmement intense pour faire connaître son mouvement et en légitimer l'action auprès de la communauté internationale, et en 1972 les Nations unies finissent par considérer le PAIGC « comme véritable et légitime représentant des peuples de la Guinée et du Cap-Vert ».
Son assassinat
Amílcar Cabral meurt assassiné le 20 janvier 1973 à Conakry (Guinée-Conakry), six mois seulement avant l'indépendance de la Guinée-Bissau. Ses assassins sont des membres de son parti, vraisemblablement manipulés par les autorités portugaises et bénéficiant de complicités au plus haut niveau dans l'État guinéen.
Amilcar Cabral ne verra donc jamais la reconnaissance de l'indépendance de la Guinée-Bissau et du Cap-Vert par le Portugal le 10 septembre 1973, cause pour laquelle il a combattu pendant plus de vingt ans.